Le HCR exprime son inquiétude face au traitement réservé à des boat people par l'Australie

  © HCR/Unité de l'information géographique et de la cartographie

GENEVE, 11 novembre 2003 (UNHCR) - Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a fait part de son inquiétude, aujourd'hui mardi, suite à une décision du gouvernement australien visant à empêcher l'accès aux procédures de détermination des besoins de protection d'un groupe de 14 personnes présumées être des demandeurs d'asile.

Le HCR soutient que si ces personnes étaient réellement en quête d'asile, ce que semblent confirmer des indications de source sûre, elles auraient dû être admises, du moins à titre temporaire, sur le territoire australien afin d'accéder aux procédures permettant de déterminer si elles avaient besoin de protection.

Mais au lieu de cela, après avoir retiré 4 000 de ses îles, dont celle de Melville, de sa 'zone de migration', la marine australienne a obligé le Minasa Bone, un bateau de pêche indonésien transportant les 14 personnes en question, de faire route jusqu'à l'île indonésienne de Yamdena. « Nous sommes tout particulièrement préoccupés parce que des personnes déjà vulnérables seront davantage fragilisées par le fait que l'Australie ne tient pas compte de ses obligations internationales », a déclaré Jean Marie Fakhouri, directeur du bureau du HCR pour l'Asie et le Pacifique.

Contrairement à l'Australie, l'Indonésie ne dispose pas d'infrastructures pour traiter les dossiers des demandeurs d'asile. Les mesures prises par l'Australie ne sont pas conformes à la Convention de 1951 sur les réfugiés et portent en fait atteinte à l'application en bonne et due forme du régime de protection internationale. Ce transfert des responsabilités donne lieu à un précédent à l'échelle mondiale qui pourrait inciter certains pays à faire porter l'essentiel du fardeau à d'autres nations moins prospères et qui accueillent déjà un grand nombre de réfugiés.

L'UNHCR est également très préoccupé par une déclaration du gouvernement indonésien en date du 10 novembre dernier, selon laquelle les 14 personnes seraient renvoyées dans leur pays d'origine où elles risquent d'être victimes de persécutions. Si cela devait se produire, l'Indonésie et l'Australie se rendraient complices d'un éventuel refoulement (ou retour forcé) vers une situation de danger.

L'UNHCR partage l'inquiétude de l'Australie et de l'Indonésie face à la pandémie de la traite d'êtres humains et des passeurs clandestins et soutient les efforts déployés pour lutter contre ce véritable fléau. Toutefois, le fait que les demandeurs d'asile arrivent illégalement ne doit en aucun cas les priver de l'assistance et de la protection auxquelles ils ont droit.