Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés célèbre la Journée internationale des migrants

Mercredi le 17 décembre 2008

GENEVE - Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres a publié la déclaration suivante à l'occasion de la Journée internationale des migrants, qui se déroule le 18 décembre.

« La migration internationale est une caractéristique essentielle du monde contemporain. A travers la planète, les gens sont poussés par-delà les frontières de leurs pays par les conflits armés et les désastres naturels, et sont attirés vers d'autres Etats par la perspective d'une sécurité et d'opportunités plus grandes que chez eux. Rarement dans l'histoire de l'humanité une telle quantité de personnes s'est déplacée d'un pays ou d'un continent à l'autre.

« La migration internationale contribue énormément à notre vie économique, sociale et culturelle. Elle aide à combler les lacunes du marché du travail et fournit, chaque année, des milliards de dollars aux pays en développement grâce aux rapatriements de fonds réalisés par les migrants. Elle permet aux gens d'améliorer leur éducation, d'acquérir de nouvelles compétences et de mieux mettre à profit leurs talents. Par ailleurs, elle contribue largement aux échanges d'idées et d'information à l'échelle mondiale, permettant à chacun d'entre nous de mener une existence plus variée et cosmopolite que par le passé.

« Mais la migration a aussi une dimension plus sombre, en particulier quand les gens se déplacent pour fuir des conditions insupportables chez eux et qu'ils n'ont pas accès aux passeports et visas qui leur permettraient de migrer d'une manière légale et sûre.

« Dans le monde entier, des réfugiés, des demandeurs d'asile et des migrants en situation irrégulière sont maintenus en détention et subissent des abus physiques. Nombre d'entre eux sont soumis au harcèlement, à la discrimination et à l'exploitation, entre autres par des trafiquants d'êtres humains et des passeurs qui s'attaquent aux personnes cherchant désespérément à se déplacer. La couverture médiatique sensationnaliste et le populisme politique ont contribué à la montée du racisme et de la xénophobie, qui prennent souvent pour cible les migrants les plus vulnérables et les plus visibles. En violation du droit international des réfugiés, les personnes dont la vie et la liberté sont menacées dans leur propre pays sont renvoyées aux frontières des Etats où elles espéraient trouver la sécurité et la sûreté.

« A l'occasion de la Journée internationale des migrants, souvenons-nous que tous les migrants, quels que soient la raison pour laquelle ils se déplacent et leur statut juridique, bénéficient de la protection des traités internationaux fondamentaux sur les droits de l'homme. Rappelons-nous aussi que parmi ceux qui sont en mouvement aujourd'hui se trouvent des personnes qui fuient les persécutions et le conflit armé, et qui méritent d'être traitées en respect de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés établie par les Nations Unies, qui a été signée à ce jour par presque 150 Etats.

« Quand cette convention a été établie, la communauté internationale a manifesté "sa profonde sollicitude qu'elle éprouve pour les réfugiés" et a souligné le besoin de garantir qu'ils puissent bénéficier de "l'exercice le plus large possible des droits de l'homme et des libertés fondamentales." A un moment où tant de régions du monde sont affectées par les violences, l'instabilité politique et la désintégration sociale, cela doit rester notre objectif. »