Un soutien urgent est nécessaire pour aider les réfugiés éthiopiens arrivés au Soudan

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Babar Baloch – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 20 novembre 2020 au Palais des Nations à Genève.

Des réfugiés éthiopiens, qui ont fui les affrontements dans la région du Tigré au nord du pays, franchissent la frontière vers Hamdayet au Soudan, après avoir traversé la rivière Tekeze.

Des réfugiés éthiopiens, qui ont fui les affrontements dans la région du Tigré au nord du pays, franchissent la frontière vers Hamdayet au Soudan, après avoir traversé la rivière Tekeze.   © HCR / Hazim Elhag

Alors que le nombre de personnes ayant fui la région du Tigré en Éthiopie pour rejoindre l'est du Soudan dépasse désormais 33 000, le HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, travaille sans répit pour apporter une aide vitale aux femmes, aux enfants et aux hommes dans le besoin.

Les employés du HCR qui se trouvent au point de passage frontière de Hamdayet, dans l'État de Kassala, et à celui de Lugdi, dans l'État de Gedaref, continuent d'enregistrer des milliers de nouveaux arrivants chaque jour.

Les réfugiés nous ont déclaré que l’éruption soudaine des combats a brutalement interrompu le cours de leurs activités de la vie quotidienne. Nous avons rencontré des enseignants, des infirmières, des employés de bureau, des agriculteurs et des étudiants qui ont été littéralement pris par surprise. Beaucoup ont fui sans rien d'autre que les vêtements portés ce jour-là, puis ils ont dû marcher pendant des heures et traverser une rivière pour trouver refuge au Soudan.

Les réfugiés arrivent dans des régions reculées et dotées de très peu d'infrastructures. Il faut au moins six heures pour rejoindre Hamdayat depuis Kassala et pour se rendre au Village 8 - un autre endroit qui accueille temporairement des réfugiés. Les employés du HCR effectuant le suivi des arrivées à la frontière doivent prendre un ferry d'une capacité maximale de quatre véhicules, ou faire un détour de trois heures par la route.

Les besoins sont massifs, mais certains progrès ont déjà été réalisés pour y répondre, car une aide accrue arrive dans les zones frontalières. Des repas chauds sont toujours fournis, de l'eau est acheminée. Le HCR a déployé du personnel pour identifier les personnes les plus vulnérables ayant des besoins spécifiques. Davantage de matériel médical est acheminé vers les centres de santé, y compris des aliments thérapeutiques et complémentaires prêts à l'emploi.

Plus de 5000 réfugiés ont déjà été transférés depuis les zones frontalières vers le camp d'Um Raquba - à 70 kilomètres plus à l'intérieur des terres.

Le HCR a besoin d'un soutien immédiat des donateurs pour pouvoir continuer à aider les réfugiés en nombre croissant.

En Éthiopie, le nombre de déplacés internes augmente de jour en jour près de deux semaines après le début du conflit. Le manque d'accès auprès des personnes dans le besoin, combiné à l'incapacité d'acheminer du matériel de secours dans la région, reste un obstacle majeur. Nous sommes de plus en plus préoccupés par la sûreté et la sécurité de tous les civils dans la région du Tigré, y compris les 100 000 réfugiés érythréens qui se trouvent dans quatre camps dans cette région. Le HCR n'a plus de nouvelles de son personnel sur place depuis lundi. Nous sommes très inquiets.

Les réfugiés érythréens qui sont présents dans la région du Tigré étaient complètement dépendants de l'assistance, y compris la nourriture et l'eau, avant le début du conflit, et il est à craindre que les hostilités en cours affecteront fortement les services dans les camps. Les rations déjà fournies étaient prévues pour répondre aux besoins alimentaires jusqu'à la fin novembre. Il est donc nécessaire que les travailleurs humanitaires aient accès à ces camps et que de la nourriture supplémentaire soit distribuée afin d’éviter aux réfugiés d’être confrontés à une pénurie de vivres.

Le HCR se joint aux autres agences des Nations Unies pour exhorter toutes les parties au conflit à protéger les civils déplacés et à respecter la sécurité du personnel humanitaire, à établir un cessez-le-feu temporaire avec effet immédiat pour permettre la mise en place de couloirs humanitaires, et demande instamment un accès humanitaire immédiat et sans entrave auprès des personnes dans le besoin qui se trouvent dans les zones sous le contrôle respectif des parties belligérantes.

 

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