Conférence ministérielle au Brésil : une feuille de route pour remédier aux déplacements de populations et à l'apatridie en Amérique latine et Caraïbes

La conférence est organisée par les Ministères brésiliens de la justice et des affaires étrangères ainsi que le HCR pour marquer le 30e anniversaire de la Déclaration de Carthagène.

Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés Antonio Guterres lors de la session d'ouverture de la conférence ministérielle Carthagène+30 au Brésil.   © HCR/Beto Barata

BRASILIA, Brésil, 2 décembre (HCR) - Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres a ouvert mardi une conférence ministérielle au Brésil visant à adopter une feuille de route pour lutter contre les déplacements de populations et l'apatridie ainsi qu'un plan d'action sur 10 ans pour renforcer la protection en Amérique latine et aux Caraïbes.

La réunion de deux jours dans la capitale brésilienne est organisée par le Ministères brésiliens de la Justice et des Affaires étrangères ainsi que par le HCR pour commémorer le 30e anniversaire de la Déclaration de Carthagène, un document clé sur la protection et les droits des réfugiés, et pour en réaffirmer ses principes. La Déclaration de Carthagène avait contribué à élargir la définition de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés à la suite des grandes crises de réfugiés en Amérique centrale.

Lors de la session d'ouverture de cette conférence ministérielle, António Guterres a salué l'héritage de la Déclaration de Carthagène et il a déclaré qu'elle « reflète la capacité des pays d'Amérique latine et des Caraïbes à répondre aux défis humanitaires dans un esprit d'innovation et de flexibilité. »

Les délégués de plus de 30 gouvernements ainsi que de 150 organisations de la société civile et autres devraient adopter une nouvelle déclaration et un plan d'action qui mettront l'accent sur l'amélioration de la qualité des systèmes d'asile nationaux, pour gérer la migration mixte - comme les flux de population comprenant des migrants d'une part et les personnes ayant besoin du statut de réfugié d'autre part - en particulier dans les Caraïbes ainsi que des besoins en matière de protection pour les groupes les plus vulnérables comme les personnes fuyant le crime transnational organisé. La nouvelle déclaration et le plan d'action comprendront également des solutions pour les réfugiés, l'apatridie, la coopération régionale et internationale.

Avec plus de six millions de personnes déplacées, de réfugiés, de demandeurs d'asile et d'apatrides, l'Amérique latine a également dû récemment gérer les cas de milliers de mineurs non accompagnés fuyant vers le nord en quête de sécurité en Amérique centrale et au-delà.

Ces 30 dernières années, l'Amérique latine a ouvert ses portes aux personnes fuyant la guerre et la persécution, comme Charly Kongo, un réfugié congolais âgé de 33 ans qui a commencé une nouvelle vie au Brésil il y a six ans. Il avait fui son village après un massacre.

L'intégration de personnes comme Charly reflète la façon dont les systèmes d'asile de la région ont adopté des normes élevées en matière de protection. Cependant, cette conférence Carthagène+30 offre l'opportunité d'aller encore plus loin sur les mécanismes des systèmes d'asile et en matière de protection.

L'une des nouveautés de Carthagène+30 réside dans la participation de pays des Caraïbes ainsi que sur la solidarité régionale offerte aux pays des Caraïbes pour relever les défis en matière de protection et pour chercher des solutions à de complexes flux migratoires mixtes maritimes.

Une coopération au niveau régional est également nécessaire pour répondre à de nouvelles formes de déplacements de populations comme celle causée par la violence croissante des gangs dans les pays d'Amérique centrale. Elle comprend aussi des mesures pour prévenir les dommages et la souffrance, mais aussi pour assurer la protection dans les pays de transit et d'arrivée aux personnes contraintes de fuir leurs communautés.

Les participants à la conférence Carthagène+30 comprennent des hauts fonctionnaires de tous les pays de la région, des représentants d'organisations internationales, des membres de la société civile et des universitaires.

Par Francesca Fontanini à Brasilia, Brésil

http://acnur.org/cartagena30/en (English)