Le HCR encourage 35 000 Tatars de Crimée à présenter leur demande de naturalisation avant la fin de l'année

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a déclaré aujourd'hui que quelque 35 000 Tatars de Crimée qui avaient été banis de leur terre pendant les purges staliniennes, il y a plus de 50 ans, risquent de rater l'occasion d'acquérir la citoyenneté ukrainienne s'ils ne renoncent pas à leur présente citoyenneté ouzbèke afin de pouvoir bénéficier, d'ici la fin de l'année, des procédures simplifiées établies par le gouvernement ukrainien.

Les équipes mobiles du HCR ont visité des villages isolés où habitent ces personnes afin de les informer sur le délai du 31 décembre pour renoncer à leur citoyenneté ouzbèke et présenter leur demande de naturalisation ukrainienne.

En mai 1944, plus de 400 000 Tatars de Crimée ont été déportés en Asie centrale lors des purges de minorités menées par Staline. A la fin de la guerre froide et l'effondrement de l'Union soviétique, un quart de million de personnes sont retournées à leur terre ancestrale en Crimée, au sud de l'Ukraine, les autres restant dispersées en Asie centrale, principalement en Ouzbékistan.

Parmi ces rapatriés, 85 000 étaient des apatrides ou ne pouvaient pas demander la nationalité ukrainienne. Ceci a rendu leur réinstallation dans leur pays problématique, car ils ne pouvaient pas jouir des droits sociaux. Depuis 1996, le HCR collabore avec les autorités et donne des conseils aux rapatriés tatars de Crimée sur les questions relatives à la citoyenneté.

Ainsi, à ce jour, 50 000 d'entre eux ont pu acquérir la citoyenneté ukrainienne. Ce chiffre inclut 25 000 personnes qui étaient devenues apatrides parce que leur retour a eu lieu entre novembre 1991, quand la nouvelle loi sur la citoyenneté a été adoptée par l'Ukraine, et juillet 1992, quand l'Ouzbékistan a adopté sa nouvelle loi.

Autres 25 000 Tatars de Crimée ont bénéficié de l'Accord sur la prévention de la double nationalité signé par les gouvernements de l'Ukraine et de l'Ouzbékistan en août 1998, établissant une procédure accélérée pour renoncer à la citoyenneté ouzbèke et acquérir l'ukrainienne. Toutefois, 35 000 personnes doivent encore présenter leur demande avant la fin de l'année.

Près de 20 000 Tatars de Crimée sont aussi retournés en Ukraine d'autres pays de la Communauté d'Etats indépendants. Nombreux sont ceux qui trouvent des problèmes pratiques pour accéder à la citoyenneté ukrainienne. Le HCR collabore aussi avec le gouvernement ukrainien dans la négociation d'accords sur la citoyenneté avec d'autres pays, notamment le Kazakhstan, le Kirghizistan et le Tadjikistan.

Le HCR offre protection et assistance aux réfugiés, et veille au respect de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés. La réduction de l'apatridie fait aussi partie du mandat du HCR. La Convention de 1954 relative au statut des apatrides et la Convention de 1961 sur la réduction des cas d'apatridie sont les deux instruments internationaux destinés à prévenir et à réduire l'apatridie. Le HCR a lancé une campagne pour inciter tous les Etats à ratifier les instruments internationaux relatifs aux réfugiés et aux apatrides d'ici l'an 2000.