La région de Béni, à l'est de la RDC, ébranlée par les massacres, les violations des droits et la crainte

Le HCR demande l'accès des organisations humanitaires à la région de Béni, dans l'est de la République démocratique du Congo, dans un contexte de détérioration de la situation sécuritaire et des droits de l'homme.

Déplacés internes au Nord Kivu. De nombreuses zones de la province ont connu un calme relatif ces deux dernières années, mais le HCR est préoccupé par la violence dans la région de Béni.  © HCR/B.Sokol

KINSHASA, République démocratique du Congo, 19 décembre (HCR) - Vendredi, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés a réclamé l'accès des organisations humanitaires à la région de Béni, dans l'est de la République démocratique du Congo, alors que la situation sécuritaire et des droits de l'homme se détériore pour la population civile.

« Au cours des trois derniers mois, de multiples attaques ont provoqué des craintes et des déplacements généralisés [dans cette région de la province du Nord Kivu]. Nous réclamons l'accès des organisations humanitaires pour venir en aide aux personnes en détresse », a déclaré Adrian Edwards, porte-parole du HCR.

« Selon des informations crédibles, au moins 256 personnes, dont des enfants, sont mortes dans des attaques à la machette et à la hache depuis octobre. Chaque semaine, de nouveaux massacres commis par des groupes armés sont signalés », a expliqué Adrian Edwards aux journalistes à Genève.

Il a ajouté qu'au moins 52 personnes avaient été massacrées dans des villages près d'Oicha à l'ouest de Béni les 7 et 8 décembre et, une semaine après, 19 autres personnes avaient été tuées dans les environs. La violence s'est également répandue vers le nord, dans la province orientale où sept personnes ont été tuées et leurs villages incendiés pendant la nuit de mardi à mercredi.

La violence a provoqué des pics de déplacement, à la fois à l'intérieur de Béni et dans les environs. Environ 88 000 personnes au total ont été déplacées. Elles sont obligées de vivre dans des écoles et des églises ou au sein de familles d'accueil. Des tracts menaçant de nouvelles attaques terrifient la population et provoquent des déplacements vers de plus grandes villes.

« Les survivants et les déplacés vivent dans une situation désespérée et dans une crainte constante. Ils risquent d'être de nouveau attaqués et n'ont eu aucun répit au cours des trois derniers mois. Ils ont peu de protection contre la violence et n'ont obtenu quasiment aucune assistance », a indiqué Adrian Edwards.

Les personnes ont besoin d'abris, de produits de secours de base, d'eau potable et souhaiteraient avoir accès aux services de santé et aux écoles. Les projets humanitaires ont été suspendus à cause de la détérioration de la situation sécuritaire. C'est particulièrement préoccupant dans une région qui connait un taux élevé de malaria, de typhoïde, d'anémie, de malnutrition et de diarrhée.

Adrian Edwards a déclaré que le HCR et ses partenaires avaient besoin d'un accès sûr à ces zones afin d'établir une présence humanitaire et d'aider la population traumatisée. Jusqu'à présent, les acteurs humanitaires ont eu beaucoup de difficultés pour atteindre Béni et les autres lieux touchés, l'armée congolaise restreignant la liberté de circulation dans ces zones. En outre, les personnes ne peuvent pas se rendre dans leurs fermes et le prix des denrées augmente.

« Nous craignons que cette situation conduise à des niveaux de plus en plus élevés de malnutrition et, en fin de compte, à la famine si la situation n'est pas réglée immédiatement », a affirmé Adrian Edwards.

Le HCR a appelé le gouvernement de la République démocratique du Congo à protéger la population civile à Béni et dans les environs et à accorder l'accès des organisations humanitaires aux zones touchées. L'agence pour les réfugiés a également prié instamment la mission de maintien de la paix des Nations Unies d'augmenter sa capacité de protection des civils à Béni et dans les villages environnants et a imploré toutes les parties de respecter les droits de l'homme.