Déclaration de M. Auguste R. Lindt, Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, à la session du Conseil économique et social (ECOSOC), le 20 juillet 1959

Le 20 juillet 1959

Genève : 20 juillet 1959. Le Conseil économique et social (ECOSOC) a examiné ce matin le rapport du Haut Commissaire sur les activités du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, de mai 1958 à mai 1959.

Dans l'introduction de son rapport, M. A.R. Lindt, Haut Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés, a fait la déclaration suivante :

« Monsieur le Président, en vous remerciant de m'avoir invité à présenter mon rapport, je souhaite rappeler à cette occasion la résolution instituant l'Année mondiale du Réfugié qui a été adoptée le 5 décembre 1958 par l'Assemblée générale.

« L'Année mondiale du Réfugié, qui est née d'une initiative du Royaume-Uni et qui a reçu le patronage britannique et celui d'autres nations à l'Assemblée générale, s'est ouverte officiellement le 28 juin 1959. L'idée fondamentale de l'Année mondiale du Réfugié est qu'un effort particulier, purement humanitaire, doit être accompli afin de rapprocher le problème des réfugiés d'une solution. L'idée de l'Année mondiale du Réfugié est à la fois pratique et flexible. Du fait que le Haut Commissariat pour les Réfugiés est lui-même lié par des critères juridiques très précis, un grand nombre de réfugiés ne relèvent pas de son Mandat. Par contre, l'idée de l'Année mondiale du Réfugié n'est pas liée aux critères juridiques et chaque pays qui y participe peut aider les groupes de réfugiés qu'il veut, que ces réfugiés relèvent ou non du Mandat du Haut Commissaire. Les solutions classiques mises en valeur dans le cadre de l'Année mondiale du Réfugié sont le rapatriement ou l'installation dans des communautés nouvelles.

« Le Conseil économique et social s'intéresse beaucoup à la coordination et je suis heureux de pouvoir vous dire qu'il existe une coopération très intime entre l'Organisation que je dirige et le Secrétariat de l'Année mondiale du Réfugié placée sous la direction de M. de Kemoularia, représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies. Le Haut Commissariat coopère intimement aussi avec l'autre Organisation des Nations Unies qui s'occupe des réfugiés, l'Office de Secours et de Travaux pour les Réfugiés de Palestine. Nous coordonnons également de près nos efforts avec le Comité intergouvernemental pour les Migrations européennes et avec le Conseil de l'Europe. Ces deux organisations ont manifesté un intérêt considérable pour l'Année mondiale du Réfugié.

« Il est très encourageant, étant donné le peu de temps qui s'est passé depuis l'adoption de la résolution sur l'Année mondiale du Réfugié, de noter que 55 pays de tous les continents et un territoire non-autonome ont déjà annoncé leur participation. L'initiative de participer à l'Année mondiale du Réfugié a été prise dans certains pays, par le gouvernement lui-même, dans d'autres par des agences bénévoles et, dans un cas particulier, par un individu. Dans de nombreux pays, des comités nationaux pour l'Année mondiale ont été formés, la plupart sous le patronage de l'Etat ou du premier Ministre. A Genève, un comité international pour l'Année mondiale du Réfugié a été créé par 70 agences bénévoles. Ce chiffre est probablement le plus élevé amené pour soutenir une seule cause ». Le Haut Commissaire a remarqué à sujet que ce comité avait eu l'honneur d'entendre récemment un discours du Président de l'ECOSOC.

« L'UNRWA et le Haut Commissariat ont combiné leurs moyens pour faire de la propagande sur un plan aux termes duquel des timbres spéciaux seront émis à l'occasion de l'Année mondiale du Réfugié », a ajouté M. Lindt

« Certains gouvernements ont déjà promis de participer à ce plan dont le succès n'aura pas seulement une valeur morale très nette mais permettra en outre d'obtenir des ressources économiques supplémentaires pour la solution du problème des réfugiés ».

« Il semble justifié en raison de l'Année mondiale du Réfugié et de son départ très encourageant, d'analyser les problèmes en présence desquels se trouve le Haut Commissariat à la lumière de ce que l'Année mondiale a déjà fait ou pourra faire pour résoudre certains problèmes. »

Protection juridique

« Je parlerai d'abord », a continué M. Lindt, « de la protection juridique donnée par le Commissariat dont le principal aspect consiste en nos efforts pour assurer qu'un réfugié de bonne foi qui se présente à une frontière reçoive un asile et que cet asile lui soit donné quel que soit son état de santé. Un réfugié doit également avoir le droit absolu de subir la procédure d'éligibilité établie par un pays, de présenter son cas, et que ce cas soit jugé d'une façon parfaitement honnête et droite. Cette protection générale donne au réfugié le sentiment qu'il est protégé et qu'il ne vit pas dans un vide juridique. Au cours de mes voyages dans de nombreux pays, j'en suis venu à conclure qu'il y a encore beaucoup à faire pour que les réfugiés acquièrent un tel sentiment. Le Convention de 1951 relative au Statut des réfugiés est l'instrument fondamental qui permet au réfugié de se sentir protégé. J'ai le profond espoir que de nombreux pays ratifieront cette Convention ou y accéderont ».

M. Lindt a ajouté que :

« plusieurs pays d'Europe et d'Amérique latine n'envisagent pas seulement l'accession ou la ratification mais ont, en fait, mis en mouvement la procédure parlementaire destinée à atteindre ces objectifs ».

« Cette année également nous avons commencé la mise en oeuvre de programmes d'assistance juridique qui, s'ils diffèrent de la protection juridique, en sont néanmoins le complément ».

Rapatriement volontaire

« J'estime » a déclaré M. Lindt, « que l'un des droits les plus importants des réfugiés est de choisir volontairement la solution qu'ils désirent. L'une de ces solutions est le rapatriement volontaire ». M. Lindt a ensuite expliqué que le Haut Commissariat facilite le rapatriement volontaire.

« Dans les cas protes à notre connaissance, dans lesquels ni le gouvernement du pays d'origine ni le gouvernement du pays de résidence du réfugié, ni une compagnie privée ne peut payer pour les frais de transport, le Haut Commissaire s'occupe de faire des arrangements convenables pour ces transports. A notre connaissance 4.200 réfugiés ont été rapatriés entre le 1er janvier et le 31 décembre 1958. Entre janvier et juin de cette année, de 700 à 800 autres réfugiés ont choisi cette solution.

« Pour tous les groupes de réfugiés, en quelque lieu qu'ils se trouvent, le rapatriement constitue une des solutions à leur problème, et à chaque fois qu'un problème de réfugié se présente, je puis vous assurer que je ne néglige pas cet aspect de sa solution » a ajouté le Haut Commissaire.

« Il appartient, il me semble, à l'esprit de l'Année mondiale du Réfugié de tenir compte des désirs librement exprimés des réfugiés eux-mêmes. »

EMIGRATION

En ce qui concerne l'émigration, le Haut Commissaire a insisté sur la coopération intime et fructueuse qui s'est établie entre son organisme et le Comité intergouvernemental pour les Migrations européennes.

« Dans certains cas, c'est le CIME et dans d'autres c'est le Haut Commissariat qui négocie avec les gouvernements en vue de faciliter l'émigration. Notre politique peut se résumer en deux principes : il faut que le pays de premier asile et le pays d'immigration partagent plus équitablement le fardeau des réfugiés, en particulier des handicapés ; et il faut que chaque pays supporte sa part de ce fardeau en proportion de ses ressources économiques ».

« Les pays prospères ne sont pas seulement capables d'absorber les ouvriers et les techniciens qui y émigrent, mais ils sont également à même de pourvoir aux besoins des réfugiés faibles et malades » a déclaré le Haut Commissaire.

« Pour ces pays-là il devrait être possible de libéraliser la politique d'émigration, en élevant les limites d'âge pour la sélection, par exemple ».

Le Haut Commissaire a ajouté :

« Il est très triste de visiter un camp et d'y trouver des hommes dans la force de l'âge auxquels on refuse l'émigration parce qu'ils ont passé une certaine limite d'âge. On pourrait aussi songer à admettre des familles nombreuses, en tenant compte que les enfants grandiront et constitueront dans l'avenir une ressource économique pour le pays qui les aura acceptés.

« D'autre part, les pays nouveaux doivent faire face à de sérieux problèmes et ne sont pas à même d'offrir une sécurité sociale aussi grande que les autres pour la réinstallation des réfugiés ; ils peuvent néanmoins offrir des perspectives économiques beaucoup plus intéressantes ».

Dans ce cas, la sélection des réfugiés devrait être limitée à ceux qui peuvent jouer un rôle de pionniers dans le développement du nouveau pays.

Le Haut Commissaire a déclaré que l'on avait reçu des offres d'immigration très encourageantes en 1958 et que de nouvelles offres étaient parvenues cette année.

« La Nouvelle Zélande », a déclaré M. Lindt, « a accepté vingt familles, chacune avec un membre handicapé. L'Australie a maintenant élevé la limite d'âge pour les immigrants, de 5 à 10 ans, et a décidé d'accepter 50 cas difficiles aux termes d'un programme destiné à réunir les familles ; dix familles, comprenant un membre handicapé ont également été reçues sans que l'on exige pour elles une garantie. Aux Etats-Unis, la législation affectant l'immigration des réfugiés est actuellement soumise du Congrès et les dispositions d'une loi en vue d'accepter les tuberculeux pour les réunir à leur famille ont été étendues au-delà de leur première limite d'un an. La France vient d'annoncer qu'elle évacuera entièrement un camp en Grèce. Dans le cadre de l'Année mondiale du Réfugié, la Venezuela a redonné leur validité à 142 visas et le Brésil a émis 830 visas. Le Comité du Royaume-Uni pour l'Année mondiale du Réfugié a décidé d'accepter dix personnes âgées venues d'Extrême-Orient ; d'après une déclaration faite au parlement canadien, le Canada est disposé à admettre des tuberculeux et leurs dépendants. D'une manière générale on peut espérer que, durant l'Année mondiale du Réfugié, les pays d'immigration admettront une proportion particulièrement élevée de réfugiés aux termes de leur programme général d'immigration.

PROGRAMMES DU HCR

M. Lindt a rappelé, à propos des programmes du Haut Commissariat, que le Fonds des Nations Unies pour les Réfugiés (UNREF) avait cessé d'exister au 31 décembre 1958. Dans sa résolution 1166 (XII), l'Assemblée générale a pris des dispositions pour que l'assistance internationale se prolonge après la fin de l'UNREF. Lors de sa première session, en janvier 1959, le nouveau Comité exécutif du programme du Haut Commissaire a approuvé, pour 1959, des programmes atteignant un montant de 4.700.000 $ dans un objectif total de $6.000.000.

« Il semble bien à présent », a ajouté M. Lindt, « que l'objectif de $4.700.000 sera atteint ».

Le Haut Commissaire a souligné qu'entre 1955 et 1958, vingt-et-un ou vingt-deux gouvernements avaient contribué annuellement à l'UNREF. En juillet 1959, quarante-et-un pays ont déjà contribué au programme du Haut Commissaire.

« Sur ce nombre, cinq gouvernements participent aux programmes du Haut Commissariat pour la première fois, dans le cadre de l'Année mondiale du Réfugié. Cette augmentation du nombre des pays contribuant au programme fournit une indication claire du caractères mondial du mandat du Haut Commissaire ».

M. Lindt a rappelé qu'en 1960 le Comité exécutif du programme du Haut Commissaire avait fixé son objectif à $12.000.000.

« Le Comité exécutif », a ajouté le Haut Commissaire, considère qu'il vaut mieux viser haut et fixer un objectif de l'Année mondiale qui exige un effort tout particulier ».

Evacuation des camps et opération d'Extrême-Orient

« Dans nos programmes, la priorité est toujours donnée à l'évacuation des camps où les réfugiés ont vécu pendent une dizaine d'années et à l'opération d'Extrême-Orient pour le transfert ailleurs de réfugiés d'origine européenne qui se trouvent en Chine continentale. Au 1er juillet 1958, il y avait 21.000 réfugiés relevant du Haut Commissariat auxquels s'applique le programme d'évacuation des camps. Au 30 avril de cette année ce nombre était tombé à 17.000, soit une réduction de 4.000 ».

« Dans le programme d'évacuation des camps nous devons nous occuper de cas de plus en plus difficiles. Ces cas présentent avant tout un problème social et nous avons fait appel aux experts afin d'étudier notre programme pour le compte de ces réfugiés. J'ai la ferme conviction que nous ne sommes pas trop optimistes en escomptant que l'on trouvera des solutions pour ces cas comme ceux-là ».

Le Dr Lindt a rappelé qu'au début de la mise en oeuvre du programme de l'UNREF, beaucoup de gens estimaient que les réfugiés qui se trouvent dans les camps étaient tous des cas difficiles.

« L'expérience a néanmoins démontré que la plupart de ces réfugiés étaient capables de commencer une nouvelle vie et de choisir la solution qu'ils désiraient. Lorsque le programme d'évacuation des camps a été soumis à l'Assemblée générale au cours de l'automne 1957, j'ai dû déclarer qu'il faudrait 7,5 millions de dollars pour le réaliser dans une période de trois ans. Il y a un mois, l'Office du Haut Commissaire avait encore besoin de 3,5 millions de dollars pour couvrir les besoins économiques du programme. Aujourd'hui, grâce à une généreuse contribution apportée par un gouvernement à l'Année mondiale du Réfugié, il ne nous faut plus que 3 millions de dollars. Le Comité belge pour l'Année mondiale a annoncé qu'il aiderait à trouver la solution par l'émigration ou l'intégration pour un dixième de la population des camps d'Europe, soit environ 3.000 réfugiés ».

En ce qui concerne l'ensemble des réfugiés relevant du Haut Commissaire se trouvant dans des camps, y compris les anciens réfugiés aux termes de ce programme et les nouveaux réfugiés, M. Lindt a noté qu'il y a un an il y avait 39.400 personnes en Autriche, en Allemagne, en Grèce et en Italie, tandis qu'en avril 1959, il y en avait seulement 25.500, soit une réduction de près de 14.000.

« Grâce à toutes les mesures de rapatriement, de naturalisation, d'intégration, de migration, on peut maintenant espérer que ce chiffre serra considérablement réduit au cours de l'Année mondiale du Réfugié ».

Le Haut Commissaire a rappelé que la semaine dernière il avait assisté au camp de Haid, en Autriche, à une cérémonie au cours de laquelle 307 appartements construits par les autorités autrichiennes et le Haut Commissariat avaient été inaugurés.

« En 1951, Haid était un immense camp où se trouvaient encore 4.000 réfugiés. Aujourd'hui, il ne reste plus que 200 réfugiés sous Mandat dans ce camp, qui, au cours de ces dernières années se trouvait transformé en un village moderne. »

M. Lindt a informé la réunion qu'aux termes de l'opération d'Extrême-Orient, environ 900 réfugiés d'origine européenne avaient été transportés entre le 1er janvier et le 30 juin 1959; mais il faut encore des fonds pour transporter encore 5.400 personnes.

« L'Année mondiale du Réfugié a cependant déjà eu un effet très marqué, sous la forme d'une contribution des Etats-Unis, de $730.000, apportée au CIME pour les frais de transport. On peut espérer que, durant l'Année mondiale, les fonds dont on a encore besoin seront fournis afin que l'on puisse effectuer le transfert de toutes les personnes qui souhaitent émigrer ».

Réfugiés non réinstallés vivant hors des camps

« Durant les dernières années du programme de l'UNREF », a dit M. Lindt, « il y a une catégorie de réfugiés qui n'a pas été traitée comme il fallait, je veux parler des réfugiés qui vivent hors des camps ».

« En raison du manque de fonds, ces réfugiés n'ont pas bénéficié de la même priorité que les réfugiés qui se trouvent dans les camps. Aux termes des programmes de 1959, $700.000 ont été mis de côté pour les réfugiés vivant hors des camps. Aux termes de l'objectif de 12 millions de dollars pour les programmes de 1960, environ dix fois cette somme - $6.780.000 - a été marquée pour les réfugiés vivant hors des camps, ce qui indique que l'on compte vraiment commencer à s'attaquer à ce problème. En Grèce, par exemple, le Gouvernement examine un programme qui, pourvu que les fonds se trouvent disponibles et que les plans puissent se réaliser, permettra de résoudre entièrement le problème des réfugiés dans ce pays, aussi bien pour les réfugiés qui sont dans les camps que pour ceux qui vivent en dehors ».

CAS D'URGENCE

« Nous en venons maintenant », a dit M. Lindt, « aux cas d'urgence pour les réfugiés. j'entends par là les situations qui sont encore en cours d'évolution et pour lesquelles il est difficile de définir la solution finale.

« Je me rends compte qu'il y a un problème des réfugiés dans l'Asie du Sud, celui des réfugiés du Tibet. J'ai suivi l'évolution de cette situation et suis très heureux d'apprendre que des agences bénévoles fournissent des secours à ce groupe de réfugiés ».

« Le problème des réfugiés hongrois approche de sa solution finale. A la fin de juin il ne restait plus que 3.000 hongrois dans les camps d'Autriche.

Parlant des réfugiés d'Algérie qui se trouvent actuellement au Maroc et en Tunisie, M. Lindt a déclaré qu'un programme d'alimentation de base avait été institué pour ces réfugiés, en coopération entre le Haut Commissariat et la Ligue des Sociétés de la Croix Rouge. Ce programme se base sur un nombre d'environ 180.000 réfugiés dans les deux pays en question. Depuis le 1er février, la Ligue et le Haut Commissariat ont reçu à eux deux, en espèces et en nature, des dons d'une valeur totale de 3.530.000 dollars.

« Grâce à la générosité de nombreux gouvernements, des sociétés de la Croix Rouge et du Croissant Rouge, le programme alimentaire a permis d'atteindre maintenant presque le niveau minimum de calories », a déclaré le Haut Commissaire.

« Mais le régime n'est pas bien équilibré et il y a encore parmi les enfants, des cas de mal nutrition, en particulier dans les régions où la population des réfugiés est plus nombreuse que la population locale. Il y a quelques semaines, j'ai visité le Maroc et la Tunisie et j'ai pu voit que le système de distribution établi assure que les approvisionnements arrivent aux familles des réfugiés ».

« L'Année mondiale du Réfugié a eu son effet sur cette situation ».

« Comme contribution à l'Année mondiale, le gouvernement du Maroc a décidé de payer les frais de transport et de manutention des approvisionnements. Le gouvernement tunisien avait précédemment pris une décision identique. Une contribution de $150.000 a été fournie par un gouvernement, et une organisation non-gouvernementale internationale a apporté $50.000 à l'occasion de l'Année mondiale du Réfugié, dont $25.000 destinés aux réfugiés d'Afrique du Nord.

Réfugiés chinois à Hong Kong

« Il existe également un autre groupe de réfugiés qui, bien qu'ils ne se trouvent pas placés sous le Mandat du Haut Commissaire, néanmoins le concernent », a dit M. Lindt.

« Il s'agit des réfugiés chinois à Hong Kong, en faveur desquels une résolution de l'Assemblée générale demande au Haut Commissaire de prêter ses bons offices afin d'organiser des contributions. Jusqu'à présent ou jusqu'à un moment tout à fait récent, mes efforts avaient pratiquement été faits en vain. Grâce à l'Année mondiale du Réfugié, environ $400.000 ont maintenant été reçus de sources gouvernementales pour les réfugiés qui sont au nombre d'environ un million.

« En somme, l'Année mondiale du Réfugié, bien qu'elle soit tout à fait à ses débuts, a déjà apporté des contributions en espèces d'un montant de $2.400.000 dont plus d'un million contribueront aux programmes du Haut Commissariat, environ $750.000 pour le CIME en vue du transport des réfugiés d'Extrême-Orient et $144.000 qui seront apportés à l'UNRWA, et $400.000 pour l'assistance aux réfugiés à Hong Kong. En outre, on a annoncé des donations en espèces d'une valeur équivalente ».

« Les quatre jeunes anglais qui ont eu l'idée de lancer l'Année mondiale du Réfugié ont tiré leur inspiration de l'Année mondiale précédente, l'Année géophysique internationale. Les géophysiciens m'ont dit qu'on avait accompli au cours de l'année des progrès qui auraient autrement demande 18 ans. Ce n'est peut-être pas trop espérer de s'attendre à des progrès identiques vers la solution des problèmes des réfugiés. Il est très important pour un réfugié de pouvoir songer qu'il trouvera plus tôt qu'il ne s'y attendait, une solution qui n'aurait pu lui venir que dans 18 ans.

« Il est très difficile de faire des prédictions lorsqu'il s'agit du problème des réfugiés. Il y a de nombreux aspects de ce problème sur lesquels le Haut Commissariat n'exerce aucun contrôle ; il y a, en outre, l'élément supplémentaire de l'Année mondiale dont la signification est considérable. Grâce à l'Année mondiale on a accompli déjà beaucoup plus que l'on ne pouvait s'y attendre ».

« Nous avons essayé, dans un document qui a été remis au Conseil économique et social, d'évaluer les programmes du Haut Commissariat », a déclaré M. Lindt.

« Vous trouverez ce document plein de réserves, parce qu'il me semble que si l'on veut considérer le problème des réfugiés dans son ensemble, il ne faut être ni trop optimiste ni trop pessimiste. Le problème des réfugiés est en tous ses aspects un problème dynamique et il faut des moyens dynamiques pour le résoudre ».