Une table ronde mondiale définit une action conjointe pour la protection des personnes LGBTIQ+ déracinées

Communiqué de presse conjoint du HCR et de l'expert indépendant des Nations Unies sur la protection contre la violence et la discrimination fondées sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre

Des drapeaux arc-en-ciel lors d'une marche des fiertés LGBTIQ1 à San Salvador, au Salvador.

Des drapeaux arc-en-ciel lors d'une marche des fiertés LGBTIQ+ à San Salvador, au Salvador.   © HCR/Tito Herrera

Genève –  Les États et les organisations d'aide humanitaire et du développement doivent faire davantage pour protéger les droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, intersexes et homosexuelles (LGBTIQ+) déracinées ou apatrides. Dans cet objectif, ils doivent former des alliances plus solides avec la société civile LGBTIQ+, selon les participants à la table ronde mondiale 2021 sur la protection et les solutions pour les personnes LGBTIQ+ en situation de déplacement forcé.

« On observe aujourd’hui une volonté sans précédent d’améliorer la protection des personnes LGBTIQ+ contraintes de fuir les violences et la persécution. Il n'y a jamais eu autant de besoins », a déclaré Gillian Triggs, Haut Commissaire assistante du HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, chargée de la protection internationale, après la séance de clôture ce jour.

« C'est pourquoi, au HCR, nous redoublons d'efforts pour renforcer nos capacités internes et créer une plateforme permettant de réunir une coalition plus vaste et plus robuste afin de relever les défis concrets et intersectionnels auxquels sont confrontées les personnes LGBTIQ+ qui ont été contraintes de quitter leurs foyers. »

La conférence, qui s’est déroulée sur invitation seulement, s'est tenue virtuellement du 7 au 29 juin et a été organisée par l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés et l'expert indépendant des Nations Unies pour la protection contre la violence et la discrimination fondées sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre (IE SOGI), Victor Madrigal-Borloz. Ils ont réuni plus de 500 personnes du monde entier issues de gouvernements, de la société civile et du secteur privé, ainsi que des personnes LGBTIQ+ ayant vécu un déplacement forcé, pour discuter des expériences, des politiques et des programmes qui ont fonctionné et des moyens de mettre en œuvre des solutions.

« Il y a quelque chose de particulièrement cruel lorsque le déplacement forcé de personnes résulte de ce qu'elles sont ou de qui elles aiment - et il faudra une coalition mondiale pour lutter contre les causes institutionnelles de la violence et déconstruire la stigmatisation qui la sous-tend », a déclaré Victor Madrigal-Borloz.

« Forger des alliances trouve sa source dans la confiance mutuelle - et la création d'espaces partagés pour un dialogue fondé sur les faits s’avère fondamentale dans cet objectif. Réunir ce groupe d'experts diversifié, inclusif et habilité est une étape essentielle pour garantir que notre base de connaissances commune sur les causes profondes, les défis et les opportunités reste pertinente et précise. »

Plus de 82 millions de personnes sont déracinées à travers le monde et, parmi elles, se trouvent des réfugiés, des demandeurs d'asile, des personnes déplacées à l'intérieur de leur pays et des apatrides qui cherchent à se protéger contre la discrimination, les abus et la persécution liés à leur orientation sexuelle, leur identité ou leur expression de genre et leurs caractéristiques sexuelles. Les relations consensuelles entre personnes de même sexe sont actuellement criminalisées dans 68 pays et passibles de la peine de mort dans au moins six d’entre eux.

Les participants ont notamment discuté des facteurs du déplacement forcé, des difficultés liées à la demande d'asile, de la nécessité d'inclure les personnes LGBTIQ+ dans les services de santé et les régimes nationaux d’aide sociale, de la réinstallation, de l'intégration locale, des moyens de subsistance. Parmi les recommandations formulées, citons :

  • Élaborer et réaliser des formations régulières, tenant compte des traumatismes et incluant l'intersectionnalité, sur l'orientation sexuelle, l'identité ou l'expression de genre et les caractéristiques sexuelles.
  • Garantir la reconnaissance légale du genre par le biais de l'autodétermination pour toutes les personnes concernées, en permettant à tous les réfugiés, demandeurs d'asile et déplacés internes de modifier leur nom et leurs marqueurs de genre, sur la base de l'autodétermination et indépendamment des détails contenus dans les documents d'identification qui leur sont délivrés par leur pays de nationalité.
  • Un soutien et un financement accrus pour les organisations LGBTIQ+ sur le terrain, notamment les groupes nationaux existants et ceux dirigés par des personnes ayant vécu le déplacement forcé.

« Nous ne pouvons pas obtenir de changement sans nous centrer sur les expériences vécues. L'engagement significatif aux côtés des personnes LGBTIQ+ déracinées consiste à reconnaître l'égalité des relations et à établir un véritable partenariat », a déclaré Tina Dixson, cofondatrice du Forcibly Displaced People Network.

« Il s'agit de reconnaître que nous, en tant que communautés déracinées, détenons l'expertise et que nous apportons également des solutions. Engagez-vous dès le début avec les organisations LGBTIQ+ dirigées par des réfugiés et vous fournirez les services les plus adaptés aux besoins. »

La liste complète des recommandations de la table ronde LGBTIQ+ peut être consultée à l'adresse https://qiqochat.com/a/unhcr-iesogi-roundtable. Elles seront également partagées lors d'une conférence de presse conjointe et hybride demain 30 juin à 9h30 CEST avec Victor Madrigal-Borloz, l'IE SOGI et Gillian Triggs, Haut Commissaire assistante du HCR chargée de la protection internationale.

 

Pour de plus amples informations à ce sujet, veuillez svp contacter :

HCR

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