Avec un demi-million de réfugiés et de migrants arrivés en Grèce, il faut renforcer les installations et procédures de réception ainsi qu'accélérer les transferts

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Melissa Fleming – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 20 octobre 2015 au Palais des Nations à Genève.

Le nombre de réfugiés et de migrants arrivés en Grèce s'élève désormais à un demi-million. Le HCR prévient que les difficultés qui en résultent pourraient durer à moins de renforcer les installations et les procédures de réception en Grèce ainsi que d'accélérer les transferts.

En Grèce, le nombre d'arrivants par la mer en 2015 vient de dépasser le cap du demi-million avec le débarquement, hier sur les îles de la mer Égée, de près de 8000 personnes, ce qui porte désormais le total à quelque 502 500 personnes. Le nombre total d'arrivées en Europe via la Méditerranée s'élève désormais à 643 000. Le grand nombre des arrivées en Grèce met à rude épreuve les installations et procédures de réception sur les îles. De nombreux réfugiés et migrants souhaitent désespérément continuer leur voyage, craignant que les frontières d'autres pays ne ferment. Ce matin, plus de 27 500 personnes se trouvaient sur les îles - en attente d'un enregistrement ou d'un transport vers le continent. Des effectifs supplémentaires de police ont été dépêchés sur place dimanche et hier pour contrôler la situation chaotique.

Il est important en Grèce, comme dans d'autres parties de l'Europe, que les installations et procédures de réception soient adaptées au nombre d'arrivants. Sans cet élément essentiel, le programme de transfert convenu par l'Europe en septembre est mis en péril et pourrait échouer.

Après les scènes de chaos survenues ces derniers jours, les frontières le long de la route des Balkans ont rouvert. A la frontière serbe avec la Croatie, quelque 3000 personnes ont dû attendre sans abri, dans l'incertitude et sous la pluie depuis dimanche jusqu'à lundi en fin d'après-midi, et ce avec une assistance minimale. Les membres du personnel du HCR et de nos organisations partenaires ont fait leur possible pour leur fournir un soutien dans l'urgence avec de la nourriture, de l'eau et des couvertures. Toutefois de nombreux arrivants, y compris des personnes âgées, des femmes enceintes et des handicapés physiques, étaient trempés et des cas d'hypothermie ont été signalés. Une situation chaotique similaire est également survenue à la frontière entre la Croatie et la Slovénie.

Les conditions demeurent encore difficiles par endroits et il y a un arriéré dans les procédures d'enregistrement, toutefois le mouvement a repris avec 4300 personnes arrivées hier en Autriche depuis la Slovénie. Parallèlement, en Autriche et en Allemagne, des dizaines de milliers de réfugiés et de migrants dorment dans des tentes et des abris temporaires en raison d'une pénurie de logements.

Concernant les traversées de la mer Egée, nous sommes attristés par les récents décès en mer parmi les personnes traversant depuis la Turquie vers la Grèce. 19 personnes sont décédées ces neuf derniers jours dans cinq incidents distincts, dont presque la moitié ce week-end. Des nourrissons et des enfants font partie des victimes ayant péri. Les réfugiés avec qui nous nous sommes entretenus ce week-end nous ont expliqué que les passeurs offrent des remises pour les passages à cause des mauvaises conditions météorologiques et de bateaux de plus en plus bondés.

Au moins 123 personnes ont déjà péri ou sont portées disparues dans les eaux territoriales grecques en 2015 (en tout, au moins 3135 personnes ont déjà péri en mer Méditerranée en 2015). Nous sommes préoccupés car ce nombre pourrait augmenter du fait des conditions hivernales et par crainte de nouvelles fermetures de frontières. Le HCR appelle à renforcer encore les opérations de recherche et de sauvetage dans cette zone afin de réduire les risques.

Pour remédier à la situation actuelle en Europe, plusieurs mesures visant à stabiliser la situation sont nécessaires dans les pays de premier asile et dans tous les pays de mouvements secondaires pour réduire les mouvements secondaires clandestins. Ces mesures comprennent un appui important aux pays qui accueillent la grande majorité des réfugiés syriens, iraquiens et afghans, une campagne d'information sur les dangers des traversées en mer, et le développement de voies légales pour demander une protection en Europe. Dans les pays qui sont le théâtre de mouvements secondaires en Europe, des efforts importants doivent être menés pour développer les installations et les procédures de réception et d'enregistrement ainsi que de solides capacités pour que le programme de réinstallation puisse être correctement mis en oeuvre.