Le HCR lance une opération d'aide humanitaire d'envergure dans le nord de l'Irak, par voies aérienne, maritime et routière

Les défis humanitaires auxquels est confronté l'Irak sont immenses. La plupart des personnes déplacées y vivent toujours dans des écoles, des mosquées, des églises, des bâtiments en constructions ou ailleurs.

Des employés déchargent des camions chargés de centaines de tentes destinées aux familles déplacées par les récents combats en Iraq. Se loger est une priorité pour les déplacés, beaucoup d'entre eux vivent dans des conditions précaires dans des bâtiments inachevés, des écoles, des mosquées, des églises et des parcs.  © UNHCR/E.Colt

ERBIL, Irak, le 19 août (HCR) - Tandis qu'il se prépare à intensifier sa réponse au déplacement de la population dans le nord de l'Irak, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés collabore étroitement avec les autorités de la région du Kurdistan en Irak afin de répondre aux immenses défis de la région et d'aider les dizaines de milliers de personnes qui y ont trouvé refuge.

À moins d'imprévus, l'opération d'envergure organisée par voies aérienne, maritime et routière commencera par un pont aérien de quatre jours établi avec des Boeing 747 entre Aqaba en Jordanie et Erbil en Irak. Le HCR acheminera ensuite l'aide grâce à des convois terrestres venant de Turquie et Jordanie. Enfin, de l'aide sera envoyée par mer et terre depuis Dubaï via l'Iran au cours des 10 jours suivants. Quelque 3 300 tentes, 20 000 bâches en plastique, 18 500 kits d'ustensiles de cuisine et 16 500 jerricans seront envoyés dans un premier temps.

Environ 200 000 personnes sont arrivées dans la région du Kurdistan en Irak depuis le début du mois d'août, lorsque la ville de Sinjar et les régions avoisinantes sont tombées aux mains des groupes armés. « L'afflux de personnes déplacées fuyant de Syrie vers la province de Duhok après avoir emprunté le poste frontière de Peshkabour a ralenti au cours de la semaine dernière, pour passer de milliers par jour à quelques centaines, explique le porte-parole du HCR, Adrian Edwards, à Genève. « Toutes ces personnes ont toujours besoin de notre aide », ajoute-t-il.

Les défis humanitaires actuels de l'Irak sont immenses. Tandis que la plupart des personnes déplacées vivent toujours dans des écoles, des mosquées, des églises, des bâtiments en constructions ou ailleurs, le HCR installe des centaines de tentes familiales chaque jour.

Actuellement, près d'une douzaine de sites sont ouverts ou sont sur le point d'être ouverts dans les provinces de Dohuk et Erbil, dans la région du Kurdistan en Irak. À ces sites devraient s'ajouter des camps additionnels installés par le Partenariat humanitaire international - avec la contribution du Danemark, de l'Estonie, de l'Allemagne, de la Norvège, de la Suède et du Royaume-Uni.

« À ce stade, nous envisageons la création de 12 à 14 sites en tout avec une capacité de 140 000 personnes », déclare le porte-parole du HCR, ajoutant que le personnel technique évaluait actuellement des sites potentiels identifiés par le gouvernement régional du Kurdistan pour l'installation de camps afin de déterminer s'ils sont effectivement adaptés et de les classer par ordre de priorité.

Les besoins ne sont pas limités à la région du Kurdistan. Il existe en effet d'autres camps et sites dans d'autres provinces où les personnes déplacées se sont regroupées, notamment à Sulaymaniyah, Diyala et Kirkuk. Le gouvernement irakien a également établi trois centres pour les personnes déplacées à Bagdad.

Entre temps, l'intensification de l'aide humanitaire du HCR qui doit débuter mercredi vise à aider près de 500 000 personnes qui ont été forcées de fuir leur foyer à cause de la détérioration de la situation dans le nord.

Les efforts se concentreront sur l'amélioration des conditions de vie des personnes déplacées dans la région, en particulier les personnes sans abri ou sans logement. La situation reste désespérée pour les personnes n'ayant pas accès à un abri correct, pour celles qui luttent pour trouver de la nourriture et de l'eau pour leur famille et pour celles n'ayant pas accès à des soins médicaux primaires.

« Nombre d'entre elles font toujours face à la tragédie qu'ils ont vécue au cours des récentes semaines - fuyant leur foyer sans rien, et bien souvent confrontées à la perte de proches. L'aide d'urgence est un besoin urgent auquel nous essayons de répondre », explique le porte-parole du HCR.

En Syrie, le HCR continue d'aider les Yézidis qui traversent la frontière pour fuir la région de Sinjar. Mardi, on estimait à 8 000 le nombre de personnes au camp de Newroz, à près de 60 kilomètres de la frontière irakienne, et quelque 3 000 autres sont arrivées dans les villages yézidis dans les villes de Malkia, Qahtania, Amuda, Derbassia et aux alentours.

D'autres personnes qui vivaient au camp de Newroz la semaine dernière sont retournées en Irak pour retrouver leur famille. Le HCR continue de leur apporter son aide en offrant un moyen de transport aux réfugiés au départ et à destination du camp et en envoyant plus d'aide depuis ses entrepôts de Damas. Le premier des six vols est arrivé à Qamishli la nuit dernière de Damas, et les matelas et les ventilateurs ont été livrés aujourd'hui aux réfugiés afin de les aider à gérer la chaleur.

Le HCR a fourni un abri et des articles de secours à plus de 210 000 personnes. Il a également offert à plus de 80 000 personnes déplacées une garantie de protection et une évaluation de leurs besoins. En outre, une aide financière a été approuvée par le HCR, dont certains en profitent déjà d'ailleurs. Une aide juridique sera offerte aux familles vulnérables afin de veiller à ce qu'elles puissent jouir de leurs droits en tant que citoyens irakiennes, avec des renvois pour ceux ayant besoin d'une assistance particulière. Nombre de ces personnes ont fui sans papiers, le HCR les aide donc à en obtenir de nouveaux.

On estime à 1,2 million le nombre d'Irakiens déplacés jusqu'à présent en 2014, dont 600 000 personnes déracinées par la crise qui a débuté en janvier dans la province d'Anbar et à 600 000 le nombre de personnes déplacées par les conflits à Mossoul et aux alentours, et plus récemment à Sinjar depuis le mois d'août.