Le HCR appelle l'UE à renforcer ses moyens de recherche et de sauvetage en Méditerranée après qu'au moins 29 personnes aient trouvé la mort au large de Lampedusa

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 10 février 2015 au Palais des Nations à Genève.

La tragédie en mer survenue hier au large de Lampedusa, premier événement funeste important en Méditerranée depuis début 2015, a coûté la vie à au moins 29 personnes, selon l'information divulguée ce matin. Le HCR est à la fois profondément attristé par cette nouvelle et préoccupé par la nature des décès - toutes les personnes, hormis sept, semblent être mortes d'hypothermie à bord du navire de sauvetage.

Nous remercions toutes les personnes ayant participé à l'opération de sauvetage - laquelle s'est déroulée par mauvais temps en haute mer et a permis de sauver la vie de 106 personnes. Cette tragédie nous rappelle qu'il avait jugé important - après la catastrophe de Lampedusa en octobre 2013 - de mettre en place des moyens de sauvetage beaucoup plus efficaces en Méditerranée.

Déjà en 2015, malgré les conditions météorologiques de janvier et de février, nous observons un nombre nettement plus élevé de réfugiés et de migrants qui tentent la traversée de la Méditerranée en bateau comparativement à la même période l'an dernier. Pour le seul mois de janvier, 3 528 arrivées ont été signalées en Italie, par rapport à 2 171 en janvier 2014. En comptant les personnes qui ont perdu la vie hier, on dénombre 50 morts comparativement à 12 à la même date l'an dernier.

Ce qui ajoute à notre inquiétude quant à la tragédie d'hier, c'est que certains éléments portent à croire que plus de personnes ont tenté de gagner l'Italie la nuit dernière. Outre le bateau transportant 100 personnes, deux autres embarcations presque vides ont été secourues au large de la Libye, avec 9 autres personnes à leur bord. Le sort des autres passagers ayant pu prendre part au voyage n'est pas encore connu.

En 2014, au moins 218 000 personnes ont tenté la traversée de la Méditerranée et plus de 3 500 personnes y ont trouvé la mort - un bilan qui aurait été plus lourd sans l'opération italienne de sauvetage Mare Nostrum, laquelle a été depuis abandonnée. L'opération européenne Triton, qui est dirigée par l'agence européenne de protection des frontières Frontex, a un objectif différent et ne remplace aucunement une capacité appropriée de recherche et de sauvetage. En l'absence d'un dispositif adapté, il faut s'attendre à d'autres tragédies du même genre à l'avenir.

Le HCR réitère son appel à l'Union européenne d'assurer les moyens voulus dans ce domaine et d'offrir à l'Italie le soutien nécessaire pour s'occuper des personnes qui effectuent clandestinement la traversée de la Méditerranée. D'un passage emprunté principalement par des migrants, la Méditerranée est devenue une voie d'entrée majeure pour les réfugiés fuyant la guerre. En janvier, les Syriens ont constitué le groupe le plus nombreux de personnes arrivant en Italie - représentant environ 22 p. 100 du nombre total. Les ressortissants d'autres pays générateurs de réfugiés ont également compté pour une proportion élevée des personnes ayant entrepris cette traversée. L'aide apportée à l'Italie grâce à l'opération Frontex, Triton, et au Bureau européen d'appui en matière d'asile ne peut être la seule forme de solidarité et d'humanité dont soit capable de faire preuve l'Europe.