L'aide transfrontalière atteint 12 000 civils déplacés dans l'ouest de la Libye

Pour la première fois, le HCR a commencé à envoyer de l'aide à partir de la Tunisie vers l'ouest de la Libye afin d'aider certaines des dizaines de milliers de personnes déplacées en raison de combats qui font rage depuis des semaines.

Un conducteur de chariot élévateur décharge l'aide d'un des camions venus depuis la Tunisie vers l'ouest de la Libye pendant le weekend  © HCR/A.Ibrahim

TUNIS, Tunisie, le 18 août (HCR) - Pour la première fois, le HCR a commencé à envoyer de l'aide à partir de la Tunisie vers l'ouest de la Libye afin d'aider certaines des dizaines de milliers de personnes déplacées en raison de combats qui font rage depuis des semaines.

Samedi, l'International Medical Corps (IMC) a organisé un premier convoi transportant des fournitures médicales qui sont nécessaires de toute urgence ainsi que des articles de première nécessité du HCR comme des couvertures, des matelas et des couches pour bébés. Les deux camions sont partis de Medidine et ont franchi la frontière à Ras Ajdir avant de se diriger vers la ville de Zawiya, où quelque 12 000 personnes ont cherché à se mettre à l'abri des combats faisant rage à Tripoli, située à 45 kilomètres à l'est.

Plus tard samedi, l'IMC a également envoyé un second convoi qui transportait des médicaments et des fournitures médicales, essentiels pour les personnes déplacées qui vivent dans des conditions très difficiles. Les membres de l'organisation Taher Al Zawia ont distribué l'aide.

« L'opération de cette fin de semaine est déterminante et, nous espérons, ouvre la voie à d'autres initiatives d'aide humanitaire afin qu'elles atteignent les populations touchées qui sont bloquées et qui ont terriblement besoin d'aide », a affirmé Saado Quol, le chef intérimaire de la mission en Libye du HCR.

Le HCR a un entrepôt à Tripoli contenant des réserves d'articles de première nécessité, mais l'agence ne peut accéder à ces fournitures en raison de la situation de sécurité instable, ce qui a retardé toutes ses opérations dans le pays depuis le début du mois de juillet, y compris la fourniture de l'aide aux réfugiés et aux demandeurs d'asile.

Maintenant dans sa cinquième semaine de conflit, Tripoli fait face à une pénurie importante de combustible et d'électricité, ce qui a perturbé les services et la distribution des biens et des services de base, y compris, l'eau, la nourriture, l'huile de cuisson, le lait pour nourrissons, les approvisionnements et l'accès aux services bancaires.

Selon la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, au moins 2 millions de personnes peuvent être à risque de subir une pénurie de nourriture si les combats se poursuivent en Libye.

Le départ du personnel médical étranger a exacerbé la situation. Le HCR, par l'entremise d'International Medical Corps, a fourni les médicaments essentiels et d'autres articles de secours fondamentaux à plusieurs hôpitaux. Il est également extrêmement préoccupé par la situation des demandeurs d'asile et des migrants dans les centres de détention.

Pendant la première semaine du mois d'août, des trousses d'articles d'hygiène ont été fournies aux personnes sauvées en mer et détenues dans plusieurs centres de détention dans les villes côtières d'Al-Khums, de Misrata et de Zliten. Des articles de première nécessité et d'aide médicale ont également été distribués par l'IMC aux évacués qui ont quitté les régions frappées par les missiles et les roquettes à Tripoli.

Le Comité des crises du conseil municipal de Tripoli estime que quelque 7 240 familles (approximativement 43 500 personnes) ont été déplacées en raison des combats qui durent depuis des semaines dans la capitale de la Libye. Certaines sources estiment que ce nombre pourrait être beaucoup plus élevé.

Bien que de nombreuses familles aient trouvé refuge chez des amis et des proches dans d'autres villes, certaines n'ont nulle part où aller et vivent dans les bois et dans les terrains libres à l'extérieur de Tripoli. « Ces personnes ne peuvent pas avancer plus loin vers l'ouest puisque les chemins sont de moins en moins sûrs; elles ne peuvent pas non plus revenir vers l'est », a souligné Saado Quol, du HCR, ajoutant : « Elles ont un urgent besoin d'aide et, malgré les difficultés, nous devons être en mesure de répondre aux besoins des civils touchés. »

Par Dalia Al Achi à Tunis, Tunisie