Nouvelle vague de violence en RCA à Bambari : des milliers de déracinés

Les violences ont commencé tôt ce lundi. Des éléments armés ont attaqué un camp hébergeant des musulmans d'ethnie peule au sud de Bambari.

Ces déplacées centrafricaines font partie des centaines de milliers de personnes déplacées par le conflit déchirant leur pays.   © HCR/F.Noy

BANGUI, République centrafricaine, 27 juin (HCR) - Une nouvelle vague de violence et des attaques de représailles à Bambari et autour de cette ville centrafricaine ont provoqué le déplacement de milliers de personnes et fait au moins 45 morts et un grand nombre de blessés cette semaine.

Les violences ont commencé tôt ce lundi lorsque des éléments armés ont attaqué un camp hébergeant des musulmans d'ethnie peule situé au sud de Bambari. Cette attaque a provoqué des mesures de représailles dans Bambari contre d'autres éléments armés et la population civile. Les personnes fuyant la violence ont cherché refuge dans des sites de déplacement autour de cette ville située à environ 380 kilomètres au nord-est de Bangui, la capitale.

Le personnel du HCR a indiqué que Bambari avait été réduite à une ville fantôme mercredi. Les quartiers chrétiens voisins ont été vidés de leurs habitants à cause des violences antérieures. Les déplacés, luttant pour s'en sortir en pleine saison des pluies, s'entassent dans les sites de déplacés.

Les déplacés ont un besoin urgent en matière de protection, d'abris, d'eau et d'assainissement, ainsi que de vivres et d'autres produits. Le HCR envoie des produits non alimentaires, principalement des bâches goudronnées. La situation sécuritaire demeure cependant instable et il est à craindre que le cycle de vengeance reprenne bientôt.

La tension a atteint un point de non-retour à Bambari depuis mai, lorsque des combats généralisés ont provoqué le déplacement de plus de 13 000 personnes. Depuis, des groupes armés continuent de se battre et d'attaquer la population locale. Des dizaines de personnes ont été tuées ou blessées et des centaines de maisons rasées. Pendant ce temps, les prix des produits de base montent en flèche et les personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays retournent sans cesse dans les sites pour déplacés.

La reprise du cycle de conflit a également interrompu de nombreuses activités dans le camp de réfugiés de Pladama Ouaka, situé à 10 kilomètres seulement de Bambari. Ce camp accueille environ 1 960 réfugiés soudanais - des personnes ayant fui vers la République centrafricaine en 2007 à cause des combats dans la région du Darfour au Soudan.

Les combats de cette semaine ont restreint les mouvements des réfugiés dans la zone, de manière encore plus limitée qu'auparavant. Le HCR fait son possible pour leur venir en aide, en coopération avec des partenaires nationaux et internationaux. Au total, il y a environ 10 667 réfugiés et demandeurs d'asile en République centrafricaine.

A ce jour, presque 140 000 personnes originaires de la République centrafricaine ont trouvé refuge au Cameroun, en République démocratique du Congo, au Tchad et au Congo depuis décembre 2013. La plupart d'entre elles cherchent refuge au Cameroun (106 000) où le HCR a enregistré plus de 3 000 personnes la semaine dernière.

Dans d'autres régions du pays, la situation demeure précaire. Dans les préfectures d'Ouham et Ouham-Pende, au nord, l'insécurité menace l'accès des organisations humanitaires. La ville de Bang, proche des frontières avec le Tchad et le Cameroun, était sous le contrôle de groupes armés jusqu'à dimanche dernier. Le même jour, des combats dans la ville de Batangafo ont provoqué le déplacement de plus d'un millier de personnes.

Enfin, dans la ville de Birao, au nord-est, des éléments armés ont pris le contrôle du terrain d'aviation le 23 juin. Le nombre de déplacés à l'intérieur de la République centrafricaine en raison de la violence est estimé à 536 500 personnes, dont 111 500 vivent dans 43 sites à Bangui.

Le Plan régional d'aide aux déracinés centrafricains, d'un montant de 274 millions de dollars, est actuellement financé à hauteur de 20%, la toute dernière contribution émanant des Etats-Unis (22 millions de dollars).

Par Aikaterini Kitidi à Bangui, République centrafricaine