Le nombre record de réfugiés rentrant en Afghanistan, symbole d'espoir et de défis à venir

Alors que les dirigeants du monde entier se rencontrent à Londres pour mettre en place un plan de développement pour l'Afghanistan, le retour de millions de réfugiés est porteur d'espoir.

Des milliers de rapatriés afghans passent par le centre d'encaissement de Kaboul chaque mois alors qu'ils rentrent chez eux. Plus de 3,5 millions d'Afghans ont été rapatriés avec l'aide de l'UNHCR depuis 2002, c'est la plus importante opération de rapatriement dans l'histoire de l'agence.  © HCR/Jack Redden

KABOUL, 31 janvier (UNHCR) - Les chiffres sont impressionnants mais ce sont les espoirs et les peurs de chacun des réfugiés ayant choisi de rentrer qui constituent vraiment le coeur de l'histoire de l'Afghanistan.

Depuis le début de son programme de rapatriement volontaire vers l'Afghanistan en 2002, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés a aidé plus de 3,5 millions d'Afghans à rentrer chez eux - plus de 2,7 millions depuis le Pakistan et 800 000 depuis l'Iran.

Ce vaste mouvement de population représente la plus grande opération de rapatriement de toute l'histoire de l'UNHCR. En 2005 et pour la quatrième année consécutive, le rapatriement volontaire des Afghans - soit plus d'un demi-million de personnes - constitue l'opération la plus importante de l'agence dans le monde.

Il s'agit là d'une réussite importante, tant pour l'UNHCR que pour la population afghane. La décision prise par un si grand nombre d'Afghans de rentrer volontairement dans leur pays d'origine témoigne de leur espoir en l'avenir.

Ces espoirs et les projets pour le futur de l'Afghanistan étaient au centre des discussions lors de la conférence se tient aujourd'hui à Londres. Le Président Hamid Karzaï, le Secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan et les dirigeants du monde entier se sont rencontrés dans la capitale britannique pour lancer le Contrat pour l'Afghanistan, qui définit le calendrier des projets de développement national pour les cinq prochaines années.

Au cours de leur rencontre à Kaboul en décembre dernier, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, António Guterres, avait demandé le Président Karzaï à prendre en considération les besoins des Afghans rapatriés lors de la mise en place du plan de développement national.

« Nous entrons dans une nouvelle phase de l'opération de rapatriement et de réintégration des réfugiés afghans », a indiqué Jacques Mouchet, délégué de l'UNHCR en Afghanistan. « Même si nous pensons que le retour volontaire continuera à être la principale solution pour les Afghans qui vivent dans des pays d'asile, nous devons aussi envisager toutes les dimensions des mouvements de populations dans la région, en particulier à des fins migratoires. »

Dans le cadre de son opération de retour volontaire, qui est maintenant entré dans sa cinquième année, l'UNHCR prévoit d'aider quelque 600 000 réfugiés à rentrer du Pakistan et de l'Iran en 2006. Comme cela a été fait lors des années précédentes, l'assistance sera distribuée sous la forme d'une allocation en espèces pour le transport allant de 4 à 37 dollars et d'une aide d'un montant de 12 dollars par personne.

Depuis mars 2002, le montant des allocations en espèces fournies par l'UNHCR aux rapatriés s'élève à plus de 93 millions de dollars, procurant un flux important d'argent en espèces vers certaines des régions les plus isolées du pays.

Le programme d'hébergement de l'UNHCR en Afghanistan a concerné jusqu'à ce jour plus de 140 000 maisons en cours de construction dans tout le pays, bénéficiant ainsi à plus de 840 000 personnes. En 2006, le programme aidera encore à la construction de 19 000 autres maisons, aidant ainsi plus de 115 000 rapatriés.

Une partie du travail de l'UNHCR consiste à assurer aux rapatriés un retour durable dans leur village. Le soutien de la communauté inclut la construction de puits, d'écoles, de centres de santé, et la fourniture de services agricoles et de programmes pour les plus vulnérables.

Il reste encore quelque 150 000 personnes déplacées internes en Afghanistan, la majorité vivant dans le sud. En 2006, l'UNHCR continuera à aider les déplacés à retourner vers leur région d'origine et à soutenir la période initiale de leur réintégration. L'UNHCR pourra alors cesser fin 2006 ses activités d'assistance dans les zones où se trouvent les déplacés.

Et le rapatriement continue. Quelque 2,6 millions d'Afghans vivent encore au Pakistan, alors que plus de 900 000 d'entre eux habitent en Iran. Les programmes de rapatriement qui aident les Afghans souhaitant rentrer chez eux se déroulent dans le cadre des accords tripartites, l'un entre l'UNHCR et les gouvernements du Pakistan et de l'Afghanistan et l'autre impliquant l'UNHCR, l'Iran et l'Afghanistan.

« Parallèlement à l'opération de rapatriement de l'UNHCR en cours, le gouvernement afghan discute de mouvements régionaux de population dans le cadre d'un shéma migratoire, avec l'Iran et le Pakistan. Ceci reflète l'amélioration de la coopération régionale à un moment où les mouvements transfrontaliers sont principalement motivés par des raisons économiques et sociales, et non plus par un besoin de protection », a expliqué Salvatore Lombardo, responsable de l'équipe pour l'Afghanistan au siège de l'UNHCR.

« Avec le soutien de la Commission européenne, l'UNHCR travaille avec des partenaires techniques compétents - le Bureau international du Travail, l'Organisation internationale pour les migrations, la Banque mondiale - pour assurer que les gouvernements reçoivent l'aide appropriée pour soutenir cette transition », a-t-il ajouté.

L'opération afghane de rapatriement représente l'une des plus grandes réussites du pays depuis la chute des taliban fin 2001. Avec les autres agences des Nations Unies, l'UNHCR reconnaît que ce rapatriement ne constitue que le début de la reconstruction du pays.