Déclaration conjointe du gouvernement du Kenya et du HCR : une feuille de route pour les camps de réfugiés de Dadaab et de Kakuma

Le complexe de réfugiés de Dadaab est situé dans le nord du Kenya. Il comptait une population de plus de 200 000 réfugiés et demandeurs d'asile à la fin du mois de mars 2020.

Vue aérienne du complexe de réfugiés de Dadaab au nord du Kenya.   © HCR

Le président Uhuru Kenyatta a rencontré ce jour le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés Filippo Grandi à Nairobi pour discuter des problèmes liés aux réfugiés et aux demandeurs d’asile dans la région, et recevoir des informations sur le statut des camps de réfugiés de Kakuma et de Dadaab, après les réunions du chef du HCR avec les ministres Dr Fred Matiang’i et Amb. Raychelle Omamo.

Cette réunion intervient après l’information communiquée par le gouvernement sur son intention de préparer la fermeture prochaine des camps de réfugiés au Kenya. Une équipe conjointe composée de fonctionnaires kényans et du HCR sera donc établie pour finaliser et mettre en œuvre une feuille de route reprenant les prochaines étapes d’une gestion respectueuse de la dignité humaine des réfugiés dans les deux camps.

Cette feuille de route, qui a été présentée au gouvernement kényan début avril, inclut le rapatriement librement consenti de réfugiés dans la sécurité et la dignité, le départ vers des pays tiers dans le cadre de plusieurs dispositifs, et des options d’intégration locale au Kenya pour certains réfugiés originaires de pays de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE).

« Nous sommes déterminés à mener à bien le programme de rapatriement que nous avons lancé en 2016, dans le respect de nos obligations internationales et de notre responsabilité nationale. Nous réitérons donc notre position antérieure de fermer les deux camps de Dadaab et de Kakuma d'ici le 30 juin 2022 », a indiqué le ministre Fred Mathiang’i.

Le gouvernement du Kenya et le HCR s’accordent sur le fait que les camps de réfugiés ne constituent pas une solution durable au déplacement forcé et s'engagent à travailler ensemble pour trouver des solutions alternatives et conformes aux principes de partage des responsabilités et aux objectifs énoncés dans le Pacte mondial sur les réfugiés.

« Je suis convaincu que le gouvernement et le peuple du Kenya continueront à faire preuve de leur généreuse hospitalité envers les réfugiés, comme c’est le cas depuis près de trois décennies, alors que nous menons des discussions pour trouver les solutions les plus durables, appropriées et fondées sur les droits pour les réfugiés et les demandeurs d’asile qui résident dans les camps de réfugiés de Dadaab et de Kakuma », a déclaré le Haut Commissaire.

« Il faut considérer la fermeture des camps comme un objectif à atteindre. Nous ne chassons pas les gens, mais un camp n'est pas un lieu de vie à durée indéterminée. C'est un endroit où le temps est suspendu. Personne ne devrait vivre dans l'incertitude ou dans des conditions indignes, génération après génération. Nous travaillons aujourd’hui sur la manière d'atteindre cet objectif par des efforts en coopération, conformément au Pacte mondial sur les réfugiés », a déclaré l'Amb. Raychelle Omamo, ministre des Affaires étrangères.

Le Haut Commissaire Filippo Grandi s’est félicité de l’engagement continu du gouvernement envers le Pacte mondial sur les réfugiés durant ce processus. « Je suis rassuré par les promesses du gouvernement selon lesquelles le pays continuera à assurer la protection et à fournir des services aux demandeurs d’asile et aux réfugiés au Kenya pendant la recherche de solutions. »

Parmi les activités initiales énoncées dans la feuille de route du gouvernement figure une résolution unanime et récemment approuvée par les ambassadeurs et les représentants des pays d'Afrique de l'Est qui entretiennent des relations diplomatiques avec le Kenya, lors d'une rencontre avec une délégation dirigée par le ministre de l'Intérieur, le Dr Fred Matiang'i.

« Les réfugiés originaires des pays d’Afrique de l’Est auront le choix de recevoir un permis de travail à titre gracieux pour faciliter leur insertion dans les communautés kényanes, ou de rentrer dans leur pays d’origine », a indiqué le ministre Fred Mathiang’i.

Une vérification biométrique des Kényans actuellement enregistrés aussi en tant que réfugiés devrait démarrer sous peu. Elle permettra de délivrer des documents d’identité appropriés aux citoyens kényans et de garantir leur retrait de la base de données des réfugiés.

Le Kenya a assumé ses responsabilités en hébergeant les réfugiés depuis près de trois décennies, et les camps tentaculaires ont dépassé leur capacité d'accueil. Le gouvernement a également exprimé de profondes inquiétudes quant à la sécurité des Kényans et des réfugiés dans le camp.

Actuellement, 433 765 réfugiés vivent dans les camps de Dadaab et de Kakuma.