La reprise du conflit à Bambari, au centre de la RCA, provoque le déplacement de milliers de personnes

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Melissa Fleming – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 27 juin 2014 au Palais des Nations à Genève.

De nouvelles violences et attaques de représailles ont fait au moins 45 morts et un grand nombre de blessés cette semaine à Bambari et autour de cette ville de la République centrafricaine. Les troubles ont provoqué la fuite de milliers d'autres personnes vers des sites de déplacement autour de cette ville située à environ 380 kilomètres au nord-est de la capitale Bangui.

Les violences ont commencé tôt ce lundi lorsque des éléments armés ont attaqué un camp hébergeant des musulmans d'ethnie peule situé au sud de Bambari. Cette agression a provoqué des mesures de représailles dans Bambari contre d'autres éléments armés et la population civile.

Le personnel du HCR a indiqué que Bambari avait été réduite à une ville fantôme mercredi. Les quartiers chrétiens voisins ont été auparavant vidés de leurs habitants, tandis que les sites de déplacement sont bondés. Les occupants luttent pour s'en sortir en pleine saison des pluies. Les personnes ont un besoin urgent de protection, d'abris, d'eau et d'assainissement, ainsi que de vivres et d'autres produits. Le HCR envoie des produits non alimentaires, principalement des bâches goudronnées. La situation sécuritaire demeure cependant instable et il est à craindre que le cycle de vengeance reprenne bientôt.

La tension a atteint un point de non retour à Bambari depuis mai, lorsque des combats généralisés ont provoqué le déplacement de plus de 13 000 personnes. Depuis, des groupes armés continuent de se battre et d'attaquer la population locale. Des dizaines de personnes ont été tuées ou blessées et des centaines de maisons rasées. Pendant ce temps, les prix des produits de base montent en flèche et les personnes déplacées retournent sans cesse dans les sites pour déplacés.

La reprise du cycle de conflit a également interrompu de nombreuses activités dans le camp de réfugiés de Pladama Ouaka, situé à 10 kilomètres seulement de Bambari. Ce camp accueille environ 1 960 réfugiés soudanais - des personnes ayant fui vers la République centrafricaine en 2007 à cause des combats dans la région du Darfour au Soudan. Les combats de cette semaine ont restreint les mouvements des réfugiés dans la zone, de manière encore plus limitée qu'auparavant. Le HCR fait son possible pour leur venir en aide, en coopération avec des partenaires nationaux et internationaux. Au total, il y a environ 10 667 réfugiés et demandeurs d'asile en RCA.

Au 20 juin, quelque 139 393 personnes originaires de la République centrafricaine avaient trouvé refuge au Cameroun, en RDC, au Tchad et en République du Congo depuis décembre 2013. La plupart d'entre elles cherchent refuge au Cameroun (106 119) où le HCR a enregistré plus de 3 000 personnes la semaine dernière.

Dans d'autres régions du pays, la situation demeure précaire. Dans les préfectures d'Ouham et Ouham-Pende, au nord, l'insécurité menace l'accès des organisations humanitaires. La ville de Bang, proche des frontières avec le Tchad et le Cameroun était sous le contrôle de groupes armés jusqu'au 22 juin. Le même jour, des combats dans la ville de Batangafo ont provoqué le déplacement de plus d'un millier de personnes. Enfin, dans la ville de Birao, au nord-est, des éléments armés ont pris le contrôle du terrain d'aviation le 23 juin. Le nombre de déplacés à l'intérieur de la République centrafricaine en raison de la violence est estimé à 536 500 personnes, dont 111 500 vivent dans 43 sites à Bangui.

Le Plan de réponse régionale à la situation en RCA, d'un montant de 274 millions de dollars E.-U. est actuellement financé à hauteur de 20%, la dernière contribution émanant des Etats-Unis (22 millions de dollars E.-U.).