Le HCR préoccupé par l'augmentation du nombre d'assassinats de dirigeants locaux en Colombie

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR William Spindler – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 17 novembre 2017 au Palais des Nations à Genève.

Des enfants afro-colombiens déplacés dans le « barrio » de Familias en Acción, construit sur un estuaire de l'océan Pacifique dans la ville colombienne de Tumaco. Les communautés afro-colombiennes de la région de la Côte Pacifique, en Colombie, ont connu des niveaux élevés de violence, en particulier dans les zones urbaines comme Tumaco. Photo d'archives 2008.   © HCR/Marie-Hélène Verney

C'est avec une inquiétude croissante que le HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, constate une augmentation du nombre d'assassinats et de menaces contre les défenseurs des droits humains et les dirigeants communautaires dans la région de la Côte Pacifique en Colombie. Dans la plupart des cas, les victimes appartiennent à des communautés autochtones et afro-colombiennes.

Il y a un mois aujourd'hui, le 17 octobre, José Jair Cortés, un dirigeant de la communauté afro-colombienne d'Alto Mira y Frontera à Tumaco, dans le sud-ouest du département de Nariño, a été tué par des membres d'un groupe armé inconnu. Depuis lors, et selon le bureau du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme en Colombie, au moins sept autres dirigeants ont été tués et de nombreux autres sont menacés. Au total, 78 morts connus de dirigeants et de membres d'organisations sociales ont été recensés cette année et au moins 13 autres meurtres sont présumés. Ces chiffres sont alarmants.

Dans le cas de M. Cortés, il était déjà sous la protection des autorités au moment de son assassinat, en raison de menaces répétées à son encontre. Il dirigeait le Conseil communautaire des Afro-Colombiens qui habitent cette région et qui ont été affectés par les déplacements massifs et le confinement. Quelque 1 500 personnes ont été déplacées en 2017 et beaucoup d'autres ont été confinées, ce qui signifie effectivement qu'elles ne peuvent pas accéder à leurs récoltes ou à la pêche pour pouvoir subvenir à leurs besoins. Entre le 7 et le 12 novembre, plus de 46 familles ont été déplacées depuis les municipalités de Barbacoas et Tumaco (département de Nariño). Selon les dirigeants de ces régions, le nombre réel de victimes pourrait être bien plus élevé car les habitants ont peur de dénoncer les abus.

La mise en œuvre de l'Accord de paix entre la Colombie et les FARC, qui a été annoncé il y a un an, a posé de nombreux défis aux communautés affectées par la présence de groupes armés et par des activités illégales, telles que le trafic de drogue et l'exploitation minière illégale. La vacance de pouvoir générée par la démobilisation des FARC a transformé de nombreuses zones en territoires disputés entre des groupes armés illégaux nouveaux ou déjà existants. Les retards et les problèmes liés à la mise en œuvre locale des principaux accords de paix, tels que la substitution volontaire de cultures illicites ou le développement local, ont accru l'incertitude dans un environnement où la présence de l'État demeure faible.

Assurer une protection suffisante aux populations les plus touchées, y compris les personnes déplacées internes, est essentiel à la poursuite des efforts de consolidation de la paix en Colombie. Le HCR exhorte les autorités colombiennes à mettre en œuvre des mesures de protection supplémentaires tant pour les personnes à risque que pour les communautés affectées. Ces mesures doivent inclure une présence policière dans les zones ciblées, la mise en place d'une infrastructure de télécommunication pour améliorer les communications, et d'autres mesures. De même, il importe de consulter les autorités ainsi que les communautés afro-colombiennes et autochtones de plusieurs départements affectés par la présence continue de groupes armés illégaux, afin de répondre efficacement aux défis posés par l'Accord de paix.

 

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