Les civils sont menacés par l'escalade des combats à Marib au Yémen

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Aikaterini Kitidi – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 16 avril 2021 au Palais des Nations à Genève.

Mariam et ses petits-enfants chez eux à Marib. Ils avaient rejoint cette ville en janvier dernier après avoir fui les violences à Raima.

Mariam et ses petits-enfants chez eux à Marib. Ils avaient rejoint cette ville en janvier dernier après avoir fui les violences à Raima.   © HCR

Le HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, est vivement préoccupé par la sécurité des civils alors que le conflit s'intensifie dans le gouvernorat de Marib au Yémen. Les combats affectent de façon croissante les zones situées dans et autour de la ville de Marib, où un grand nombre de personnes déjà déplacées par le conflit en cours avaient trouvé refuge.

Au cours du premier trimestre 2021, au moins 70 incidents de violence armée - tirs d'obus, tirs croisés et frappes aériennes - ont blessé ou tué des civils à Marib, selon les partenaires du HCR pour la protection. Durant le seul mois de mars, 40 victimes civiles ont été dénombrées, dont 13 d’entre elles dans des installations informelles de déplacés. Il s'agit du bilan mensuel le plus lourd depuis 2018 à Marib.

Les frappes aériennes, les bombardements et les tirs croisés ont également gravement endommagé les infrastructures civiles et les habitations, y compris des sites informels de déplacés, des réservoirs d'eau et des abris. Le bétail a également été tué, privant de leurs moyens de subsistance des communautés déjà en proie à la pauvreté.

Depuis début 2021, l'escalade des hostilités a entraîné le déplacement de plus de 13 600 personnes (soit 2272 familles) à Marib - une région qui accueille un quart des 4 millions de déplacés internes au Yémen.

Le HCR renouvelle son appel à toutes les parties au conflit pour qu'elles prennent des mesures afin de protéger les civils, ainsi que les infrastructures civiles, y compris les sites de déplacés. Nous demandons que les civils puissent quitter les zones de conflit en toute sécurité, que leur choix de se déplacer vers des zones plus sûres soit respecté et que ceux qui décident de rester sur place continuent d'être protégés. Le caractère civil des sites de déplacés doit être maintenu afin d'éviter qu'ils ne deviennent d'éventuelles cibles militaires.

Les nouveaux déplacements de populations mettent à rude épreuve les services publics et les partenaires humanitaires en raison de la pénurie de fonds. La plupart des familles cherchent refuge dans des sites d'accueil dépourvus de services essentiels et surpeuplés dans la ville de Marib, et dans les zones voisines qui n’ont ni électricité ni eau. Selon notre personnel sur le terrain, les familles n'ont pas d'autre choix que de partager leur abri avec parfois jusqu’à trois autres familles.

Selon une récente évaluation du HCR sur la situation en matière de protection, les femmes et les enfants représentent près de 80% de la population déplacée à Marib. Environ un quart des enfants ne sont pas scolarisés. La plupart des familles déplacées (90%) vivent dans l’extrême pauvreté, avec moins de 1,40 dollar par jour.

Une famille sur quatre n'a pas accès à des toilettes, des douches ou des lavabos à proximité de son abri. Alors qu'une deuxième vague de Covid-19 frappe le Yémen et que seule la moitié des installations sanitaires du pays fonctionnent, ce manque d’équipements d’hygiène aggrave encore la situation.

Malgré la pénurie de fonds et une situation sécuritaire instable, le HCR fournit une allocation d’aide en espèces à des milliers de familles déplacées à Marib pour couvrir les besoins en nourriture, vêtements, soins médicaux et autres. Des tentes et des articles de première nécessité ont également été distribués aux familles qui ont tout perdu en fuyant les combats.

Un soutien urgent de la communauté internationale est nécessaire pour améliorer la situation désespérée des Yéménites déplacés qui endurent de sévères souffrances et traumatismes depuis ces six dernières années. Seulement 27% des besoins financiers du HCR pour l’aide aux personnes déplacées au Yémen ont été reçus jusqu'à présent.

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