Le HCR renforce son appui au programme ougandais d'aide des réfugiés

Un enfant réfugié de RDC durant l'enregistrement au centre de réception de Kyangwali.   © HCR / Michèle Sibiloni

Le HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, a annoncé aujourd'hui de nouvelles mesures pour apporter son appui au programme du gouvernement ougandais d’aide aux réfugiés, notamment via une vaste opération de vérification des données biométriques.

« Nous prenons très au sérieux les récents développements en Ouganda. Le programme d'aide aux réfugiés dans ce pays revêt une importance cruciale, compte tenu de l'ampleur de la situation d'urgence et du rôle modèle de l'Ouganda pour accueillir et abriter un si grand nombre de personnes en quête de protection internationale », a déclaré le Haut Commissaire assistant du HCR en charge des opérations, George Okoth-Obbo.

« Le 1er mars, pour apporter notre appui aux autorités ougandaises, nous lançons avec nos partenaires un vaste opération de vérification des données biométriques pour tous les réfugiés en Ouganda. Ce processus de ré-enregistrement et de vérification à l'échelle nationale sera essentiel pour aider le gouvernement à corriger les écarts dans les données sur les réfugiés », a-t-il ajouté.

Le HCR a déjà déployé du personnel, aux côtés des équipes d'urgence, pour démarrer cette opération. Au total, plus de 400 employés procéderont à l'enregistrement des réfugiés.

L'opération de vérification des données devrait s’achever d'ici septembre 2018 - y compris l'introduction de contrôles biométriques sur les sites de distribution de vivres. Le système biométrique du HCR, qui a déjà fait ses preuves, est déjà utilisé dans 48 pays à travers le monde et a permis d'enregistrer 4,4 millions de réfugiés.

Parallèlement, le Bureau de l'Inspecteur général, un service du HCR indépendant, applique rigoureusement ses propres dispositifs de contrôle et de vérification préalable, en menant notamment  des enquêtes sur plusieurs allégations reçues en 2017 concernant des détournements de carburant, une plainte pour exploitation et abus sexuels, des appels d'offres irréguliers pour le transport de l'eau par camion-citerne ainsi que des fraudes dans les achats et la distribution de vivres.

L'Ouganda a ouvert une enquête en janvier, après que le HCR et le Programme alimentaire mondial (PAM) ont reçu des informations faisant état d’allégations de corruption et de graves fautes commises par des fonctionnaires ougandais pour l'aide aux réfugiés.

« Pour être clair, ces allégations ne concernent pas le HCR. Notre investigation a pour objectif de soutenir la récente enquête mise en œuvre par le Premier Ministre ougandais pour lutter contre la corruption et les fautes graves commises par ses propres fonctionnaires », a déclaré George Okoth-Obbo.

« Au HCR, nous avons une tolérance zéro à l'égard des fautes graves, des abus et de l'exploitation. Chaque signalement ou allégation fait l'objet d'une évaluation approfondie », a souligné George Okoth-Obbo.

Les allégations concernant d'autres organisations des Nations Unies ou les partenaires opérationnels ont été soumises aux organisations concernées pour enquête interne, et celles concernant les fonctionnaires ou les entités gouvernementales ont été transmises aux autorités ougandaises. Le HCR suit de près les résultats de ces enquêtes et coopère étroitement avec les autorités ougandaises et d'autres partenaires.

Le HCR renforce également ses activités de suivi et de contrôle, afin d'éviter que ces événements ne se reproduisent, y compris par le déploiement de responsables plus expérimentés pour établir des garanties supplémentaires.

Ces nouvelles mesures sont mises en œuvre parallèlement à la fin de mandat du Représentant actuel du HCR et à l’arrivée prochaine d’un haut dirigeant.

« Durant son affectation en Ouganda, M. Bornwell Kantande a fait preuve d'un engagement sans faille, dirigeant l'opération du HCR dans un environnement particulièrement difficile et théâtre de multiples afflux de réfugiés - l'Ouganda accueillant désormais la plus importante population réfugiée de tous les pays d'Afrique. Après trois ans en tant que Représentant, il sera bientôt affecté à une nouvelle mission et je lui accorde pleinement mon soutien et ma confiance », a déclaré le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi.

L'Ouganda assure une protection à plus d'un million de réfugiés, tout en maintenant une politique de porte ouverte aux personnes qui fuient les conflits et les persécutions.

« Nous avons besoin d'une réponse forte et collective pour renforcer les programmes d’aide aux réfugiés en Ouganda, tout en tirant les leçons de la situation actuelle », a conclu George Okoth-Obbo du HCR.

 

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