Enquête du HCR parmi les réfugiés du Myanmar : la santé et sécurité dans les camps sont préoccupants ; forts liens communautaires

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Andrej Mahecic – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 19 décembre 2017 au Palais des Nations à Genève.

Des enfants rohingyas sont assis sous une lampe à énergie solaire, qui fait partie du kit d'urgence du HCR comprenant des articles non alimentaires. Ce kit est remis aux nouveaux arrivants, dans le camp de réfugiés de Kutupalong au Bangladesh.   © HCR/Andrew McConnell

Afin de mieux comprendre les préoccupations des réfugiés comme Sahar, le HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, vient de mener une enquête auprès de plus de 500 résidents des camps et installations de Kutupalong, Nayapara et Kerontoli/Chakmarkul.

Selon les résultats de cette étude, les conditions de vie exiguës et défavorisées suscitent de nombreuses préoccupations parmi les réfugiés. Malgré les difficultés, ils se sentent toutefois généralement en sécurité dans ces zones préservées où ils ont trouvé refuge par rapport à la situation qu'ils ont fui, et ils s’entraident.

L'étude, portant sur les hommes et les femmes, incluait également des dirigeants communautaires, des femmes célibataires, des personnes âgées ou handicapées. Réalisée avec des partenaires le mois dernier, elle a été conçue pour localiser les cas les plus vulnérables, informer sur les programmes du HCR et donner la priorité aux futurs efforts d’aide.

Les résultats ont mis en lumière plusieurs sujets d’inquiétude, notamment l'insécurité nocturne, compte tenu de la faiblesse des abris de fortune et du manque d'éclairage ; la crainte des vols et des enlèvements d'enfants ; le manque d'interaction avec les communautés d'accueil, néanmoins considérées comme favorables, et le fait que l'information dépend des dirigeants communautaires.

De plus, les infrastructures d’assainissement limitées entraînent des files d'attente et une utilisation excessive des latrines, ainsi que de l'anxiété chez certaines femmes sur le manque d'espaces privés pour se laver.

Les longues files d'attente pour les distributions de produits de première nécessité sont considérées comme l'un des aspects les plus difficiles de leur vie en tant que réfugiés.

Parallèlement, les enfants travaillent, collectent de l’eau potable aux points d'eau et se rendent dans des forêts éloignées pour le bois de chauffage, en tant que porteurs, peut-on encore lire dans les résultats de l’étude menée par le HCR. Les parents et les enfants sont impatients d’accéder à l'éducation et aux espaces récréationnels.

Le manque d'information sur les services de santé les préoccupe également. Souvent, les personnes atteintes de maladies chroniques ne prennent pas leurs médicaments du fait de l’éloignement des dispensaires. Des sentiments persistants de dépression et de rejet ont été identifiés, surtout chez les personnes âgées et handicapées; les jeunes sont inquiets et incertains quant à leur avenir.

Malgré toutes ces préoccupations et ces privations, le fait d'être contraint de fuir massivement semble avoir renforcé la cohésion sociale. Les membres de la communauté, en particulier les femmes et les jeunes, expliquent qu'ils partagent la nourriture et s'entraident dans les tâches quotidiennes, notamment en aidant les malades à se rendre à la clinique et en cuisinant.

Le HCR utilise les résultats de cette étude pour établir de meilleurs points d'information et renforcer le personnel d'aide ainsi que les partenariats; intensifier la communication bilatérale sur les services; créer des centres communautaires où peut être fourni un soutien psychologique; ajouter des installations pour les soins de santé chronique et mentale; et sensibiliser à la violence sexuelle et sexiste ainsi qu’à la protection de l'enfance.

Le HCR révise déjà son système de distribution afin de réduire les files d’attente et d’offrir une distribution directe aux personnes handicapées, tout en proposant des alternatives au bois de chauffage pour lutter contre le travail des enfants et aux problèmes environnementaux ainsi qu’en ajoutant des installations d’hygiène et des latrines pour les femmes.

D'autres projets comprennent la fourniture de kits d'abris améliorés avec des serrures, l'ajout de lampadaires dans les allées, des plantations et le renforcement des berges pour prévenir les glissements de terrain, ainsi que des activités de développement des compétences.

 

Pour de plus amples informations à ce sujet, veuillez svp contacter: