Discussions Bangladesh-Myanmar : le HCR souligne que les retours doivent respecter les normes internationales

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Andrej Mahecic – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 16 janvier 2018 au Palais des Nations à Genève.

Mohamad Kashim (40 ans) et sa fille Purmin (2 ans) comptent parmi des milliers de nouveaux arrivants rohingyas ayant traversé la frontière depuis le Myanmar vers le Bangladesh, près du village de Para Anjuman.   © HCR / Roger Arnold

Le HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, prend note de la réunion d'hier (15 janvier) du Groupe de travail conjoint sur les retours, à laquelle ont participé les Gouvernements du Bangladesh et du Myanmar, à Naypiydaw au Myanmar. Ils auraient discuté de la mise en œuvre de l'accord bilatéral signé le 23 novembre 2017 sur le retour des réfugiés arrivés de l'État de Rakhine au Myanmar au Bangladesh depuis le 25 août. Le HCR souligne l'importance du dialogue entre les deux Etats, concernant le droit des réfugiés au retour librement consenti chez eux. Pour faire entendre la voix des réfugiés et garantir leur protection au Bangladesh ainsi qu’à leur retour au Myanmar, nous souhaitons également participer à ces discussions.

Le HCR croit comprendre que les discussions d'hier entre le Bangladesh et le Myanmar ont concerné les modalités de retour des réfugiés au Myanmar. Comme pour toutes les situations de réfugiés, le HCR espère que les réfugiés pourront rentrer chez eux quand ils le décideront eux-mêmes. Avant d'envisager leur retour au Myanmar, certains réfugiés rohingyas au Bangladesh ont informé le personnel du HCR qu'ils auraient besoin de constater des évolutions positives sur leur statut juridique et leur citoyenneté, sur la situation sécuritaire dans l'État de Rakhine et sur leur capacité à exercer leurs droits fondamentaux dans leur pays d'origine.

Des problèmes majeurs doivent être surmontés. Il s'agit notamment de veiller à ce que les réfugiés soient informés de la situation dans les zones d'origine et de retour potentiel et qu’ils soient consultés sur leurs souhaits ; à ce que leur sécurité soit assurée tout au long de leur retour - au départ, en transit et dans le lieu de retour ; et, enfin, à ce que l'environnement dans les zones de retour soit propice à un retour sûr et durable.

Dans ce contexte, nous avons observé que le Gouvernement du Myanmar a entériné les recommandations de la Commission consultative de Rakhine dirigée par Kofi Annan et réitéré son engagement dans l'arrangement bilatéral conclu avec le Gouvernement du Bangladesh. Une mise en œuvre intégrale des recommandations de la Commission consultative de Rakhine est essentielle pour des retours durables. Ces recommandations soulignent l'importance d'assurer la paix et la sécurité pour toutes les communautés de l'État de Rakhine, de réduire les divisions communautaires et de trouver des solutions concernant le statut juridique et civique des communautés musulmanes. Nous attendons que le Myanmar mette en œuvre de toute urgence ces recommandations.

Au Myanmar, le HCR et ses partenaires ont besoin d'un accès urgent et sans entrave dans l'État de Rakhine, afin d'évaluer la situation et de fournir un soutien aux personnes qui sont toujours dans le besoin et de contribuer aux efforts de reconstruction. Quelques agences humanitaires ont de nouveau un accès limité dans le nord de l'État de Rakhine, mais le personnel du HCR n'est actuellement pas autorisé à se déplacer en dehors de la ville de Maungdaw.

Parallèlement, l’aide humanitaire se poursuit au Bangladesh. Ce week-end, le HCR et ses partenaires ont commencé à relocaliser, dans le camp de réfugiés de Kutupalong, plus de 9 400 réfugiés qui vivaient dans des zones frontalières isolées au Bangladesh.

Ces réfugiés avaient d'abord choisi de rester dans une zone reculée près de la frontière et située non loin de chez eux. Ils recevaient peu d'aide et n'avaient pas accès à l'éducation informelle ou aux soins médicaux. L'hôpital le plus proche pour les cas urgents était à plus d'une heure de route.

Ils ont accepté le transfert vers Kutupalong, où ils pourront plus facilement accéder à l'aide et aux services essentiels.

Ces deux derniers jours, plus de 400 d’entre eux ont été transportés par bus vers le camp de Kutupalong, où ils ont subi des examens médicaux et reçu des repas chauds, des articles de première nécessité et des kits d'abri. Ils ont indiqué au personnel du HCR qu'ils étaient heureux de se trouver dans ce camp avec d'autres membres de leur communauté, d’y recevoir de l'aide et de pouvoir dormir en paix. D’autres transferts auront lieu ces prochaines semaines.

 

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