Le HCR exhorte la Grèce à soulager les centres d'accueil surpeuplés dans les îles de la mer Égée

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Charlie Yaxley – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 31 août 2018 au Palais des Nations à Genève.

Une mère porte sa filled dans le Centre de réception et d'identification (RIC) de Vathy sur l'île de Samos, en Grèce. Février 2018.

Une mère porte sa filled dans le Centre de réception et d'identification (RIC) de Vathy sur l'île de Samos, en Grèce. Février 2018.   © HCR/Markel Redondo

Le HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, exhorte aujourd'hui le gouvernement grec à gérer la situation dans les Centres de réception et d'identification (RIC) des îles de la mer Égée, communément appelés « hotspots. »

Ces centres sont sévèrement surpeuplés, ce qui signifie que des milliers de demandeurs d'asile et de migrants, y compris de nombreux enfants, vivent dans des conditions sordides et qui se détériorent rapidement. Certains vivent dans ces centres depuis plus de six mois.

Le HCR demande aux autorités d'accélérer rapidement les procédures pour les personnes susceptibles d'être transférées sur le continent ; d'accroître la capacité d'accueil sur le continent pour les accueillir ; d'améliorer rapidement les conditions dans les centres d'accueil et de fournir des logements de remplacement pour les personnes les plus vulnérables.

La situation atteint un point d’ébullition dans le Centre de réception et d’identification de Moria, sur l'île de Lesbos, où plus de 7000 demandeurs d'asile et migrants sont entassés dans des abris construits pour accueillir seulement 2000 personnes. Un quart des résidents sont des enfants.

Environ 2700 personnes, principalement des familles syriennes et irakiennes, séjourneraient au RIC de Vathy sur l’île de Samos, dont la capacité initiale d’accueil est de moins de 700 personnes. Beaucoup vivent dans de fragiles tentes ou des abris de fortune. Ce problème risque de devenir vivement préoccupant s’il n'est pas réglé avant l'arrivée de l'hiver. Les personnes ayant besoin de soins médicaux sont obligées de faire la queue pendant des heures avant de recevoir un traitement.

Les centres de réception dans les îles de Chios et de Kos sont occupés à près du double de leur capacité initiale d’accueil.

Ces niveaux de surpeuplement n'ont pas été observés depuis mars 2016, quand les taux d'arrivée étaient beaucoup plus élevés. L'accès aux services est limité dans tous les RIC. Le HCR est particulièrement préoccupé par la vétusté des installations sanitaires, par les différends entre les communautés frustrées, la multiplication des agressions et des cas de harcèlement sexuel ainsi que le besoin croissant de soins médicaux et psychosociaux. Le HCR se félicite de l'hospitalité des communautés locales et est conscient de l'impact de cette situation.

Les enfants, y compris des centaines de jeunes - garçons et filles - non accompagnés, sont particulièrement à risque, de même que des dizaines de femmes enceintes, de nouveau-nés, de survivants de violences sexuelles et d'autres personnes extrêmement vulnérables.

Plus de 3000 demandeurs d'asile sur les îles ont été autorisés à rejoindre le continent, mais les transferts ont été ralentis en raison du manque d'hébergement et d'accueil sur le continent. Environ 800 demandeurs d'asile ont été transférés dans des sites sur le continent en août, mais cette mesure ne parvient pas à alléger la pression à mesure que davantage de personnes continuent d'arriver sur les îles. En moyenne, 114 personnes sont arrivées chaque jour au mois d'août, contre 83 en juillet. Plus de 70% sont des familles syriennes, irakiennes et afghanes.

Bien qu'il reçoive des fonds européens, le gouvernement tient difficilement ses engagements pour décongestionner les RIC dans les îles. Le HCR exhorte les autorités à redoubler d'efforts pour surmonter les retards administratifs et logistiques. Parallèlement, des mesures extraordinaires doivent être envisagées, y compris recourir à des logements d'urgence ou d'autres installations de remplacement, et encourager les autorités à travailler en étroite collaboration avec la société civile et les organisations non gouvernementales dans des domaines spécifiques comme les prestations de santé. 

Le HCR se tient prêt à fournir un appui aux autorités grecques en renforçant ses capacités et sa réponse opérationnelle ainsi qu'en transférant vers le continent les personnes éligibles au statut de réfugié. A la demande du gouvernement, le HCR a exceptionnellement accepté de continuer à financer le transport des demandeurs d'asile vers le continent en septembre, afin d'éviter de nouveaux retards.

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