La violence au Burkina Faso force des réfugiés maliens à rentrer au Mali

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Babar Baloch – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 13 mars 2020 au Palais des Nations à Genève.

Fatima tient son bébé dans les bras auprès d'autres réfugiés maliens comme eux, dans le camp de Goudoubo au Burkina Faso, en attendant une distribution de kits d'hygiène.   © HCR / Sylvain Cherkaoui

L'insécurité au Burkina Faso oblige des civils en nombre croissant à fuir leur foyer en quête de sécurité dans leur propre pays ou à rejoindre le Mali en tant que réfugiés. Parallèlement, un nombre inquiétant de réfugiés maliens déclarent qu'il est désormais plus sûr de retourner dans leur pays d'origine, le Mali, plutôt que de rester au Burkina Faso.

Environ 14 000 personnes ont fui leur foyer au Burkina Faso au cours de la seule période des 17 derniers jours, ce qui porte à 780 000 le nombre total de déplacés internes. Les violences récentes ont également forcé plus de 2035 personnes à fuir vers le Mali voisin.

L'insécurité rend également la vie beaucoup plus difficile pour les réfugiés maliens qui avaient rejoint le Burkina Faso en quête de protection. Elle menace également de faire cesser les efforts déployés pour les aider à reconstruire leur vie. Le Burkina Faso accueille plus de 25 000 réfugiés maliens, mais beaucoup parmi eux choisissent de rentrer au Mali, et ce malgré l'insécurité qui y règne.

Le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, reste alarmé par la hausse spectaculaire des déplacements forcés au Sahel et réitère son appel pour la protection des populations civiles et des personnes qui ont fui la violence. Le personnel humanitaire a besoin d'un accès sûr pour acheminer l'aide. Notre réponse intensifiée à la crise se concentre sur les prestations de protection et la fourniture d'articles de première nécessité aux personnes déracinées et aux communautés qui les accueillent, en mettant particulièrement l'accent sur les abris, l'éducation, la prévention et la lutte contre la violence sexuelle et sexiste, tout en limitant l'impact sur la nature.

En novembre 2019, le HCR avait été contraint de relocaliser temporairement son personnel depuis Djibo, une ville située au nord-est du pays. Depuis lors, la distribution d'aide - notamment de vivres - aux 7000 réfugiés hébergés dans le camp de Mentao y est sporadique.

De violentes attaques très inquiétantes ont eu lieu ce mois-ci aux environs de Dori, et également dans le nord-est. Des camps et des villages ont été pris pour cible. Les habitants ne peuvent plus accéder aux marchés ou aux écoles et les activités pour venir en aide à ces familles se font rares. Leur santé est également en danger, car la seule ambulance du camp a été volée au début du mois de mars. Environ 70% parmi les 8781 réfugiés qui vivent à Goudoubo ont choisi de quitter volontairement le camp, soit pour retourner au Mali (57%), soit pour être relocalisés dans d'autres villes au Burkina Faso (13%).

Près de 700 réfugiés maliens sont déjà partis en camion en direction de la région de Gao, au nord du Mali. Les réfugiés qui souhaitent rentrer chez eux reçoivent un formulaire de rapatriement volontaire (FVR), un document qui leur permet de voyager. Une allocation unique pour couvrir les frais de transport et acheter des articles de première nécessité leur est délivrée. Ils sont également pleinement informés de la situation sécuritaire instable dans leur lieu d'origine ou d’autres régions de leur choix, avant d’y effectuer un retour librement consenti. Ni les acteurs humanitaires ni les forces de défense maliennes ne peuvent accéder à certains des villages dans les régions de Ntilit et de Ngossi.

Au Mali, alors que les premiers retours s’effectuent, nous renforçons notre présence, avec nos partenaires, dans les régions de N'tillit, Gossi, Gao et Tombouctou. 28 points d'enregistrement ont été identifiés pour suivre la situation aux points d'entrée et dans les zones d'accueil. Une fois enregistrés, les rapatriés recevront une aide en espèces pour faciliter leur réintégration dans la dignité en réduisant leur vulnérabilité.

Alors que les réfugiés maliens fuient l'insécurité survenant au Burkina Faso, des réfugiés nouvellement arrivés depuis le Burkina Faso ont fui vers Koro, dans le cercle de Bankass, une collectivité territoriale dans la région de Mopti. Nos équipes sur le terrain, en coopération avec les autorités locales, les enregistrent et évaluent leurs besoins afin de pouvoir leur fournir rapidement une aide.

 

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