Le HCR est préoccupé par les violences xénophobes en Afrique du Sud

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 17 avril 2015 au Palais des Nations à Genève.

En Afrique du Sud, des attaques xénophobes survenues ces trois dernières semaines ont causé la mort de six personnes et ont déplacé plus de 5 000 ressortissants étrangers, y compris des réfugiés et des demandeurs d'asile dans la province orientale du KwaZulu-Natal. Les attaques avaient commencé à la fin mars après un litige de travail entre l'Afrique du Sud et des travailleurs étrangers. Ces tout derniers déplacements s'ajoutent à ceux ayant eu lieu en janvier dernier à la suite d'incidents similaires à Soweto, près de Johannesburg dans la province de Gauteng. Le HCR est extrêmement préoccupé. Nous nous félicitons de la réponse mise en oeuvre par le gouvernement pour tenter de contenir la situation et pour fournir une assistance aux personnes ayant dû fuir leurs maisons.

Une équipe du HCR a été envoyée à Durban pour évaluer la situation et déterminer où l'agence pour les réfugiés peut appuyer le gouvernement et les partenaires de la société civile dans leur réponse. Les ressortissants étrangers déplacés sont regroupés dans quatre installations de tentes pour les personnes déplacées établies par la section locale du Centre de gestion des catastrophes. La population déplacée ayant besoin d'un abri est en hausse. Un premier groupe a été transféré vers un centre sportif à Chatsworth qui abrite aujourd'hui environ 1 400 personnes, principalement des hommes célibataires avec quelques familles. Les hommes sont séparés des femmes et des enfants. A Isipingo, il y a près de 300 personnes et à Greenwood Park, environ 450. Hier, 1 500 personnes déplacées ont été transférées vers un nouveau site plus étendu, à Phoenix. Les conditions dans les installations communautaires sont précaires et davantage doit être fait pour assurer des conditions suffisantes en matière d'infrastructures d'assainissement et de dispensaires. De plus, un certain nombre de personnes ont trouvé refuge dans des mosquées, des églises et d'autres bâtiments.

Le HCR a été contacté par des réfugiés qui craignent d'être pris pour cible. Ces personnes sont également très inquiètes de ne pas pouvoir gagner leur vie et de perdre leurs moyens d'existence. Nous tenons à souligner que les personnes affectées par ces attaques xénophobes sont des réfugiés et des demandeurs d'asile qui ont été forcés de quitter leur pays en raison de la guerre et de la persécution. Ils se trouvent en Afrique du Sud car ils ont besoin de protection.

Le gouvernement d'Afrique du Sud s'est prononcé contre ces incidents. Il s'est engagé à faire son possible pour protéger les ressortissants étrangers dans le pays et a réaffirmé son engagement envers les réfugiés et demandeurs d'asile en conformité avec le droit et les protocoles internationaux.

L'Afrique du Sud accueille actuellement quelque 65 000 réfugiés et 295 000 demandeurs d'asile.