Tanzanie : Transfert des réfugiés burundais avant la fermeture du camp de Nduta

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Ron Redmond – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 19 décembre 2008 au Palais des Nations à Genève.

Suite à l'initiative du HCR, le Gouvernement tanzanien a prévu de fermer, fin décembre, le camp de Nduta hébergeant des réfugiés burundais dans le nord-ouest de la Tanzanie. Nous procédons actuellement au transfert des 10 000 réfugiés restants depuis Nduta vers le camp de Mtabila. En janvier, Mtabila sera l'unique camp en Tanzanie à accueillir les 46 450 réfugiés burundais restants, des réfugiés qui avaient fui leur pays dans les années 90.

Depuis quasiment quatre décennies, la Tanzanie est le principal pays d'accueil de centaines de milliers de réfugiés burundais qui ont fui, principalement en deux vagues, les tensions ethniques et les conflits armés survenus dans leur pays : la première vague est arrivée au début des années 70 et la seconde dans les années 90. En 2000, les Burundais constituaient l'une des plus importantes populations réfugiées au monde - juste après les réfugiés afghans.

Le rapatriement volontaire, organisé par le HCR pour les réfugiés burundais qui ont fui leur pays dans les années 90, a commencé en 2002 et a été l'une des opérations les plus réussies sur le continent africain. Nous avons déjà organisé et assisté le retour de quelque 357 000 réfugiés, dont 63 000 d'entre eux cette année. De plus, de nombreux réfugiés sont rentrés par leurs propres moyens et ils ont reçu une assistance à leur arrivée au Burundi. Nous estimons qu'au total, depuis six ans, plus de 470 000 Burundais sont rentrés chez eux depuis la Tanzanie et d'autres pays d'asile.

Par ailleurs, dans le cadre d'une autre opération de rapatriement concernant les réfugiés burundais « arrivés en 1972 » et qui a été lancée en mars 2008, 30 000 autres personnes sont rentrées au Burundi. Après 35 ans, un dénouement est intervenu en 2007 lorsque le Gouvernement tanzanien a indiqué son intention de fermer ce que l'on appelle les « anciennes zones d'installation » accueillant des réfugiés burundais arrivés en 1972. Les Gouvernements de Tanzanie et du Burundi ont exprimé leur souhait de trouver des solutions durables pour ces réfugiés et ils ont travaillé avec nous sur une stratégie, mettant ainsi un terme à ce chapitre de déplacement interminable.

La Tanzanie a offert l'intégration locale, comportant la naturalisation et la citoyenneté, à ces réfugiés burundais qui ont fui leur patrie en 1972 et qui espèrent rester en Tanzanie. Cette année, quelque 165 000 réfugiés ont demandé la nationalité tanzanienne. Ces demandes sont en cours de traitement par des équipes de fonctionnaires tanzaniens spécialement dédiées au sein des services d'immigration, de la police et d'autres services compétents.

Parallèlement, aux côtés du Gouvernement tanzanien, nous procédons à la consolidation et à la fermeture des camps de réfugiés situés le long de la frontière burundaise. Ces deux dernières années, six camps ont déjà été fermés.

Le 10 décembre, nous avons commencé à transférer les 10 000 réfugiés restants depuis Nduta vers le camp de Mtabila. Plus de 5 000 réfugiés ont déjà été transférés dans le site consolidé où six centres de réception ont été mis en place. Notre équipe à Mtabila travaille avec des organisations partenaires pour que l'opération de transfert soit finalisée mardi prochain, le 23 décembre.

Le HCR réduit peu à peu ses opérations dans le nord-ouest de la Tanzanie. Nous allons toutefois continuer à travailler avec d'autres agences de Nations Unies - dans le contexte du programme pilote des Nations Unies « Unis dans l'action » en Tanzanie - pour atténuer les conséquences du déplacement prolongé et des opérations humanitaires à long terme. Nous procéderons à la réhabilitation de l'environnement et des sites maintenant fermés où se trouvaient les camps. Par ailleurs, nous souhaitons répondre aux besoins des communautés locales en maintenant les services de santé et d'éducation.