Le HCR met en garde contre des fraudes sur Internet concernant la réinstallation

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés appelle à la prudence vis-à-vis de pseudo organisations prétendant être affiliées au HCR, promettant sur Internet une réinstallation et des opportunités de travail en Europe et en Amérique du Nord et persuadant les personnes de prendre en charge des « frais administratifs », que le HCR ne demande jamais.

Les sites web, qui se recommandent frauduleusement de l'UNHCR, sont parfois sommaires. Cependant, ils réussissent souvent à convaincre des migrants potentiels à leur verser toutes leurs économies.  © HCR

GENEVE, 15 novembre (UNHCR) - Des individus sans scrupules pratiquent l'escroquerie par Internet pour attirer des personnes vulnérables en leur offrant une réinstallation en échange d'une somme d'argent, a averti l'UNHCR mardi.

« Des pseudo organisations prétendant être affiliées à l'UNHCR, utilisent sur Internet des groupes de conversation, des sites de rencontres et des sites web frauduleux pour promettre une réinstallation et des opportunités de travail en Europe et en Amérique du Nord moyennant des honoraires », a indiqué Jennifer Pagonis, porte-parole de l'UNHCR à des journalistes à Genève. « Il s'agit là d'une escroquerie pure et simple. »

Dans ces offres mensongères de réinstallation sur Internet, les cyberfraudeurs infiltrent des groupes de conversation, des groupes d'intérêts particuliers et des sites de rencontres, à la recherche d'hommes et de femmes en Afrique, en Asie et en Amérique latine susceptibles d'être intéressés par une immigration dans un pays industrialisé. Ensuite, ils tentent de persuader leur victime potentielle de croire qu'un membre du sexe opposé est intéressé par elle et peut les aider à trouver du travail dans le pays de leur choix. Les escrocs écrivent à leur victime potentielle depuis des adresses e-mail temporaires et les poussent à visiter des sites qui prétendent être rattachés à l'UNHCR et à d'autres organisations internationales.

Ces faux sites Internet transmettent des informations mensongères sur la réinstallation et les programmes d'emploi pour les réfugiés. Des victimes crédules sont encouragées à envoyer une candidature pour ces faux programmes de réinstallation moyennant des frais administratifs allant de 100 à 1 000 dollars. Certaines personnes peuvent parfois bénéficier d'un « rabais » si elles persuadent entre 5 et 15 personnes à se joindre au programme.

Une fois la victime escroquée, les usurpateurs disparaissent avec l'argent. Les fraudeurs disparaissent d'Internet et refont surface peu après sous une nouvelle identité, prêts à usurper d'autres personnes.

Il y a toujours un risque de fraude dans les programmes de migrations. Les gouvernements savent depuis longtemps que les candidats à la migration tentent d'exploiter les failles dans les systèmes et procédures d'admission. En même temps, des réfugiés désespérés peuvent être victimes de fraudes leur offrant une solution rapide à leur sort.

L'UNHCR s'est attelé à combattre ces formes de fraudes depuis longtemps. Un plan anti-fraude de réinstallation a été mis en place en juin 2004. « Il est primordial d'alerter les victimes potentielles de ces escroqueries », a dit Hiromitsu Mori, qui coordonne les efforts pour empêcher et combattre les fraudes dans les procédures de réinstallation. « Les gens doivent savoir que l'UNHCR ne fait pas payer les réfugiés ni pour les services de réinstallation ni pour d'autres services. »

La politique de réinstallation de l'UNHCR fait partie de son mandat pour la protection des réfugiés. Son objectif est d'assurer une protection internationale et de subvenir aux besoins des réfugiés dont la vie, la liberté, la santé, la sécurité et d'autres droits fondamentaux sont en péril. Elle est également désignée pour constituer une solution durable au sort des réfugiés - avec d'autres solutions telles que le rapatriement volontaire dans le pays d'origine lorsque les conditions le permettent ou l'intégration locale dans le pays d'accueil. C'est également un moyen par lequel un pays peut aider à en soulager un autre devant le flux massif de réfugiés.

Toutefois, malgré les efforts pour accroître le nombre de places disponibles, la réinstallation n'est accessible qu'à une petite proportion de réfugiés dans le monde - en général les plus vulnérables. Des millions d'autres aimeraient en bénéficier - d'autres réfugiés ainsi que les migrants qui cherchent à partir pour des raisons économiques - et ont fait naître un marché d'opérateurs Internet sans scrupules pour exploiter de telles aspirations.

« Les fraudeurs s'attaquent justement aux personnes les plus vulnérables dans le monde », indique Wil Eikelboom, responsable du service des affaires juridiques de l'UNHCR. « C'est pourquoi nous sommes si préoccupés par ces fraudes. Si nous n'arrivons pas les éradiquer immédiatement, cela pourrait devenir un problème grave. »

Néanmoins, cela ne sera pas facile. Tout en étant une source croissante d'information rapide et utile, Internet permet à des criminels restant qui plus est anonymes, de tirer parti de la crédulité de ses utilisateurs. « A peine avons-nous réussi à interdire une de ces adresses Internet, qu'une nouvelle apparaît ailleurs », indique Wil Eikelboom.

L'UNHCR continuera à alerter les victimes potentielles des fraudes à la réinstallation en communiquant rapidement les informations justes, ainsi qu'en prévenant ce type d'escroqueries dans toutes les régions du monde. L'UNHCR se réserve également le droit d'entreprendre des actions en justice à l'encontre des personnes ou organisations qui prétendent agir en son nom.

« Pour être clair, l'UNHCR ne fait pas payer de frais pour les réinstallations ... », a souligné J. Pagonis devant les journalistes. « La réinstallation vers un pays tiers est utilisée par l'UNHCR pour des cas de réfugiés particulièrement vulnérables. Les sites Internet disant dépendre de l'UNHCR et faisant payer des frais de réinstallations sont frauduleux. »

L'UNHCR souhaiterait prendre connaissance avec les personnes qui ont eu affaire à ces sites ayant utilisé son logo et son nom ou tentant de gagner de l'argent en échange d'une promesse de réinstallation.