Le HCR appelle à aider les déplacés soudanais après le référendum

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 11 février 2011 au Palais des Nations à Genève.

Au Soudan, le HCR intensifie ses activités à la suite de l'annonce, cette semaine, des résultats du référendum. Mercredi, nous avons lancé un appel de fonds d'un montant de 53,4 millions de dollars lors d'une réunion avec des pays donateurs à Genève pour venir en aide aux Sud-Soudanais qui rentrent vers le sud du Soudan depuis Khartoum et d'autres régions du nord du Soudan.

Quelque 200 000 Sud-Soudanais sont déjà rentrés depuis le nord ces trois derniers mois. A Khartoum, quelque 75 000 personnes sont par ailleurs enregistrées pour le retour. Les agences humanitaires se préparent au retour de 800 000 Sud-Soudanais au total depuis le nord du pays cette année, ce qui exercera une pression supplémentaire sur un environnement humanitaire déjà fragile.

Le rôle du HCR consiste principalement à évaluer les besoins en matière de protection sur les routes de retour, aux points d'escale et dans les zones de retour. Nous facilitons aussi la réintégration, particulièrement en milieux urbain et semi-urbain. Nous établissons également des points d'escale le long des principales routes de retour où nous assurons l'approvisionnement en eau et des services de santé. Nous mettons également à disposition des installations de réception et de repos.

Un grand nombre des personnes qui rejoignent le sud avaient quitté la région depuis des décennies. D'autres sont nées et ont grandi dans le nord. Elles rentrent dans des localités qui leur sont inconnues. Les rapatriés nous ont indiqué qu'ils rentraient car ils s'inquiètent du statut de leur nationalité s'ils restaient dans le nord. Toutefois un grand nombre d'entre eux font également part de leur enthousiasme à participer à la reconstruction du Sud-Soudan.

Concernant les populations restées à ce jour dans le nord, des personnes disent attendre l'amélioration des conditions de sécurité. Les motifs d'inquiétude concernent également la traversée de régions en proie à des tensions entre communautés ou au sein de l'armée. La semaine dernière à Malakal, l'une des principales villes de retour, une mutinerie a causé la mort de neuf civils, y compris l'un de nos collègues, John James Okwath, qui a été tué d'une balle perdue lors de tirs croisés. Il avait tout juste 26 ans. Bien que le calme soit revenu à Malakal, la situation reste tendue.

En plus d'être confrontés à l'insécurité, certains rapatriés sont bloqués durant leur trajet du fait d'un manque de moyens. Dans différents centres de départ situés aux alentours de Khartoum, on compte actuellement près de 20 000 personnes bloquées, dont un grand nombre sont sans abri. Certaines personnes dorment en plein air depuis près de deux mois. Le HCR et d'autres acteurs humanitaires ont été sollicités la semaine dernière par le Gouvernement du Sud-Soudan pour organiser le transport depuis ces centres de départs surpeuplés.