Le HCR met en garde contre des opérations européennes d'expulsion vers l'Iraq

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Melissa Fleming – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 08 juin 2010 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR soupçonne quatre gouvernements - Pays-Bas, Norvège, Suède et Royaume-Uni - d'être en train d'organiser des renvois forcés de citoyens iraquiens vers Bagdad, en Iraq, pour la fin de cette semaine. Nous ne disposons pas d'informations vérifiées concernant le nombre et le profil des personnes concernées et si certaines ont demandé une protection.

Selon notre position et nos recommandations adressées aux gouvernements, les demandeurs d'asile iraquiens originaires des gouvernorats de Bagdad, Diyala, Ninewa et Salah-al-Din, ainsi que de la province de Kirkuk, devraient continuer de bénéficier de la protection internationale sous la forme du statut de réfugié au sens de la Convention de 1951 ou sous une autre forme de protection en fonction des circonstances propres à chaque cas. Notre position tient compte de la situation sécuritaire instable, du niveau de violence encore élevé, des incidents sécuritaires et des violations des droits de l'homme qui perdurent dans ces régions d'Iraq. Le HCR considère que des menaces graves - y compris aveugles - contre la vie, l'intégrité physique ou la liberté résultant de la violence ou d'événements troublant gravement l'ordre public constituent des motifs valables d'obtention de la protection internationale.

Le HCR est conscient que les besoins de protection internationale des Iraquiens sont évalués par les autorités chargées de l'asile en Europe et ailleurs sur une base individuelle. Nous recommandons instamment à ces autorités de veiller à ce que la situation en Iraq dans son ensemble, y compris le niveau élevé d'anarchie, soit prise en compte dans leur examen. Tandis que certains ont suggéré que les Iraquiens rapatriés puissent résider dans des zones du pays différentes de celles dont ils sont originaires, la position du HCR est qu'aucune alternative de fuite interne n'existe en Iraq en raison du niveau de violence qui continue de régner à Bagdad, Diyala, Kirkuk, Ninewa et Salah Al-Din, et compte tenu des restrictions à l'accès et au séjour qui existent dans divers gouvernorats et des grandes difficultés que rencontrent les rapatriés pour assurer leur simple survie dans certaines zones de réinstallation.

L'insurrection continue en Iraq et la violence incessante dans ce pays ont conduit à des déplacements internes et externes massifs de population iraquienne, la plupart des réfugiés vivant en Syrie et en Jordanie. Le HCR s'inquiète du signal que pourraient donner des retours forcés en provenance d'Europe vis-à-vis d'autres pays d'accueil, en particulier les pays frontaliers de l'Iraq.