Le chef du HCR Filippo Grandi exhorte à davantage de solidarité avec l'Italie

Des réfugiés et des migrants secourus en mer par un bâtiment de la marine italienne s'entretiennent avec un employé du HCR, tout en passant par ailleurs des examens médicaux et des vérifications d'identification au port de Catane, en Italie. Mai 2017.   © HCR / Medea Savary

« Ce qui se déroule sous nos yeux en Italie est une véritable tragédie. Le week-end dernier, 12 600 migrants et réfugiés sont arrivés sur les côtes italiennes. Par ailleurs, environ 2030 personnes ont perdu la vie en mer Méditerranée depuis début 2017.

Rappelons-nous que sauver des vies humaines demeure une priorité absolue. Des efforts essentiels sont déployés par les ONG, les garde-côtes italiens et les autorités gouvernementales pour la recherche et le sauvetage de toutes les personnes durant leurs tentatives de traversée. Nous sommes seulement au début de l'été et, sans une action collective rapide, il y aura encore davantage de tragédies en mer.

L'Italie remplit son rôle en accueillant les passagers secourus et en délivrant le statut de réfugié aux personnes ayant besoin de protection. Ces efforts doivent se poursuivre et être intensifiés. Toutefois ce problème, qui revêt une dimension internationale, ne peut pas continuer à être géré seulement par l’Italie. Il nécessite une approche régionale conjointe et globale.

L'Europe, tout particulièrement, doit pleinement s’engager par un système de répartitions urgentes, un engagement externe accru et des voies légales d'admission supplémentaires. Par ailleurs, la réponse à la crise immédiate doit s’accompagner d'efforts accrus de toutes les parties concernées, afin de lutter contre les causes profondes générant des pressions migratoires, d’améliorer la protection des personnes en transit ainsi que de réprimer les transferts clandestins et la traite d’êtres humains.

Contexte

Au total, 83 650 personnes ont déjà rejoint l'Italie par voie maritime depuis le début de l'année, ce qui représente une augmentation de près de 20% par rapport à la même période en 2016. Près de 200 000 places d'hébergement sont disponibles pour les réfugiés et les migrants à travers le pays, mais cette capacité d’accueil sera bientôt dépassée.

Parmi les arrivants, beaucoup ont besoin de soins et de soutien spécifiques. Par ailleurs, le nombre d'enfants non accompagnés ou de victimes de violence sexuelle et sexiste est alarmant. Beaucoup ont souffert d'événements extrêmement traumatisants, y compris l'extorsion, l'enlèvement, la violence sexuelle et les abus, que ce soit dans leurs pays d’origine ou dans les pays traversés durant leur périple vers l'Europe.

Le nombre d'enfants non accompagnés et séparés a progressé de 109% entre 2015 et 2016, pour atteindre 25 846 à la fin 2016.

 

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