Egypte : Expulsion de demandeurs d'asile érythréens

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Jennifer Pagonis – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 20 juin 2008 au Palais des Nations à Genève.

Nous sommes très alarmés par des informations répétées faisant état de l'expulsion en cours de demandeurs d'asile érythréens hors d'Egypte, en dépit des appels lancés par l'UNHCR demandant qu'aucun renvoi de demandeur d'asile n'ait lieu avant que l'agence n'ait eu accès aux centres de détention afin de statuer sur leurs demandes de protection internationale.

L'Egypte a toujours eu une politique d'asile traditionnellement généreuse. Nous exhortons les autorités à cesser les expulsions de demandeurs d'asile et à respecter leurs obligations en vertu de la Convention de 1951 sur les réfugiés, dont l'Egypte est signataire. L'un des principes fondamentaux de la convention est l'interdiction du refoulement, ou retour forcé, des personnes vers leur pays d'origine où elles pourraient être exposées à des persécutions ou à des menaces contre leur vie.

Nous demandons aux autorités égyptiennes de fournir sans délai des informations sur la localisation actuelle et le bien-être de quelque 1 400 Erythréens et autres personnes relevant du mandat de l'UNHCR, dont les noms et le lieu de détention lui avaient été auparavant transmis par les autorités, ainsi qu'un accès rapide et sans obstacles à toutes les personnes demandant l'asile et se trouvant actuellement en détention. Auparavant cette semaine, l'Egypte avait annoncé qu'elle accorderait, au bureau de l'UNHCR au Caire, accès aux Erythréens détenus afin de déterminer leur statut. Lundi, une équipe de l'UNHCR s'est rendue dans deux centres de détention à Assouan, dans le sud de l'Egypte - à Shalal et Nasr Al Nouba - pour passer en revue et mettre en place les préparatifs pour la détermination du statut de réfugié. Elle a ainsi rencontré 142 Erythréens et 19 Ethiopiens. Selon des informations crédibles obtenues précédemment, le nombre de demandeurs d'asile détenus dans le gouvernorat d'Assouan était beaucoup plus important. Les équipes de l'UNHCR se sont aussi déplacées dans d'autres lieux de détention en Egypte mais n'ont pas réussi à en obtenir l'accès. Dans certains cas, il leur a été demandé d'apporter une autorisation spéciale des autorités pénitentiaires, alors que dans d'autres lieux elles ont été informées par les autorités que les demandeurs d'asile érythréens ne se trouvaient plus sur place.

L'Egypte a assisté à un brusque afflux d'Erythréens entrant dans le pays de manière illégale au cours des derniers mois, depuis le Soudan ou directement depuis l'Erythrée via la mer Rouge. Fin février, les autorités égyptiennes avaient suspendu l'accès aux demandeurs d'asile en détention accordé à l'UNHCR. Depuis, l'UNHCR était en contact avec les autorités concernées de manière ininterrompue afin de demander accès aux requérants d'asile placés en détention.