Le HCR remercie l'Indonésie et la Malaisie pour le sauvetage et le débarquement des réfugiés rohingyas, appelle les pays de la région à se conformer aux obligations en matière de recherche et de sauvetage maritime

Des boat people rohingyas - bloqués au large de la côte près de Geulumpang dans le district d'Aceh-Est, province d'Aceh, en Indonésie – attendent d'être secourus. Photo d'archives, 20 mai 2015.   © AFP/Januar

Le HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, est reconnaissant aux autorités indonésiennes et malaisiennes d'avoir secouru trois bateaux et débarqué un total de 140 réfugiés rohingyas qui avaient fui le Myanmar par la mer en avril. Les réfugiés sont en sécurité et en bonne santé pour la plupart. D'après les premières informations, 10 autres réfugiés ont péri en mer. Depuis le début de la toute dernière crise des réfugiés rohingyas en août 2017, plus de 200 personnes auraient perdu la vie dans le golfe du Bengale, principalement lors de la traversée depuis le Myanmar vers le Bangladesh.

Des employés du HCR ont pu rencontrer les nouveaux arrivants en Indonésie et le HCR a reçu de la part des autorités malaisiennes l'assurance de pouvoir accéder à ceux qui se trouvent en Malaisie. Le HCR est vivement reconnaissant aux pêcheurs indonésiens et aux autorités indonésiennes d’avoir fourni une assistance vitale à ces réfugiés.

Les trois bateaux avaient quitté des localités situées au centre de l'État de Rakhine, au Myanmar. Il s'agit des premiers mouvements maritimes confirmés de réfugiés rohingyas dans la mer d'Andaman depuis mai 2015, date à laquelle des interceptions et des retards dans le débarquement de plusieurs milliers de réfugiés et de migrants avaient entraîné des dizaines de morts en mer.

Le HCR est préoccupé par les récits de certains réfugiés récemment débarqués selon lesquels leurs navires avaient été interceptés par les autorités qui ne les ont pas débarqués dans le lieu en sécurité le plus proche. Ces pratiques mettent non seulement en danger la vie des réfugiés, mais peuvent également contrevenir au droit maritime international.

« Pour éviter toute nouvelle perte en vies humaines, le HCR appelle tous les gouvernements de la région à respecter leurs obligations maritimes et l'esprit de la Déclaration 2016 de Bali en portant secours aux réfugiés, en les débarquant dans les lieux en sécurité les plus proches et en s'abstenant de procéder à des interceptions risquées en mer qui ne sont pas destinées à sauver des vies », a déclaré James Lynch, Représentant régional et Coordinateur régional du HCR pour l'Asie du Sud-Est.

Les passagers à bord de la première des trois embarcations ont été débarqués à Langkawi en Malaisie, le 3 avril dernier, après une brève escale au sud de la Thaïlande et avoir été escortés en mer par les autorités thaïlandaises. Il n'a pas encore été clairement défini si cette opération s’est déroulée de plein gré pour les réfugiés. Les 56 réfugiés à bord - 18 femmes, 19 hommes et 19 enfants - sont aujourd’hui détenus au Centre de Belantik pour la détention et l'immigration.

Le deuxième bateau a été secouru par des pêcheurs indonésiens avec cinq survivants à son bord : une femme, deux hommes et deux enfants. Ils ont été ramenés à terre à Langsa, en Indonésie, le 6 avril dernier et ont été enregistrés par le HCR. Les survivants ont déclaré au HCR avoir été interceptés par les autorités du Myanmar et qu'une dizaine d'autres réfugiés à bord de leur navire avaient trouvé la mort ou ont disparu en mer.

Un troisième bateau transportant 79 réfugiés rohingyas - 12 femmes, 31 hommes et 36 enfants - a été secouru par des pêcheurs indonésiens et les passagers ont été débarqués à Bireuen en Indonésie, le 20 avril dernier. Le HCR enregistre ce groupe et travaille avec les autorités locales pour leur fournir des soins médicaux, de la nourriture et un abri temporaire. Plusieurs réfugiés parmi ce groupe ont déclaré avoir été interceptés par les autorités thaïlandaises.

Bien que les communautés rohingyas aient signalé d'autres embarcations qui pourraient être actuellement en mer, le HCR n’est pas en mesure de confirmer la présence de bateaux rohingyas naviguant actuellement vers ou à travers la mer d'Andaman. Ces dernières années avaient été le théâtre de mouvements maritimes beaucoup plus importants de réfugiés rohingyas et de migrants bangladais. Toutefois ces mouvements diminuaient pendant la saison des pluies en raison de conditions de navigation dangereuses. Des milliers de réfugiés rohingyas continuent néanmoins de traverser la frontière vers le Bangladesh chaque mois, souvent par voie fluviale ou maritime, à bord de radeaux ou de bateaux de fortune qui chavirent la plupart du temps, ce qui a causé la mort de plus de 200 réfugiés depuis le mois d'août.

Le HCR appelle de nouveau le Gouvernement du Myanmar à prendre des mesures pour lutter contre les causes profondes du déplacement, conformément aux recommandations de la Commission consultative sur l'État de Rakhine, afin que les membres de la communauté rohingya ne soient pas obligés de fuir et d'entreprendre ces traversées dangereuses. Pour cela, il faut des progrès concrets pour leur statut juridique et leur citoyenneté, leur sécurité et leur capacité à exercer leurs droits fondamentaux chez eux dans l'État de Rakhine - y compris dans les cantons du centre de l'État de Rakhine d'où ces trois embarcations sont parties.

 

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