Le plus grand convoi jamais organisé par le HCR vers le Libéria depuis le début des rapatriements

Le plus grand convoi de rapatriés organisé par l'agence des Nations Unies pour les réfugiés depuis le début des opérations en 2004 vient d'arriver au Libéria, suite à la prestation de serment, le mois dernier, de la nouvelle Présidente démocratiquement élue, Ellen Johnson-Sirleaf.

En Sierra Leone, Bockarie Kallon, assistant de terrain pour l'UNHCR, aide les réfugiés à monter dans les camions.  © HCR/R.Goldstein-Rodríguez

BLAMA, Sierra Leone, 30 janvier (UNHCR) - Le plus grand convoi de rapatriés organisé par l'agence des Nations Unies pour les réfugiés depuis le début des opérations en 2004 vient d'arriver au Libéria, suite à la prestation de serment, le mois dernier, de la nouvelle Présidente démocratiquement élue, Ellen Johnson-Sirleaf.

« Il n'y a plus de conflit et nous avons une nouvelle Présidente », indique Tamba Tembe, un réfugié de 45 ans originaire du village de Foyatinga, dans le district de Foya. « Je vais rentrer, chercher ma famille et construire une petite maison pour les miens. Le pays est libre désormais et je veux rentrer chez moi. »

Quelque 560 Libériens faisaient partie du convoi en direction du district de Foya, dans le comté de Lofa, le 21 janvier dernier. Pour beaucoup, c'était la première fois depuis plusieurs années qu'ils revoyaient le Libéria. La plupart des réfugiés libériens ont quitté leur pays en 2000, fuyant la guerre brutale qui a ravagé le Libéria alors dirigé par Charles Taylor.

Ce convoi était la plus grande opération organisée par l'UNHCR et ses partenaires depuis le début des rapatriements, en octobre 2004. L'installation à la tête du pays d'Ellen Johnson-Sirleaf, qui a prêté serment en janvier lors d'une cérémonie à Monrovia, et l'année calme qui vient de s'achever, ont aidé les réfugiés à se décider au retour.

« Le nombre important de réfugiés ayant pris part à ce convoi est une indication supplémentaire du vif intérêt qu'ils éprouvent en ce moment à rentrer chez eux », indique Andrew Mayne, délégué adjoint de l'UNHCR au Libéria. « L'UNHCR s'engage à aider les réfugiés qui veulent rentrer au Libéria et à ce qu'ils puissent le faire aussi vite que possible et dans des conditions satisfaisantes de sécurité et de dignité. »

Après l'opération du week-end dernier, 6 559 rapatriés au total sont rentrés dans le cadre des convois organisés depuis octobre 2004. Le programme de rapatriement ayant été suspendu de juillet à novembre 2005, à cause du mauvais état des routes, ce dernier convoi est le troisième depuis la reprise de l'opération fin décembre.

Il semble qu'après des années d'exil, les réfugiés en Sierra Leone soient mieux disposés quant à leur éventuel retour. Même si les conditions restent difficiles dans leurs régions d'origine, nombre d'entre eux se sentent aujourd'hui prêts à rentrer.

Les réfugiés rentrent tous âges confondus ; un bébé de quelques mois et un homme de plus de 90 ans font partie du convoi. Une femme enceinte qui voulait donner naissance au Libéria était par chance dans la période du quatrième au sixième mois de grossesse durant laquelle les voyages sont encore possibles.

Les convois partent maintenant chaque semaine depuis la Sierra Leone vers le Libéria. De la nourriture et divers articles non alimentaires sont distribués aux réfugiés avant leur départ. Au Libéria, les réfugiés reçoivent une allocation en espèces pour la prise en charge de leur voyage jusqu'à leur destination finale. Un autre colis d'assistance, contenant deux mois d'alimentation, est fourni aux rapatriés une fois arrivés chez eux et l'UNHCR coordonne des programmes pour faciliter leur réintégration au sein de leur village d'origine.

La Sierra Leone a accueilli jusqu'à 60 000 réfugiés qui ont fui le Libéria depuis 2000. Ses citoyens comprennent bien la nécessité d'un endroit où trouver l'asile, car eux-mêmes ont été forcés de fuir leur pays à de nombreuses reprises durant ces dix dernières années.

En Sierra Leone, 39 000 réfugiés libériens enregistrés sont toujours présents dans huit camps à l'est et au sud du pays, où ils reçoivent une assistance de l'UNHCR, alors que 10 000 autres réfugiés habitent en milieu urbain où ils reçoivent une aide plus limitée.

Par Rachel Goldstein-Rodriguez à Blama, Sierra Leone