Le récent renouveau des combats provoque des déplacements de populations en Libye

Des déplacements de populations ont eu lieu vers Benghazi, Derna et près de du golfe de Syrte à Ben Jawad et Ras Lanouf. Environ 400 000 personnes sont déplacées à travers la Libye.

Environ 400 000 personnes sont déplacées à travers la Libye, y compris cet homme dans un site près de la capitale, Tripoli.   © HCR/L.Dobbs

GENEVE, 15 janvier (HCR) - L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a fait état vendredi de l'intensification des combats à Benghazi et dans d'autres villes de l'est de la Libye depuis début 2015 et qui a provoqué de nouveaux déplacements.

Les déplacements sont survenus vers Benghazi, Derna, ainsi qu'à proximité du golfe de Syrte, à Ben Jawad et Ras Lanouf. Beaucoup ont dû fuir pour la quatrième ou la cinquième fois, ce qui rend difficile d'estimer leur nombre. Toutefois, pour la seule ville de Benghazi, le conseil local rapporte que près de 90 000 personnes seraient dans l'incapacité de rentrer chez elles.

Le HCR estime que ces nouveaux déplacements de population portent le nombre de personnes déplacées à l'intérieur à travers la Libye à environ 400 000. De plus, la Libye accueille près de 37 000 réfugiés et demandeurs d'asile de différentes nationalités dont les conditions humanitaires sont de plus en plus précaires.

Près de la capitale du pays, à l'ouest de Tripoli, des ONG et le conseil local estiment que plus de 83 200 personnes vivent dans des camps, des écoles ou des bâtiments abandonnés. Beaucoup sont dans l'incapacité d'accéder à des soins ou à l'éducation pour leurs enfants. Un nombre important reçoit une allocation limitée d'aide en espèces pour la nourriture.

La plupart des déplacés le sont depuis trois à six mois. Ils sont hébergés en nombre croissant dans des bâtiments publics comme des écoles. Comme leurs économies s'épuisent, ils sont dans l'incapacité de payer la location de logements. Les mois d'hiver sont particulièrement difficiles car les températures à Tripoli, Benghazi et dans des villes du sud tombent en-dessous de 10 degrés Celsius.

Au sud-ouest de la Libye, les personnes déplacées originaires de la ville d'Awbari sont confrontées à des difficultés dans leur vie quotidienne car les services ont été gravement perturbés par les combats entre groupes tribaux rivaux. A cause du conflit en cours, les écoles, les hôpitaux et les marchés restent totalement inaccessibles.

Des pénuries de carburant, d'électricité, de l'eau et de nourriture sont signalées par des comités de crise locaux et des ONG annonçant par ailleurs que quelque 18 500 personnes originaires d'Awbari sont actuellement déplacées dans six villes : Sabha, Wadi Shati, Jufra, Ghat, Mourzouk et Lewenat.

Ces sept derniers mois, le HCR a distribué des articles de secours à près de 28 000 personnes à Tripoli et dans d'autres villes de l'ouest du pays, y compris aux membres de la communauté des Tawerghans qui sont déplacés depuis 2011. Le 5 janvier dernier, en partenariat avec l'ONG Tomazeen en Libye, le HCR a livré des nattes, des draps, des ustensiles de cuisine et des bâches en plastique à 150 familles déplacées dans les villes du sud de Ghat, Lawenat et Tahala.