Le HCR prépare l'organisation des retours, fait valoir les conditions préalables au retour des réfugiés rohingyas

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 08 décembre 2017 au Palais des Nations à Genève.

Des réfugiés rohingyas rejoignent leurs nouvelles maisons avec des articles essentiels que le HCR leur a fournis dans un centre de distribution au camp de Kutupalong.  © UNHCR/ Andy Hall

Le 23 novembre, le Myanmar et le Bangladesh ont signé un accord sur le rapatriement librement consenti des réfugiés rohingyas. Les premières discussions entre le HCR et les autorités bangladaises sur les dispositions prévues n'ont pas encore eu lieu, mais nous y travaillons actuellement. Comme annoncé précédemment, tous les réfugiés ont le droit de rentrer chez eux, et ce seulement si les personnes ressentent que le moment et les circonstances sont favorables.

Le HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, n'était pas partie à l'accord, mais l’organisation est mentionnée dans le texte du document. L'arrangement prévoit la création d'un groupe de travail conjoint dans les trois semaines suivant la signature (c'est-à-dire avant le 14 décembre 2017). Nous nous tenons prêts à faire partie de ce groupe et à aider les deux gouvernements à trouver des arrangements permettant aux réfugiés d'exercer leur droit au retour - librement, dans la sécurité et la dignité. Nous estimons que cela devrait inclure un accord tripartite de rapatriement librement consenti.

Sur la base du texte de l'accord, nous sommes encouragés par le fait que les deux gouvernements ont convenu d'œuvrer pour une solution "globale et durable" ; de s'abstenir de concevoir et de mettre en œuvre toute politique discriminatoire violant les principes universellement reconnus des droits humains et que le Myanmar confirme son engagement à mettre en œuvre les recommandations de la Commission consultative sur l'État de Rakhine. Il s'agit notamment du développement socio-économique, de la citoyenneté, de la liberté de circulation, de la participation et de la représentation communautaires, de la cohésion intercommunautaire et de la sécurité pour toutes les communautés. Leur mise en œuvre sera essentielle non seulement pour créer un environnement propice aux retours dans la sécurité et la dignité, mais aussi pour assurer leur durabilité.

Actuellement, des réfugiés continuent d’arriver au Bangladesh. Le rétablissement de la paix et de la stabilité, la garantie du plein accès humanitaire et la lutte contre les causes profondes des déplacements sont des conditions préalables importantes pour que les retours soient conformes aux normes internationales.

De nombreux réfugiés rohingyas ayant fui au Bangladesh avant et après le 25 août ont subi de graves violences et de profonds traumatismes. Certains ont perdu des membres de leur famille, des proches et des amis. Leurs maisons et villages ont été incendiés et détruits. De profondes divisions entre les communautés restent sans solution et l'accès humanitaire est insuffisant. Il est essentiel que les retours ne soient pas précipités ou prématurés.

Les réfugiés auront besoin d'informations précises sur les conditions de vie dans les régions d'origine. Leur décision quant à leur avenir leur appartient, elle doit s’effectuer de leur propre choix après qu’ils aient été suffisamment informés.

Nous poursuivrons nos discussions sur les modalités de l'arrangement avec les deux gouvernements au cours des prochaines semaines et des prochains mois. Ces discussions devraient également apporter des éclaircissements sur le rôle du HCR dans le processus de retours librement consentis et apporter des solutions aux défis les plus urgents de l'arrangement, y compris sa portée, son calendrier et ses critères d'éligibilité.

Le HCR se tient prêt à aider les deux gouvernements à œuvrer en faveur d'une solution durable pour les réfugiés rohingyas actuellement au Bangladesh - qui réponde aux normes internationales relatives aux réfugiés et aux droits humains et, ce qui est essentiel, à faire en sorte que la voix des réfugiés soit entendue tout au long de ce processus.

 

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