Les chefs du HCR et de l'OIM s'entretiennent des défis à venir avec les ministres de l'Intérieur des pays de l'UE

Communiqué de presse conjoint HCR-OIM

BRUXELLES, Belgique - Aujourd'hui, Filippo Grandi, Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, et Antonio Vitorino, Directeur général de l'OIM, ont participé à un déjeuner avec les ministres européens participant au premier Conseil Justice et Affaires intérieures à Luxembourg après les élections du Parlement européen, pour discuter des défis à venir en matière d'asile et de migration.

Le Haut Commissaire du HCR et le Directeur général de l’OIM ont appelé à un fort leadership en matière d'asile et de migration et ont souligné que le meilleur moyen d'assurer une migration sûre, ordonnée et régulière est d'adopter une approche pangouvernementale et en étroite coopération avec les partenaires.

Malgré l’importante diminution des arrivées de demandeurs d'asile et de migrants en Europe depuis 2016, une approche globale sur ces questions continue de faire défaut. Plusieurs domaines clés ont été identifiés, pour lesquels un leadership s'impose d'urgence.

La détérioration de la situation en Libye a été soulignée comme nécessitant des réponses plus urgentes, alors que les efforts de paix se poursuivent. Le Haut Commissaire du HCR et le Directeur général de l’OIM ont rappelé que la Libye n'est pas un pays sûr pour le débarquement compte tenu des conditions actuelles qui font de ce pays un lieu dangereux et inadapté pour les réfugiés et les migrants.

De plus, les conditions sont effroyables dans les centres de détention où les personnes sont transférées. Un soutien accru est nécessaire pour les personnes qui sont prises au piège en Libye, y compris via un soutien plus actif au mécanisme de transit d'urgence depuis la Libye généreusement facilité par le Niger, ainsi que des alternatives au débarquement en Libye.

Dans ce contexte, un meilleur partage des responsabilités est nécessaire et l'UE a été fortement encouragée à montrer l'exemple. Le Haut Commissaire du HCR et le Directeur général de l’OIM se sont félicités des progrès réalisés concernant le dispositif temporaire pour le débarquement au sein de l'UE. Toutefois, ils ont réitéré leur proposition d'un mécanisme prévisible, notant qu'il n'était toujours pas en place. Chaque bateau à la dérive en mer Méditerranée est une preuve supplémentaire que cette situation ne peut plus durer. Ils ont également noté les progrès réalisés en Afrique du Nord dans le développement d’un espace de protection. Par ailleurs, ils ont appelé à un changement de discours axé sur le partenariat avec des pays extérieurs à l'UE et le partage des responsabilités au niveau mondial.

Parallèlement, ils ont appelé à un financement accru et plus judicieux à long terme pour aider les personnes déracinées à reconstruire leur vie dans les pays d'accueil et pour soutenir les conditions de retour dans les pays d'origine dans la sécurité et la dignité. Une politique globale sur la réintégration est la clé de la durabilité.

Tout en se félicitant du fait que les États membres de l'UE ont augmenté le nombre d'arrivées de personnes réinstallées ces dernières années, le Haut Commissaire du HCR et le Directeur général de l’OIM ont souligné la nécessité de places supplémentaires de réinstallation et de voies de migration légales.

Le Haut Commissaire du HCR et le Directeur général de l’OIM ont également exprimé l'espoir qu'en cette période critique, avec une nouvelle Commission européenne en formation, la réforme du régime d'asile européen commun prenne un nouvel élan.

Il est temps de tirer les leçons de ces dernières années et de mettre en place des systèmes qui fonctionnent. Le Haut Commissaire du HCR et le Directeur général de l’OIM se sont fermement engagés à soutenir l'UE et les États membres dans ces efforts.

 

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