Huit morts au camp de réfugiés de Kakuma, Kenya, après des violences la semaine dernière

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 04 novembre 2014 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR est préoccupé par la situation de sécurité dans les camps de réfugiés de Kakuma, au nord-ouest du Kenya. Des troubles sporadiques y ont débuté il y a une semaine et ils ont déjà coûté la vie à huit réfugiés du Burundi, de la République démocratique du Congo (RDC) et du Soudan du Sud.

Notre représentant au Kenya, Raouf Mazou, s'est rendu hier à Kakuma pour évaluer la situation. Des compagnies de gendarmes kényans ont renforcé la sécurité, en particulier à Kakuma 4, théâtre de la plupart des violences. Le Ministère des Affaires pour les réfugiés et le HCR travaillent conjointement avec les représentants de réfugiés et des mesures de résolution de conflit ont également été mises en oeuvre.

La violence avait commencé mardi dernier, lorsque des informations sur une tentative de viol contre une fillette réfugiée ont provoqué des affrontements entre des groupes rivaux de jeunes sud-soudanais, au cours desquels une personne a été tuée. Les gendarmes kényans sont intervenus pour ramener la situation sous contrôle.

Lors d'un nouvel incident de sécurité ce week-end, des jeunes se sont livrés à des actes de violence après qu'un enfant ait été blessé par un boda boda (moto-taxi). Le pilote, un réfugié burundais, a été jeté à terre et frappé à coups de machette à la tête et aux bras. Plusieurs réfugiés ont été blessés et ils ont été soignés dans un dispensaire local. Trois motos ont été brûlées.

La peur de la violence a poussé les réfugiés vivant dans les zones affectées (Kakuma 4) à rejoindre des postes de police à proximité avec leurs familles. Les agents de sécurité ont géré cette situation avec calme. Plusieurs arrestations ont eu lieu. La police a également organisé une recherche d'armes et elle a confisqué des machettes et d'autres armes rudimentaires.

Malgré des renforts de police, la situation s'est détériorée à nouveau hier matin, lorsque quatre réfugiés ont été tués (ce qui porte à 8 le nombre total de décès pour la semaine passée). Conjointement avec les autorités kényanes, nous continuons à travailler avec les réfugiés pour rétablir le calme ainsi qu'appeler à la coexistence pacifique et au calme entre toutes les communautés du camp.

Le camp de Kakuma est un melting-pot avec près de 180 000 réfugiés en provenance de plus de 20 pays qui vivent dans quatre secteurs. La plupart sont originaires du Soudan du Sud (86 800), de la Somalie (55 825), du Soudan (9 150) et de la RDC (8 800). Situés dans le comté de Turkana au Kenya, les camps de Kakuma sont surpeuplés et des terrains supplémentaires sont nécessaires d'urgence pour un agrandissement.