La fermeture d'un camp dans le désert marque la fin d'une longue épreuve pour les réfugiés palestiniens

Le HCR ferme le camp frontalier d'Al Tanf dans le no man's land entre la Syrie et l'Iraq et réinstalle les derniers réfugiés palestiniens qui y ont vécu pendant des années.

Des réfugiés palestiniens se dirigent vers les autobus qui vont les emmener en Syrie après des années à Al Tanf.  © HCR/B.Diab

DAMAS, Syrie, 1er février (HCR) - L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a fermé lundi le camp de réfugiés de Al Tanf à la frontière entre la Syrie et l'Iraq et a transféré les derniers réfugiés palestiniens qui étaient bloqués dans ce sinistre no man's land depuis presque quatre ans.

Le HCR, en collaboration avec les autorités syriennes a transféré les 60 derniers résidents du camp lundi matin. Ils seront temporairement logés dans le camp de réfugiés d'Al Hol, à l'intérieur de la Syrie.

"Je suis très heureux que ce soit enfin terminé," note Abu Mohanned, un des réfugiés transférés. "Nous attendons ce moment depuis tellement longtemps et pourtant nous sommes quand même inquiets pour ce qui va se passer maintenant. Nous avons beaucoup souffert et nous avons été forcés de quitter l'Iraq sans aucun document d'identité après y avoir vécu pendant 60 ans. Nous voulons juste un endroit qui nous accueille et qui nous reconnaisse en tant qu'être humains."

Al Tanf est un camp improvisé situé dans une bande étroite du no man's land entre la frontière Syrienne et Iraquienne. Il a été établi en mai 2006 pour les réfugiés palestiniens qui fuyaient les persécutions en Iraq parce qu'aucun Etat de la région ne voulait les accueillir.

Leur séjour était supposé être temporaire, mais il a quasiment duré quatre ans. Pendant ces années, les résidents ont dû endurer les conditions très dures.de vie dans le désert: températures extrêmes, tempêtes de sable, inondations et risques d'incendie avec un accès très difficile aux services médicaux.

Le HCR et ses partenaires - principalement l'UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient), l'UNICEF, le Programme Alimentaire Mondial, le Croissant-Rouge palestinien et le Croissant-Rouge arabe syrien- ont fourni une assistance aux réfugiés pour soulager leurs souffrances. Pendant ce temps, le HCR n'a cessé de chercher des solutions humanitaires pour ces réfugiés en demandant aux Etats de leur accorder une chance de recommencer une nouvelle vie.

"Aujourd'hui nous pouvons fermer ce camp et c'est un pas très important pour répondre, dans une perspective humanitaire, à la situation des personnes qui sont restées bloquées ici pour avoir fui les persécutions. C'est le fruit des efforts conjoints avec les autorités syriennes et les pays de réinstallation," a expliqué Philippe Leclerc, le représentant adjoint du HCR en Syrie.

"Il y a cependant encore des centaines de réfugiés palestiniens d'Iraq qui sont dans le camp d'Al Hol, dans la province Nord-Est de Hassake, et qui ont besoin de la même compassion et compréhension" a-t-il indiqué.

Les derniers instants dans le camp ont été remplis d'émotion et d'espoirs pour l'avenir. Les familles se sont rassemblées à côté de l'entrée principale du camp pour jeter un dernier regard au désert où elles avaient vécu. Elles étaient soulagées de partir mais tendues par rapport à leur avenir incertain.

Des 1,300 réfugiés palestiniens qui ont vécu dans le camp à différents moments, plus de 1,000 réfugiés ont été réinstallés dans des pays tiers dont la Belgique, le Chili, la Finlande, l'Italie, la Norvège, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse.

Même si les conditions de vie dans le camp d'Al-Hol en Syrie sont un peu meilleures, elles ne sont pas durables et une solution demeure nécessaire pour les plus de 600 Palestiniens d'Iraq qui y vivent.

On ignore le nombre exact de Palestiniens qui ont fui l'Iraq. Al Tanf est l'un des trois camps qui a accueilli des réfugiés palestiniens d'Iraq. Ils sont environ 2,000 dans les camps d'Al Hol et d'Al Waleed, situé du coté irakien de la frontière. Le HCR va continuer d'oeuvrer pour qu'une solution digne pour tous les palestiniens bloqués dans des camps soit trouvée en 2010.

Par Dalia Al-Achi à Damas, Syrie