Les Burundais continuent de fuir le pays un an après le début de la crise

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Leo Dobbs – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 22 avril 2016 au Palais des Nations à Genève.

Un an après le début de crise au Burundi, quelque 260 000 personnes ont fui vers les pays voisins et des milliers d'autres pourraient les suivre d'ici la fin de l'année si aucune solution politique n'est trouvée et si rien n'est fait pour éviter que la situation ne dégénère en guerre civile.

L'afflux de réfugiés se poursuit dans les pays voisins, même s'ils sont moins nombreux depuis quelques semaines car il devient plus difficile de traverser les frontières. De nombreux demandeurs d'asile et de nouveaux arrivants évoquent les violations des droits de l'homme au Burundi et notamment l'emploi de torture, de violence sexuelle, les arrestations arbitraires, l'intimidation, le recrutement forcé par des milices, les assassinats et l'extorsion de fonds. À ce jour, 259 132 personnes ont fui le pays et nous prévoyons notre intervention humanitaire sur la base de 330 000 réfugiés d'ici la fin de l'année.

L'aide internationale doit se poursuivre pour contribuer à diminuer les tensions et encourager un dialogue inclusif. Comme on ne peut espérer des retours en masse dans un avenir proche, le HCR prévoit, pour l'année à venir, de mettre davantage l'accent sur l'éducation des enfants et des jeunes et d'encourager les réfugiés à l'autosuffisance, en particulier à une époque où les déficits budgétaires signifient des coupes dans certains financements de l'aide.

Pour cette année, le HCR a besoin d'environ 175,1 millions de dollars pour ses opérations liées à la crise burundaise et à ce jour seuls 47,8 millions ont été versés, soit 27 pour cent. Nous avons de ce fait des difficultés à fournir les choses les plus élémentaires telles qu'abris, articles de ménage et toilettes. Il se pourrait même qu'il nous faille renoncer à mettre place certains services tels que l'accompagnement spécialisé, les soins pour les handicapés et les personnes âgées, la protection de l'environnement voire même les soins de santé primaires.

Parallèlement, la détérioration de l'économie burundaise pourrait encore aggraver la situation. Elle pourrait en effet entraîner encore plus de déplacements et donc une dégradation des conditions de retour des réfugiés. Dans les circonstances actuelles, la plupart des réfugiés et des milliers de personnes déplacées au sein du pays ne rentreront probablement pas chez eux.

Pourtant, pour ceux qui sont en Tanzanie (135 941 réfugiés), au Rwanda (76 404), en République démocratique du Congo (22 204) et en Ouganda (24 583), les conditions d'exil sont dures et un afflux important de nouveaux réfugiés rendrait leur vie encore plus difficile.

Ces pays continuent généreusement d'accueillir des réfugiés, en dépit de leur manque d'espace et des problèmes de capacités d'accueil. Ils auront néanmoins besoin d'un soutien international renforcé pour accueillir plus de réfugiés. Nous appelons les pays hôtes à garder les portes ouvertes et les bailleurs de fonds à maintenir et à renforcer leur soutien pour l'intervention en faveur des réfugiés.

Au Burundi, un an après, la situation reste tendue et caractérisée par des actes de violence sporadique qui ont fait plus de 400 morts depuis l'année dernière. Les réfugiés continuent de traverser les frontières vers les pays voisins à partir des provinces de Ruyigi, Muyinga, Kirundo, Rutana, Makamba, Rumonge, Bujumbura et Kibitoke, même si quelques-uns rentrent spontanément chez eux. On estime qu'au moins 25,000 personnes ont fui vers les régions plus sûres de Makamba, Rutana et Kirundo, mais la liberté de mouvement est de plus en plus restreinte.

TANZANIE

La Tanzanie qui accueille la majorité des réfugiés burundais en accepte en moyenne 130 par jour. La majeure partie des réfugiés burundais arrivés récemment (plus de 71 000) vit dans le camp surpeuplé de Nyarugusu, l'un des plus grands camps du monde avec ses 140 540 réfugiés. Les conditions y sont difficiles et le HCR a mis la priorité pour soulager les conditions de surpeuplement du camp. Les autres vivent dans les camps de Nduta et Mtendeli qui ont été rouverts pour réduire l'engorgement de Nyarugusu. Mais Nduta a atteint sa capacité maximale d'accueil de 55 000 personnes et dès la semaine prochaine, les nouveaux arrivants seront conduits à Mtendeli.

La gestion de l'environnement est un enjeu essentiel en Tanzanie et le déboisement dans les camps et aux alentours préoccupe le HCR. Le gouvernement nous a demandé de ne plus utiliser de poteaux de bois pour monter les abris et de distribuer des poêles économiseurs d'énergie.

RWANDA

Au Rwanda, on continue de recenser environ 130 nouveaux arrivants par semaine. Après avoir dû dépenser leurs dernières économies pour subsister, les réfugiés qui vivent dans les villes sont de plus en plus nombreux à demander au HCR de venir s'installer dans le camp de Mahama, situé dans la province orientale. Il devient donc urgent de construire plus d'abris dans le camp qui accueille déjà 48 500 réfugiés, dont presque la moitié sont des enfants.

OUGANDA

Le nombre de nouveaux arrivants en Ouganda a été relativement stable au cours des dernières semaines, comptant de 150 à 250 personnes par semaine en moyenne en avril (soit 25-35 par jour). La semaine dernière, 167 réfugiés burundais sont arrivés au centre d'établissement de Nakivale dans le sud-ouest du pays. Les réfugiés évoquent les difficultés pour traverser la frontière, en particulier sans papiers.

RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Le nombre de réfugiés burundais en République démocratique du Congo (RDC) est en augmentation constante. On a recensé environ 900 réfugiés au cours de chacun des trois premiers mois de l'année. Il s'agissait de Burundais arrivés récemment et de ceux qui étaient déjà dans le pays depuis un certain temps.

La plupart d'entre eux logent dans le camp de Lusenda qui accueille actuellement plus de 16 000 réfugiés pour une capacité totale de 18 000 personnes. D'autres réfugiés logent chez des familles d'accueil dans des conditions difficiles. Afin d'améliorer la situation, le HCR a, cette année, construit encore plus d'abris et d'établissements de santé et a amélioré l'approvisionnement en eau. Il est absolument prioritaire de soutenir la coexistence pacifique entre les réfugiés et la communauté qui les accueille.


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