Angelina Jolie finance une école accueillant des filles en Afghanistan

L'inauguration d'une école financée par Angelina Jolie permettra de scolariser des fillettes dans une installation de rapatriés.

Des élèves à l'ouverture de leur nouvelle école financée par l'Ambassadrice de bonne volonté du HCR Angelina Jolie dans l'installation de Tangi, à l'est de l'Afghanistan.  © HCR/J. Abiera Belleza

TANGI, Afghanistan, 15 mars (HCR) - Une cérémonie d'inauguration a eu lieu à Tangi la semaine dernière avec l'ouverture d'une nouvelle école primaire accueillant des fillettes, et ce à peine 18 mois après la venue d'Angelina Jolie dans cette installation accueillant des réfugiés récemment rapatriés. Elle avait alors fait part de sa préoccupation sur la pénurie d'écoles primaires.

La célèbre Ambassadrice de bonne volonté du HCR a donné 75 000 dollars pour construire cette école, qui a été inaugurée mardi avant le début de l'année scolaire lundi prochain dans la province de Nangarhar à l'est de l'Afghanistan. Comptant huit salles de classe, quatre bâtiments administratifs, un puits et huit latrines, l'école pourra accueillir jusqu'à 800 fillettes dans un système de rotation où un même local est occupé en alternance par deux classes, l'une le matin et l'autre l'après-midi.

L'ouverture de cette école a été favorablement accueillie par des parents habituellement réticents pour des motifs culturels à envoyer leurs fillettes dans une école fréquentée également par des garçons. Une autre école bâtie il y a eux ans par le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) permet d'assurer une éducation primaire à plus de 1 300 enfants, les garçons étant scolarisés le matin et les fillettes l'après-midi.

Toutefois cet arrangement ne satisfaisait pas la plupart des parents, car les installations ne répondaient pas aux besoins de la population croissante de rapatriés.

Laïla, une jeune fille de 14 ans dont la famille est revenue en Afghanistan depuis le Pakistan voisin en 2008, fait partie des élèves qui seront scolarisées dans la nouvelle école. « J'ai toujours rêvé et espéré d'aller à l'école », a indiqué Laïla, ajoutant que « j'ai retrouvé l'espoir de devenir une enseignante qualifiée. »

Hakima, également âgée de 14 ans, est scolarisée dans l'école existante, mais elle a expliqué que son éducation avait été menacée par le manque d'installations. « L'école dans laquelle j'étudie actuellement ne dispose pas de salles en nombre suffisant… six de nos classes étudient dans des tentes », a-t-elle expliqué, ajoutant : « A cause des barrières culturelles et de préoccupations sécuritaires, j'ai décidé d'arrêter. »

Iqbal Azizi, directeur du rectorat de la province, a indiqué que le don d'Angelina Jolie était très important car il assurait un avenir plus décent à de nombreuses jeunes filles à Tangi qui « seraient sinon privées d'éducation en l'absence d'un bâtiment d'école primaire. »

Il y a trois installations à Tangi, accueillant quelque 7 800 personnes (1 300 familles) rentrées du Pakistan ces cinq dernières années. La plupart sont originaires de la province de Kunar mais, après des années d'exil, elles ont perdu leurs réseaux sociaux et leurs systèmes de soutien ainsi que leurs biens dans les villages.

Ces rapatriés recommencent leur vie à Nangarhar avec l'aide du HCR, d'autres agences humanitaires et les autorités locales, qui ont couvert leurs besoins élémentaires en termes d'abri, de systèmes de distribution d'eau et d'installations pour l'éducation.

Parallèlement, le père de Laïla, Ustad, qui avait travaillé en tant qu'enseignant au Pakistan, a indiqué que la nouvelle école accueillant des fillettes était une étape importante pour la reconstruction de son pays. « C'est ce dont nous avions besoin ici et je suis convaincu que toutes les communautés en ont également besoin pour l'avenir de notre pays. Il nous faut construire des écoles et assurer une éducation », a-t-il indiqué lors de la cérémonie d'inauguration, à laquelle étaient présents des représentants du HCR.

Le HCR travaille en liaison avec l'UNICEF et le rectorat afin de recruter des enseignantes et assurer une livraison de cahiers. Il y a également des projets pour un nouvel établissement secondaire accueillant des jeunes filles. Actuellement, seulement deux jeunes filles de Tangi sont scolarisées au lycée, qui est situé à 10 kilomètres.

Par Mohammed Nader Farhad à Tangi, Afghanistan