Le chef du HCR fait l'éloge de la Convention africaine sur les réfugiés qui, depuis 40 ans, a sauvé des millions de vies humaines

Déclaration du Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés

« Ce vendredi 20 juin n'est pas seulement la Journée mondiale du réfugié. Cette journée marque également le 40e anniversaire de l'entrée en vigueur d'une convention avant-gardiste ayant contribué à sauver la vie de millions de personnes sur le continent africain. Je parle, bien sûr, de la Convention de l'OUA régissant les aspects propres aux problèmes des réfugiés en Afrique.

Ce document essentiel a été signé et ratifié par 45 pays africains. Il est fondé sur la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés. Non seulement il a élargi la définition du réfugié pour y inclure les victimes des conflits et de la violence, mais il a également encouragé le partage de la charge et mis l'accent sur le rapatriement (pour aider les réfugiés à rentrer chez eux).

Depuis plus de 40 ans, cette Convention a permis à des millions de personnes ayant fui les conflits, les guerres civiles et les violations massives des droits humains, de trouver refuge dans des pays voisins en Afrique. La Convention africaine sur les réfugiés, comme on l'appelle communément, est considérée comme l'un des documents les plus généreux et flexibles au sujet de la protection des réfugiés.

La définition élargie de la Convention de l'OUA sur qui est un réfugié et les circonstances objectives les poussant à fuir a inspiré la Déclaration de Carthagène sur les réfugiés, adoptée en 1984 en Amérique latine. L'ensemble de ces documents régionaux a renforcé le concept de protection envers les réfugiés.

Depuis 1974, l'Organisation de l'unité africaine (OUA) est devenue l'Union africaine. Je suis fier de dire que je me suis rendu à Kampala en 2009, lorsque l'Union africaine a, une fois de plus, fait preuve d'innovation en adoptant la Convention de l'Union africaine sur la protection et l'assistance aux personnes déplacées en Afrique. Cette Convention de Kampala a marqué une étape importante dans la prévention et le traitement de l'une des crises humanitaires les plus pressantes sur le continent : les déplacements internes de populations.

Il y a quarante ans, lors de l'entrée en vigueur de la Convention de l'OUA, l'Afrique était en proie à des guerres d'indépendance et des conflits par délégation, initiés à l'époque de la guerre froide par les grandes puissances. Aujourd'hui, le continent est ravagé par une violence d'une autre nature. Des rebelles et des milices se battent pour des territoires et des ressources comme le pétrole, l'or, les diamants et les minéraux, dont les revenus alimentent l'économie de guerre.

Les pays africains ont constamment maintenu leurs frontières ouvertes aux réfugiés et ont compris (ils étaient même les pionniers) la notion de partage de la charge. A une époque en proie à tant de situations humanitaires d'urgence, la Convention de l'OUA et la Convention de Kampala nous montrent l'importance du respect des droits humains. Et pour cet anniversaire historique, ils lancent un appel au monde entier pour venir en aide aux communautés africaines qui, aujourd'hui, assument de façon disproportionnée la charge d'accueillir des réfugiés. »

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