Le Kirghizistan va réduire et prévenir l'apatridie

Le Kirghizistan est sur le point d'adopter un important plan d'action pour réduire et prévenir l'apatridie dans un pays où des milliers de personnes se trouvent dans un vide juridique quant à leur nationalité.

Régler la question de l'apatridie : Des femmes tadjikes cultivent leurs champs au Kirghizistan. Parmi les personnes devenues apatrides après la dissolution de l'Union soviétique se trouvaient des réfugiés tadjiks ayant fui le conflit dans leur pays d'origine au début des années 90.  © HCR/A.Plotnikov

BICHKEK, Kirghizistan, 22 septembre (HCR) - Le Kirghizistan est parvenu à un accord mardi pour l'adoption d'un plan d'action concret visant à réduire et prévenir l'apatridie dans un pays où des milliers de personnes se sont trouvées dans un vide juridique quant à leur nationalité, après l'indépendance du Khirghizistan vis-à-vis de l'Union soviétique en 1991.

L'accord a été adopté à Bichkek lors d'une conférence sur l'apatridie organisée conjointement par l'agence des Nations Unies pour les réfugiés et le Gouvernement kirghize, à laquelle assistaient des collaborateurs du HCR, des membres de l'administration, des parlementaires et de nombreux experts et représentants de la société civile.

D'après les estimations, près de 20 000 personnes seraient apatrides au Kirghizistan et, pour la plupart, détentrices de passeports soviétiques ou étrangers expirés. D'autres sont même dépourvues de tout document. Ces personnes sont privées d'accès à certains droits fondamentaux et le HCR coopère avec les autorités kirghizes pour trouver une solution, notamment en améliorant l'instruction des demandes de citoyenneté.

Kanybek Joroev, président de la Commission de la citoyenneté rattachée au Président, a déclaré que la conférence avait « décidé de promouvoir l'adhésion aux deux Conventions des Nations Unies relatives à l'apatridie [de 1954 et 1961] et d'améliorer la mise en œuvre de la législation kirghize [relative à la nationalité et à l'apatridie] ».

Le plan d'action envisage également la rédaction, avec l'aide du HCR, de nouvelles instructions et décrets, notamment d'un texte définissant le statut d'un apatride, ainsi que de campagnes de sensibilisation du public et un soutien technique assuré par le HCR pour l'échange des anciens passeports soviétiques.

Kanybek Joroev a également insisté sur les progrès déjà accomplis par son pays pour réduire les cas d'apatridie résultant de l'effondrement de l'Union soviétique, tout en ajoutant que « les lois sur la citoyenneté kirghize sont désormais globalement conformes aux normes internationales ».

Hans Friedrich Schodder, délégué du HCR au Kirghizistan, a déclaré que l'agence pour les réfugiés « se réjouissait de soutenir fermement la mise en œuvre du plan d'action ». Il a ajouté que le HCR s'inquiétait du nombre disproportionné de femmes et d'enfants concernés « dans la mesure où l'apatridie aggrave leur vulnérabilité dans la société ».

Selon les données présentées à la conférence, la plupart des apatrides au Kirghizistan ont un lien fort avec le pays - ils y sont nés, ils y vivent depuis plusieurs années ou y sont mariés à un citoyen kirghize.

Nombre de problèmes rencontrés au Kirghizistan existent ailleurs dans la région. Le HCR coopère étroitement avec plusieurs autres gouvernements de pays d'Asie centrale pour régler des questions d'apatridie non résolues.

Kasidis Rochanakorn, le directeur du Bureau du HCR pour l'Asie basé à Genève, a affirmé que l'accord de mardi pourrait servir d'exemple. « Nous attendons avec impatience que d'autres Etats membres de la région adoptent des mesures similaires », a-t-il déclaré.

Le HCR s'est vu confier un mandat (en vertu des Conventions de 1954 et de 1961) de collaborer avec les gouvernements pour prévenir l'apatridie, résoudre les cas qui se présentent et protéger les droits des apatrides.

Par Cholpon Sultanova à Bichkek, Kirghizistan