Angelina Jolie appelle à une meilleure compréhension du sort des réfugiés

L'Ambassadrice de bonne volonté du HCR Angelina Jolie et le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres ont lancé un appel mondial pour que des millions de victimes de conflit à travers le monde ne soient pas considérées comme un fardeau mais plutôt comme un cadeau potentiel.

L'Ambassadrice de bonne volonté du HCR Angelina Jolie lors de son discours à l'occasion de la Journée mondiale du réfugié 2009.  © HCR/J.Rae

WASHINGTON, DC, Etats Unis, 18 juin (UNHCR) - Lors de la cérémonie de lancement des activités aux Etats Unis pour la Journée mondiale du réfugié célébrée le 20 juin, l'Ambassadrice de bonne volonté du HCR Angelina Jolie, au côté du Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres, a lancé un appel mondial pour que des millions de victimes de conflit à travers le monde ne soient pas considérées comme un fardeau mais plutôt comme un cadeau potentiel.

En tant qu'Américaine, elle a indiqué, « je sais à quel point la diversité a constitué une force pour mon pays - un pays construit par ceux que certains rejetteraient désormais, en l'occurrence des demandeurs d'asile et des migrants économiques - et j'estime que nous devons convaincre le monde que les réfugiés ne doivent pas être simplement vus comme un fardeau. Ils sont des survivants. Et ils peuvent apporter ces qualités au profit de leurs communautés et des pays qui les accueillent. »

« Les réfugiés que j'ai rencontrés et avec qui j'ai passé du temps ont radicalement changé ma vie », a ajouté Angelina Jolie. « Aujourd'hui ... je veux les remercier de m'avoir laissée m'immiscer dans leur vie. »

Angelina Jolie a prononcé ce discours lors de la cérémonie de lancement de la Journée mondiale du réfugié se tenant au siège de la National Geographic Society à Washington D.C., organisée par le HCR et animée par Ann Curry, une présentatrice de la chaîne TV NBC. Une séquence vidéo y a été diffusée en direct depuis le camp de réfugiés de Djabal dans l'est du Tchad et un employé du HCR sur le terrain s'est alors adressé à l'assistance. Cette manifestation intervient deux jours avant la Journée mondiale du réfugié, elle constitue toutefois la principale activité de la Journée mondiale du réfugié cette année aux Etats-Unis.

Durant cette cérémonie, le Haut Commissaire António Guterres a évoqué les difficultés et les dangers croissants auxquels sont confrontées une population comptant plus de 42 millions de personnes déracinées dans le monde ainsi que les personnes qui tentent de leur venir en aide. Il a indiqué que la situation était particulièrement difficile dans le cadre de situations de déplacement interne impliquant un grand nombre d'acteurs - des factions rebelles, des milices politiques ou ethniques, des bandits, des troupes gouvernementales et des forces internationales. Si les gens ne peuvent pas rejoindre un autre pays lors de leur fuite, alors les agences humanitaires doivent essayer de leur apporter une aide à l'intérieur même ou aux alentours des zones de conflit.

« Notre monde est dangereux et changeant », a-t-il ajouté. « Le fait que des personnes soient dans l'impossibilité de traverser des frontières constitue une source de préoccupation parmi d'autres. Il est de plus en plus difficile pour le HCR d'avoir accès à ces personnes. La communauté internationale est aujourd'hui confrontée à des difficultés - Il lui est difficile de peser la souveraineté des Etats en regard de la souveraineté de l'être humain. C'est un défi énorme pour nous au HCR. »

De par la nature changeante des conflits, « l'espace humanitaire » au sein duquel son agence et ses partenaires doivent travailler se réduit, a indiqué António Guterres. Dans certaines situations, les travailleurs humanitaires sont vus comme des cibles légitimes. Deux employés du HCR ont été tués ces cinq derniers mois au Pakistan, et plus récemment le 9 juin dernier au cours de l'attentat suicide contre l'hôtel Pearl Continental à Peshawar.

« Les humanitaires constituent de plus en plus une cible », a-t-il dit, et cela pose un dilemme de taille - que pèsent les besoins urgents de civils innocents contre la responsabilité d'assurer la sécurité de ceux qui tentent de leur venir en aide. « Les employés du HCR ne me demandent jamais comment partir », a-t-il affirmé. « Ils me demandent toujours comment rester. »

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton devait elle aussi intervenir durant cette cérémonie, mais elle a dû annuler sa participation après s'être fracturé le coude lors d'une chute alors qu'elle se rendait mercredi à la Maison Blanche.

Cette cérémonie à Washington a inauguré une série d'événements se déroulant durant plusieurs jours dans le monde entier et visant à attirer l'attention sur le sort des réfugiés et d'autres personnes déracinées par la violence. Le thème de cette année « De vrais besoins pour des personnes bien réelles » a pour but de faire comprendre que des millions de personnes dans les pays les plus pauvres ont besoin d'aide et d'attention pour survivre.

Le 20 juin, parmi tous les événements organisés à travers le monde, auront lieu un concert du célèbre chanteur congolais Samba Mapangala et son orchestre au Kennedy Center de Washington ; un match de football entre des réfugiés originaires du Myanmar et du Soudan en Australie ; un spectacle musical interprété par des réfugiés kurdes originaires d'Iran dans le nord de l'Iraq ainsi qu'un festival cinématographique au Japon. Samedi, de 9h00 à 21h00 (heure de l'est des Etats-Unis) soit de 15h00 à 3h00 du matin (heure d'Europe centrale), un nouveau site web, www.refugeedaylive.org, diffusera des vidéos en live depuis l'Iraq, le Pakistan, depuis un camp de réfugiés en Afrique et une installation accueillant des déplacés en Colombie.

Lors de la cérémonie de jeudi, le HCR a remis sa distinction annuelle « US Humanitarian of the Year Award » à une réfugiée originaire de l'est de la République démocratique du Congo, Rose Mapendo, qui a créé sa propre ONG pour venir en aide à des victimes du conflit.

Jeudi, Angelina Jolie a souligné que le déplacement forcé constitue une réalité de la vie. « Que ce soit au Darfour, au Myanmar, dans la vallée de Swat ou que ce soit dans le cadre d'une crise encore inconnue, les migrations massives seront l'une des caractéristiques de notre avenir. » Nous devons « voir les déracinés comme des personnes au-delà des simples statistiques », a-t-elle encore affirmé.