L'accès au travail s'améliore pour les réfugiés syriens en Jordanie

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Ariane Rummery – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 19 avril 2016 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR salue un ensemble de mesures récemment prises par le gouvernement de Jordanie. Ces mesures pourraient considérablement simplifier la recherche d'un emploi légal pour les réfugiés syriens et contribuer à leur plus grande autosuffisance. À court terme, ce sont plus de 78 000 Syriens qui pourraient trouver un emploi légal en Jordanie, et des milliers d'autres dans les années à venir.

Lancée au début du mois, la plus récente de ces mesures est un délai supplémentaire de 90 jours accordé aux employeurs du secteur informel pour obtenir gratuitement des permis de travail pour des réfugiés syriens, donc pour régulariser leur emploi. Les réfugiés syriens seraient ainsi sur un pied d'égalité avec les travailleurs migrants autorisés à travailler dans le bâtiment, l'agriculture, les services, le secteur alimentaire et des boissons, le commerce en gros et dans certaines usines.

L'exonération temporaire des taxes de permis (qui vont de 170 USD à 1 270 USD selon le secteur d'activité) constitue un sursis d'importance. Alors que la guerre se poursuit chez eux, de nombreux réfugiés syriens ont sombré dans la pauvreté, augmentant ainsi le risque de travail illégal. Cette récente période de grâce permet aux employeurs de Syriens de régulariser leurs emplois et d'éviter les fortes amendes (de 280 USD à 2 100 USD) imposées jusqu'à maintenant et qui ont déjà provoqué la fermeture de quelque 70 entreprises.

Depuis le début du mois de mars, les autorités jordaniennes ont également autorisé les réfugiés syriens à utiliser les cartes de demandeur d'asile délivrées par le HCR et les cartes d'identité du ministère de l'Intérieur de Jordanie pour obtenir des permis de travail. Auparavant, ces permis ne pouvaient être délivrés que sur présentation d'un passeport et d'une preuve d'entrée légale dans le pays. Comme la plupart des réfugiés syriens n'ont ni l'un ni l'autre, ils étaient nombreux à ne pas pouvoir obtenir d'emploi. Les autorités ont révoqué cette exigence, ouvrant ainsi la voie à un emploi légal pour des milliers de Syriens.

Le HCR plaide depuis longtemps en faveur d'un plus grand soutien à la Jordanie et aux autres principaux pays hôtes, notamment par un meilleur accès aux fonds de développement et aux taux d'intérêt faibles. Ainsi, la Banque mondiale est un élément décisif dans le soutien des nouvelles mesures jordaniennes. Elle s'est engagée sur des prêts de 300 à 500 millions USD liés à l'octroi des permis de travail aux réfugiés syriens à des taux approchant 0 %.

Ces efforts pour améliorer les moyens de subsistance des réfugiés syriens s'inscrivent aussi dans le droit fil de la conférence de Londres sur la crise syrienne. Centrée sur le besoin urgent de donner aux Syriens l'accès à l'emploi et à l'éducation, la conférence a inclus dans les moyens le renforcement de partenariats avec le secteur privé afin que les réfugiés et les communautés locales puissent participer ensemble au progrès économique.

Le HCR joue également un rôle dans l'amélioration de l'accès des réfugiés au marché du travail. Au début du mois, il a lancé un projet pilote pour aider 2 000 Syriens à trouver du travail dans le secteur de l'exportation vestimentaire. Ce projet entre dans le cadre d'un partenariat avec le programme « Better Work Jordanie » mis en place par l'Organisation internationale du travail. Chaque semaine, le HCR organise aussi pour les réfugiés syriens des foires de l'emploi dans les centres communautaires situés à proximité des zones industrielles intéressées, notamment à Irbid et Zarqa. Les premiers réfugiés devraient commencer à travailler dans les usines de vêtements la semaine prochaine.

Nous pensons que l'effet conjugué de ces différentes initiatives contribuera largement à mener les réfugiés syriens vers une plus grande autosuffisance et aura des retombées économiques positives pour la Jordanie, pays qui a souffert des conséquences macroéconomiques de son évolution et du coût élevé des combats en Syrie. Alors que la crise syrienne s'éternise, il est urgent d'améliorer la stabilité et la condition des réfugiés qui sont de plus en plus tributaires de l'aide.

Le HCR a enregistré plus de 640 000 réfugiés en Jordanie, et plus de 85 % d'entre eux vivent en dehors des camps. Selon une étude récente, neuf Syriens sur dix en dehors des camps vivent en dessous du seuil de pauvreté jordanien de 68 dinars jordaniens (JOD) soit 87 USD par personne et par mois.


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