Fuyant le mont Sinjar, des milliers de personnes trouvent refuge au Kurdistan iraquien

D'après le HCR, les nouveaux arrivants sont épuisés, déshydratés et beaucoup ont souffert d'insolations ou de coups de chaleur, les températures quotidiennes atteignant 40 à 45 degrés Celsius.

Un homme déplacé appartenant à la communauté yézidie porte sa fille pour franchir la frontière entre l'Iraq et la Syrie.  © AFP PHOTO/AHMAD AL-RUBAYE

ERBIL, Iraq, 2014 (HCR) - Des milliers de personnes ont réussi à atteindre la région du Kurdistan au nord de l'Iraq via la Syrie au cours des trois derniers jours après avoir fui le Mont Sinjar où ils ont connu la faim, le manque d'eau et les menaces contre leur sécurité.

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a affirmé mardi que ses ONG partenaires estimaient à 35 000 le nombre de personnes ayant réussi à atteindre le gouvernorat de Dohouk au Kurdistan iraquien. « Les nouveaux arrivants sont épuisés, déshydratés et beaucoup ont souffert d'insolations ou de coups de chaleur, les températures quotidiennes atteignant 40 à 45 degrés Celsius », a déclaré Adrian Edwards, porte-parole du HCR à Genève.

Les personnes se rendent dans des villes comme Zakho et Dohouk où 16 écoles ont été mises à leur disposition. Elles bénéficient de nourriture, d'eau et de soins médicaux. A l'heure actuelle, 20 000 à 30 000 personnes, selon les estimations, restent piégées au mont Sinjar sans nourriture, ni eau, ni abri. L'accès à ces familles est extrêmement limité.

Selon le maire de Zakho, sa municipalité de 350 000 habitants située à quelques kilomètres seulement de la frontière turque accueille environ 100 000 déplacés originaires principalement de Sinjar et de Zumar ayant trouvé refuge dans cette ville au cours de la semaine dernière. Les autorités locales ont ouvert des écoles et des bâtiments communautaires pour héberger les déplacés qui s'abritent également sous des ponts et dans des bâtiments en chantier.

Le gouvernorat de Dohouk accueille actuellement près de 400 000 déplacés iraquiens, dont des minorités yézidies, chrétiennes, chabaks, kakaies, arméniennes et turcomanes - certains ayant connu des déplacements répétés.

« Nombreux se trouvent actuellement dans les villes de Khanke, Shariya, Zahko, Shekhan et dans et autour de Dohouk. Ils sont dispersés à travers des centaines de sites. Certains sont accueillis par des proches, d'autres sont hébergés dans des écoles, des églises, des mosquées, des parcs et des carcasses d'appartements sans eau ni électricité », a expliqué Adrian Edwards.

Il a ajouté que le HCR distribuait des matelas, des couvertures, des kits de produits d'urgence, des produits domestiques et des kits d'hygiène dans divers endroits à Dohouk, Zakho et ailleurs. « Nous constatons également une immense générosité de la part des communautés locales qui offrent spontanément de l'aide », a indiqué Adrian Edwards.

Entre 7 000 et 10 000 personnes sont hébergées dans le camp de Bajet Kandela - un ancien centre d'accueil pour réfugiés syriens par lequel la plupart ont transité il y a deux ans après avoir franchi la frontière à Peshkhabour. Si des installations de base existent, l'endroit est bondé et les ONG locales ont installé des tentes familiales partout où il y avait de la place. Les préparatifs sont achevés pour l'extension du camp et 5 000 nouvelles tentes sont en train d'être ajoutées au camp qui dispose d'eau, d'électricité et d'autres infrastructures essentielles.

Trois camps supplémentaires sont prévus dans le gouvernorat de Dohouk à Zakho, Shariya et Khanke. Le gouvernement turc devrait bientôt commencer les travaux pour les camps de Zakho et Shariya, tandis que les préparatifs pour le site de Khanke ont démarré avec l'aide technique du HCR. La construction devrait commencer la semaine prochaine.

Au total, il y a plus de 1,2 million de déplacés internes en Iraq, dont 700 000 selon les estimations dans la région du Kurdistan qui accueille déjà quelque 220 000 réfugiés syriens.

Dans le même temps, 10 000 à 15 000 autres Iraquiens yézidis fuyant Sinjar sont arrivés en Syrie. La plupart sont hébergés dans le camp de Newroz situé près d'Al Qamishli et géré par des ONG locales. Les autres réfugiés sont dispersés dans différents villages yézidis à Qahtania ou dans des zones urbaines.

« Les équipes du HCR de notre bureau local de Qamishli en Syrie ont effectué samedi une mission d'évaluation à Qahtania et fourni de l'aide à des centaines de familles accueillies dans trois villages et une école locale. Nous avons également distribué des tentes, des kits d'hygiène, des nattes pour dormir et d'autres produits de secours aux réfugiés accueillis dans le camp de Newroz qui est surpeuplé - des centaines de personnes dorment en plein air et des abris et de la nourriture supplémentaires sont nécessaires d'urgence » a déclaré Adrian Edwards à Genève.

Les réfugiés comme les communautés locales signalent que d'autres réfugiés sont en chemin. Les équipes du HCR sur le terrain indiquent avoir vu des habitants des villages voisins distribuer de l'eau et de la nourriture de base aux réfugiés sur leur trajet.