Angelina Jolie attire l'attention sur le sort des déracinés en Bosnie

Angelina Jolie, Ambassadrice de bonne volonté du HCR, s'est rendue dans l'est de la Bosnie et appelle à des mesures pour mettre fin aux souffrances des victimes déplacées de la guerre de Bosnie.

Une femme déplacée bosniaque s'entretient avec Angelina Jolie, l'Ambassadrice de bonne volonté du HCR, dans l'est de la Bosnie.  © HCR/Aziz

SARAJEVO, Bosnie-Herzégovine, 6 avril (HCR) – Angelina Jolie, Ambassadrice de bonne volonté du HCR, a appelé à des mesures pour mettre fin aux souffrances persistantes des victimes déplacées par la guerre de Bosnie, après avoir entendu leurs récits poignants et vu leurs conditions de vie épouvantables au cours d'une brève visite cette semaine.

Angelina Jolie, qui voyageait avec son partenaire Brad Pitt, a profité lundi d'une pause durant le tournage de son dernier film pour se rendre en Bosnie-Herzégovine et attirer l'attention sur le sort de 113 000 Bosniaques déplacés internes et de 7 000 réfugiés originaires de Croatie. Ces personnes avaient été chassées de leur foyer au cours de la désintégration violente de l'ex-Yougoslavie dans les années 90 et beaucoup d'entre elles vivent dans des centres collectifs, souvent dans des conditions effroyables.

La célèbre actrice a été émue par la force – et par les souffrances – des personnes qu'elle a rencontrées et elle s'est engagée à attirer l'attention sur leur sort. La plupart des personnes avec lesquelles elle s'est entretenue vivent loin de chez elles depuis plus d'une décennie. La majorité de leurs enfants sont nés en exil et ils n'ont jamais vu la région d'origine de leur famille.

Angelina Jolie a débuté son premier voyage en Bosnie-Herzégovine par la visite d'un centre collectif délabré et en ruines à l'est du pays dans la ville de Gorazde, qui se trouve sur la rivière Drina et qui était une enclave protégée par les Nations Unies durant toute la guerre de 1992-95. Accompagnée de Brad Pitt, elle a visité un autre centre collectif accueillant des personnes déplacées à Rogatica, où les habitants ont expliqué au couple les difficultés quotidiennes qu'ils endurent, y compris une pénurie de services de base comme l'eau courante.

« Après avoir rencontré ces personnes et entendu leurs témoignages, je ne saurais trop insister sur la nécessité de concentrer les efforts sur le bien-être des personnes les plus vulnérables dans cette population », a déclaré Angelina Jolie, ajoutant « ... qu'en mettant fin au déplacement et en réunissant les conditions qui permettent d'assurer une qualité de vie, nous pouvons contribuer à promouvoir le progrès et la stabilité à long terme. »

Parmi ces « personnes les plus vulnérables» se trouvait un groupe de femmes déplacées ayant subi des traumatismes profonds durant la guerre. Alors que Brad Pitt discutait avec leurs maris, Angelina Jolie a passé un moment en privé avec les femmes.

Après la réunion, Angelina Jolie, émue, a indiqué qu'elles lui avaient parlé des épreuves traumatisantes endurées durant la guerre, comme le viol et la torture. « Mon corps est vivant, mais il n'a plus d'âme », lui a expliqué l'une des femmes.

Angelina Jolie a également rencontré une famille qui était retournée dans son village natal près de la ville de Visegrad dans l'est de la Bosnie et qui tentait de reconstruire sa vie avec l'aide du HCR et des autorités locales. La région a été le théâtre de quelques-unes des pires atrocités de la guerre.

Leur maison a été reconstruite, mais il manque l'eau courante, l'électricité et d'autres infrastructures essentielles. Ainsi, les parents et leurs quatre enfants en bas âge ont dû s'entasser dans une maison appartenant à la famille dans un village à cinq kilomètres.

La mère, Maja, * n'a pu cacher sa surprise au moment où elle a reconnu les célébrités et elle les a invités dans leur humble demeure. Le moment de surprise passé, elle a expliqué à Angelina Jolie et Brad Pitt les défis auxquels ils sont confrontés.

Tandis qu'Angelina Jolie avait été attristée par la plupart des témoignages qu'elle a entendus, l'Ambassadeur de bonne volonté du HCR a indiqué avoir également « très touchée par ces familles. En dépit de la triste réalité et de l'incertitude de leur existence, ils sont animés d'une incroyable volonté pour que leurs enfants aient un avenir meilleur. »

Et elle a promis d'aider à sensibiliser sur leur situation prolongée et oubliée. Angelina Jolie a indiqué qu'elle espérait « revenir dans ce beau pays prochainement et rencontrer des représentants politiques pour discuter de solutions dont le besoin se fait tant ressentir. »

Angelina Jolie, l'Ambassadrice de bonne volonté du HCR, et son partenaire Brad Pitt rendent visite à des réfugiés près de la ville de Visegrad dans l'est de la Bosnie.  © HCR/Aziz

Regardant vers l'avenir, elle a indiqué que « la Bosnie-Herzégovine peut désormais aller de l'avant en mettant fin au déplacement et en capitalisant sur le processus d'adhésion à l'UE [Union européenne]. C'est aux autorités locales que revient la responsabilité ultime des choix clés pour mettre en oeuvre ces changements. »

Le conflit en Bosnie-Herzégovine a contraint plus de 2,2 millions de personnes à fuir leur foyer, ce qui en fait le plus grand déplacement de populations en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. La souffrance continue à ce jour pour beaucoup.

À ce jour, plus d'un million de personnes sont rentrées chez elles dans toute la Bosnie, avec le HCR jouant un rôle majeur dans le retour, la reconstruction et la réintégration. Pour les personnes qui sont toujours déplacées, beaucoup sont âgées ou malades et à peine capables de s'occuper d'elles-mêmes. Elles ont des besoins spécifiques, y compris de soins prolongés en milieu institutionnel, comme des logements sociaux, des établissements de santé mentale ou gériatriques ainsi que des hôpitaux.

* Noms fictifs pour des raisons de protection

Par Steve Pohl et Hussain Naveed à Sarajevo, Bosnie-Herzégovine