Le HCR condamne l'attaque la plus meurtrière au Burkina Faso depuis des années

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Babar Baloch – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 08 juin 2021 au Palais des Nations à Genève.

Des déplacés internes au nord du Burkina Faso en novembre 2020.

Des déplacés internes au nord du Burkina Faso en novembre 2020.   © HCR/Anne Mimault

Le HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, condamne fermement la toute dernière attaque menée par des groupes armés et qui a tué au moins 138 civils au Burkina Faso. C’est l'attaque la plus meurtrière depuis 2015.

Le 5 juin, des hommes armés ont attaqué le village de Solhan au nord-est du Burkina Faso, dans la région du Sahel, près de la frontière avec le Niger. Les assaillants ont pris d'assaut le village au milieu de la nuit et ont exécuté 138 hommes, femmes et enfants. Les maisons et le marché ont été incendiés. Près de 40 personnes ont été gravement blessées et transportées dans les hôpitaux de la région et de la capitale, Ouagadougou.

Craignant pour leur vie, plus de 3300 personnes ont fui vers les villages voisins de Sebba et Sampelga, dont plus de 2000 enfants et plus de 500 femmes. Ces personnes sont arrivées avec peu ou pas d'effets personnels. La majorité d'entre elles ont été généreusement accueillies par des familles locales qui partagent leurs ressources limitées.

Les nouveaux arrivants ont d’urgence besoin d'eau et d'équipements d’assainissement, d'abris, d'articles de première nécessité et de soins médicaux. Les autorités ont fourni près de 400 tonnes de nourriture et des milliers d'articles de secours, tandis que les partenaires du HCR fournissent des soins médicaux et un soutien psychosocial.

En étroite collaboration avec les autorités, nos équipes et nos partenaires construisent 200 abris et aident les personnes nouvellement déplacées et d’autres civils affectés par l'attaque. Des ressources supplémentaires sont nécessaires pour intensifier la réponse.

Cette attaque d’une violence extrême survient quelques semaines seulement après que des hommes armés aient tiré sur des véhicules du HCR et de ses partenaires sur la route entre la ville de Dori et le camp de Goudoubo, où résident quelque 12 200 réfugiés et demandeurs d'asile maliens. Personne n'a été blessé, mais l'insécurité croissante et la présence de groupes armés dans plusieurs régions du Burkina Faso entravent de plus en plus l'acheminement de l'aide et la protection des personnes dans le besoin.

Le HCR est solidaire des familles des victimes, du peuple et du gouvernement du Burkina Faso, et appelle à une action concertée pour renforcer la protection des civils. Le HCR rappelle à toutes les parties que les organisations humanitaires mènent, de manière indépendante et impartiale, leurs activités pour sauver des vies.

Depuis 2019, les violences dans le pays ont déjà contraint plus de 1,2 million de Burkinabés à fuir leurs foyers. Depuis début 2021, quelque 150 000 personnes sont devenues des déplacés internes, dont 84 pour cent sont des femmes, qui sont exposées à un risque élevé de violence sexiste, ou des enfants, dont la moitié aurait été victime de violences physiques et d'abus. Au-delà des personnes déplacées, le Burkina Faso continue d'accueillir généreusement plus de 22 000 réfugiés et demandeurs d'asile, principalement originaires du Mali.

Dans la région du Sahel central, les pays voisins, le Mali et le Niger, ont également connu une forte augmentation de la violence et des déplacements. Le Mali accueille 372 000 personnes déplacées internes, soit une augmentation de 7 pour cent depuis le début de l'année 2021.

Au total, 237 000 réfugiés et 300 000 personnes déplacées vivent au Niger, avec une augmentation de 4000 réfugiés et 2000 personnes déplacées depuis le début de l'année suite à une augmentation des attaques dans les régions de Tillabéri et Tahoua. Au total, quelque 300 civils ont été tués depuis le début de l'année au cours de trois attaques majeures. De nombreuses personnes déplacées et certains réfugiés maliens figurent parmi les victimes.

Des ressources supplémentaires sont nécessaires de toute urgence pour répondre aux besoins humanitaires croissants, car le financement de la réponse du HCR demeure extrêmement faible. Les besoins de financement du HCR pour les pays du Sahel central (Burkina, Mali et Niger) en 2021 s'élèvent à 259,3 millions de dollars. Jusqu'à présent, seul un quart des fonds demandés a été reçu.

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