Des terrains sont nécessaires d'urgence pour construire des camps pour les réfugiés arrivant du Burundi

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR William Spindler – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 07 février 2017 au Palais des Nations à Genève.

Des abris du HCR en forêt dans la lumière et la brume du matin, au camp de réfugiés de Nduta en Tanzanie.   © HCR / Sebastian Rich

Alors que, chaque semaine, des centaines de réfugiés burundais continuent d’affluer dans les pays voisins du Burundi, le HCR demande aux gouvernements qui les accueillent de mettre à disposition davantage de terrains pour leur donner un abri et éviter une détérioration dramatique de leur condition.

Le nombre de personnes fuyant le Burundi, où les pourparlers de paix sont au point mort, a augmenté dans les premières semaines de 2017, ce qui renforce le besoin de terrains supplémentaires dans les pays d’accueil, notamment en Tanzanie, au Rwanda et en République démocratique du Congo. La majorité des réfugiés sont des femmes, des enfants et des personnes ayant des besoins particuliers.  

Début février, le nombre de réfugiés burundais arrivés depuis avril 2015 était de 386 493. Nos projections pour 2017 indiquent que le nombre de réfugiés franchira la barre du demi‑million. Actuellement, la Tanzanie, le Rwanda et la République démocratique du Congo accueillent respectivement 222 271, 84 866 et 32 650 réfugiés. 

Si ces pays ne mettent pas à disposition de nouveaux terrains pour accroître la capacité dans les camps ou construire de nouveaux camps, ils auront du mal à fournir suffisamment d’abris et à assurer les services vitaux dans les camps. Il importe aussi d’améliorer les installations dans les camps, en construisant des logements, des écoles et des centres médicaux, ainsi qu’en modernisant les dispositifs d’assainissement pour réduire le risque de maladie. 

Plusieurs défis et lacunes découlent du surpeuplement des camps, parmi lesquels l’accès aux services sociaux, la protection des enfants, la lutte contre la violence sexuelle et sexiste, le manque de classes, la prévention de l’absentéisme et l’assistance aux personnes ayant des besoins spécifiques. Le manque de terrains et l’augmentation de nombre d’arrivants exacerbent les problèmes.

Nous collaborons avec les gouvernements des pays d’accueil pour régler le problème du manque de terrains et nous sommes impressionnés par leur engagement, ainsi que par leur générosité, mais ces gouvernements doivent prendre des mesures supplémentaires pour éviter une dégradation dangereuse des normes et des conditions, y compris un nombre croissant de réfugiés dans un espace toujours plus réduit. 

Parallèlement, les pays donateurs doivent accroître leur aide et leur financement. L’année dernière, le HCR a recueilli 96,1 millions de dollars pour la crise au Burundi, soit 53 % de la somme demandée.

Tanzanie 

La pression est plus forte en Tanzanie, qui a accueilli davantage de réfugiés que tout autre pays. Les arrivées sont restées nombreuses en janvier, avec une moyenne de presque 600 par jour. La pression est grande sur tous les camps qui hébergent des réfugiés. De concert avec nos partenaires, nous exhortons le gouvernement à mettre à disposition de toute urgence des terrains pour la construction de nouveaux camps.

Depuis peu, Nduta, le seul camp à accepter de nouveaux arrivants, a largement dépassé sa capacité initiale d’accueil de 100 000 personnes. Les organisations humanitaires peinent à fournir les services de base et craignent l’émergence de crises sanitaires si le surpeuplement s’aggrave et si les installations n’arrivent pas à suivre le rythme.

République démocratique du Congo

La République démocratique du Congo se heurte à un manque de terrains au camp de Lusenda, où la population a presque doublé l’année dernière ; elle atteignait 25 000 personnes à la fin de 2016. En janvier, on a enregistré environ 1 040 Burundais. De plus en plus de personnes se trouvent dans des centres de transit et attendent leur transfert vers le camp.

La plupart des réfugiés burundais dans l’est de la République démocratique du Congo vivent à Lusenda, situé à quelque 70 kilomètres du Burundi. On a agrandi le camp à plusieurs reprises en 2016, mais il est presque plein. Les abris sont très proches les uns des autres, et le HCR craint que des incendies éclatent si l’on en ajoute. 

Le manque de terrains fait qu’il est impossible de donner aux réfugiés des parcelles à cultiver, ce qui les aiderait à être autonomes.   

Rwanda

Au Rwanda, le camp de Mahama accueille actuellement plus de 53 000 réfugiés, alors que sa capacité initiale d’accueil est de 50 000. Les réfugiés burundais vivant en milieu urbain et dont le nombre s’élève à 38 000, sont de plus en plus nombreux à demander leur transfert vers le camp, car ils ne s’en sortent plus dans les villes. Avec plus de 160 nouveaux arrivants par semaine en janvier (le double du nombre enregistré pendant la même période l’année dernière), de nombreux réfugiés vivent sous des bâches en plastique dans des hangars municipaux surpeuplés, en attendant d’être transférés dans des abris pour les familles. En plus de la mauvaise hygiène dans ces hangars, les conditions de vie présentent de graves risques en matière de protection, en raison du manque d’intimité. 

Il y a d’autres défis importants à relever à Mahama, notamment la dégradation des terrains, l’absence d’éclairage et les mauvaises installations d’assainissement, qui induisent des problèmes de santé et de sécurité. Après les fortes pluies, des ravins se forment, d’où une détérioration des conditions sanitaires. Il en découle des risques pour la santé, de possibles lésions corporelles pour les enfants et une dégradation des abris. Nous avons le projet de construire des logements mieux adaptés, mais le besoin de terrains supplémentaires est urgent. 

Ouganda

L’Ouganda, qui accueille environ 44 000 réfugiés burundais au total, a adopté une approche moderne en ce qui concerne l’installation des réfugiés, ainsi que leur gestion et leur protection. À leur arrivée, les réfugiés reçoivent des lopins de terre qu’ils cultivent et sur lesquels ils construisent leurs nouvelles maisons. Ils vivent dans les communautés ougandaises qui les accueillent. Le gouvernement a affecté des terrains spécialement pour l’accueil des réfugiés mais, pour que les réfugiés aient accès aux services essentiels, l’infrastructure locale doit faire l’objet d’investissements importants.

 

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