Les menaces de mort et les violences des gangs forcent davantage de familles à fuir le nord de l'Amérique centrale, selon une enquête du HCR et de l'UNICEF

Une famille hondurienne qui a fui les menaces des gangs durant la pandémie de Covid-19 est photographiée dans un centre d'hébergement au Guatemala.

Une famille hondurienne qui a fui les menaces des gangs durant la pandémie de Covid-19 est photographiée dans un centre d'hébergement au Guatemala.   ©  HCR/Luis Sanchez Valverth

Les menaces de mort, le recrutement forcé par les gangs, l’extorsion et d’autres formes de violences ciblées poussent un nombre accru de familles dans le nord de l’Amérique centrale à fuir leur foyer en quête de sécurité dans d’autres pays, selon une nouvelle étude du HCR et de l’UNICEF publiée aujourd’hui.

Près de 20 pour cent parmi 3100 personnes sondées qui migrent avec leur famille ont cité les violences – y compris les menaces de mort, l’extorsion, le recrutement forcé par les gangs et les violences domestiques – comme principal motif de leur décision de quitter leur communauté. Plus de 30 pour cent d’enfants migrants non accompagnés interviewés ont mentionné certains types de violence en tant que principal motif de leur exode, ce qui a affecté également leur capacité à accéder aux services essentiels, comme la scolarisation.

Les résultats de l’enquête contribuent à expliquer la dynamique qui sous-tend la hausse alarmante de 456 pour cent concernant les familles appréhendées à la frontière méridionale des Etats-Unis l’an dernier. Ce chiffre a grimpé en flèche de près de 77 800 familles en 2018 à plus de 432 000 en 2019.

« Cette évolution démographique de l’exode depuis le nord de l'Amérique centrale reflète une sinistre réalité sur le terrain dans les pays d'origine où des familles entières sont menacées et fuient ensemble en quête de sécurité » a déclaré Giovanni Bassu, Représentant régional du HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, pour l’Amérique centrale et Cuba.

Dans le nord de l’Amérique centrale, au sein des communautés frappées par l’extrême violence, les attaques des gangs et les activités criminelles, les jeunes adultes, hommes et femmes, ainsi que les adolescents sont particulièrement vulnérables. Les violences, et tout particulièrement les menaces de mort liées au recrutement forcé, touchent directement les enfants et les adolescents. Les enfants ont décrit avoir été confrontés à plusieurs facteurs d'incitation au départ, notamment différents types de violences ainsi que le manque d'opportunités et de services dans leur pays. Les adultes ont expliqué avoir reçu des menaces de gangs visant toute leur famille, ce qui a conduit beaucoup d'entre eux à quitter leur communauté avec tous leurs enfants, afin de ne laisser aucun proche en situation de danger.

« Beaucoup de gens dans le nord de l’Amérique centrale courent littéralement pour sauver leur vie, alors que des gangs visent des familles entières, y compris des enfants, ce qui les force à fuir », a indiqué Jean Gough, Directeur régional de l’UNICEF pour l’Amérique latine et les Caraïbes. « Ils ne laissent aucun proche derrière eux, car ils craignent des représailles de la part des gangs dans les communautés. Désormais, depuis l’arrivée de la pandémie de Covid-19 et deux ouragans dévastateurs qui ont frappé l’Amérique centrale, la paupérisation et la hausse des violences devraient pousser encore davantage de familles à l’exode dans les semaines et les mois à venir. »

A la fin 2019, plus de 800 000 personnes originaires du Salvador, du Guatemala et du Honduras ont fui en quête de protection soit au sein de leur pays, soit en traversant des frontières internationales en quête d’asile pour échapper aux menaces interdépendantes, y compris l'escalade des violences et de la persécution des gangs, entre autres facteurs de départ. Alors que certaines jeunes femmes et filles sont victimes de violences sexuelles et sexistes perpétrées par des membres de gangs, les jeunes hommes sont exploités à des fins criminelles, notamment le transport de drogue, ou sont embrigadés au sein de groupes criminels.

Depuis la pandémie de Covid-19, les strictes restrictions de mouvement et les fermetures des frontières ont limité les options pour les personnes qui fuient le danger, en particulier dans les pays du nord de l’Amérique centrale : Salvador, Guatemala et Honduras. Parallèlement, les nombreuses formes de violences et de persécution, ayant généré des déplacements forcés dans cette région depuis des années, se poursuivent et, dans certains cas, ont empiré durant le confinement.

Le HCR et l’UNICEF appellent les Etats à se conformer à leurs obligations internationales en garantissant aux personnes forcées de fuir leur pays ou leur communauté le plein exercice de leurs droits humains, et ce à tous les stades du déplacement, en mettant l'accent sur les droits des personnes ayant des besoins spécifiques en matière de protection. Les Etats sont également appelés à veiller à traiter les enfants et les adolescents déracinés avant tout comme des enfants, et à ce que les efforts d’aide et les prises de décisions les concernant soient guidés par l’intérêt supérieur de l’enfant, qu'ils voyagent seuls ou avec leur famille.

L’enquête « Families on the run » est disponible ici

A propos du HCR

Le HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, est une organisation mondiale dont le travail est dédié à sauver des vies, à protéger les droits et à construire un avenir meilleur pour les réfugiés, les communautés déplacées et les apatrides. Le HCR s’efforce d’assurer que chacun puisse bénéficier du droit d’asile et trouver refuge en toute sécurité, après avoir fui les violences, la persécution, la guerre ou une catastrophe naturelle dans son pays. Le HCR aide à sauver des vies et à construire un avenir meilleur pour des milliers de personnes forcées de fuir leur foyer.
Pour en savoir plus sur le HCR, consultez www.unhcr.org/fr/en-bref.html

A propos de l’UNICEF

Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) est présent dans certains des endroits les plus difficiles de la planète et s’efforce d’atteindre les enfants les plus démunis. Dans plus de 190 pays et territoires, l’UNICEF intervient en faveur de chaque enfant, partout, afin de construire un monde meilleur pour tous.
Pour en savoir plus sur l’UNICEF et son travail auprès des enfants, consultez https://www.unicef.org/lac/en

 

Pour de plus amples informations à ce sujet, veuillez svp contacter :

  • Diana Diaz, HCR, Bureau pour l’Amérique centrale et Cuba + 507 66463469 [email protected]
  • William Spindler, HCR, Bureau régional pour les Amériques, [email protected]
  • Sibylla Brodzinsky, HCR, Bureau régional pour les Amériques, + 52 55 8048-5054 [email protected]
  • Laurent Duvillier, UNICEF, Bureau pour l’Amérique latine et les Caraïbes, + 507 6169 9886, [email protected]
  • Alfonso F. Reca, UNICEF, Bureau pour l’Amérique latine et les Caraïbes, +507 69412277, [email protected]