Jordanie et Turquie : Afflux croissant de réfugiés iraquiens fuyant ISIS

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Melissa Fleming – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 23 septembre 2014 au Palais des Nations à Genève.

En Jordanie, le HCR a observé une forte hausse de réfugiés iraquiens ces dernières semaines avec 60% d'entre eux citant la crainte d'ISIS comme motif de leur fuite. En août et en septembre, en moyenne, 120 Iraquiens par jour ont été enregistrés par le HCR en Jordanie, par rapport à 65 par jour en juin et juillet et quelque 30 par jour durant les cinq premiers mois de 2014.

Presque deux tiers des nouveaux arrivants (60%) affluent depuis des zones contrôlées par ISIS dans les gouvernorats de Ninive, Salah Al Din et Anbar. Les réfugiés ont déclaré que leurs maisons avaient été brûlées, qu'ils avaient été menacés d'être forcés de se convertir à l'islam, qu'il y avait des craintes de mariages forcés, d'enlèvements et de menaces publiques contre la vie, la santé ou la liberté des citoyens. D'autres réfugiés nouvellement arrivés en Jordanie a fui les violences sectaires à Bagdad et Bassora.

Un père de trois enfants, enseignant et âgé de 32 ans, a indiqué au HCR comment il avait sauvé sa famille en quittant sa maison à Tal Usquf (à environ 35 kilomètres de Mossoul) après la tombée de la nuit à pied. Cette famille de cinq personnes a juste emporté un seul sac contenant tous les documents essentiels - un certificat de mariage, des passeports, des preuves d'inscription à l'école.

Cet homme, que nous appellerons Jassim, a indiqué que ses filles avaient « pleuré tout au long du chemin ». Deux de ses enfants préparaient leurs examens finaux au lycée et leur éducation est désormais interrompue. Comme de nombreuses familles ayant fui les violences à pied, Jassim a dû abandonner derrière lui un proche âgé - un oncle handicapé de naissance et en chaise roulante - dont il a depuis entendu dire qu'il est décédé à Ninive.

Cette année, 10 644 réfugiés iraquiens ont déjà été enregistrés par le HCR en Jordanie, avec 1 383 enregistrements pour le seul mois d'août, soit le plus nombre le plus élevé pour les nouveaux enregistrements depuis 2007.

Egalement en Jordanie, pour la première fois depuis le début du conflit en Syrie il y a plus de trois ans, les réfugiés en provenance des gouvernorats situés au nord du pays - y compris Racca - composent la majorité des nouveaux arrivants. Dans le passé, des réfugiés du sud de la Syrie (Dara'a) étaient les plus nombreux.

Les nouveaux arrivants continuent d'affluer en Jordanie, au nombre de 250 personnes en moyenne par jour. Ils cherchent refuge via la frontière de Ruwashid, au nord-est du pays. Le nombre de réfugiés en quête de refuge en Jordanie à cause d'ISIS est en hausse, avec 46% des nouveaux arrivants la semaine dernière citant ce motif comme raison de leur fuite.

Parallèlement en Turquie, environ 103 000 réfugiés iraquiens ont fait la démarche de s'enregistrer auprès du HCR ou de ses partenaires, y compris 65 000 depuis juin 2014 lorsque les forces d'ISIS ont pris le contrôle de Mossoul et de ses environs dans le gouvernorat de Ninive au nord de l'Iraq. Nous savons que des milliers d'autres se trouvent dans l'est de la Turquie et qu'ils n'ont pas encore été enregistrés.

Le mois dernier, le HCR a mené un établissement de profils parmi plus de 2 500 Iraquiens en quête d'enregistrement auprès du partenaire du HCR à Ankara. Près de la moitié des personnes interviewées ont déclaré avoir fui les attaques d'ISIS, alors que 20% d'autres ont dit avoir fui par crainte des attaques d'ISIS. Quelque 20% d'autres ont indiqué avoir fui des violences sectaires. Près de la moitié de toutes les familles interviewées étaient kurdes, alors que 33% étaient arabes.