Le chef du HCR en visite à Zaatari : il faut mettre fin à la crise des réfugiés syriens

Filippo Grandi, en visite dans le plus grand camp de réfugiés de la région, appelle la communauté internationale à faire davantage pour faire cesser la pire crise humanitaire au monde.

Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés Filippo Grandi rencontre une famille au camp de réfugiés de Zaatari, en Jordanie.  © HCR / C. Herwig

CAMP DE REFUGIES DE ZAATARI, Jordanie, 18 janvier (HCR) - La communauté internationale doit redoubler d'efforts pour mettre fin au conflit en Syrie ou risque de prolonger encore la plus importante crise humanitaire au monde pour de nombreuses années, a déclaré lundi le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés Filippo Grandi.

Filippo Grandi a effectué sa déclaration lors de sa visite au camp de réfugiés de Zaatari, en Jordanie, deux semaines après sa prise de fonction. Il a également indiqué qu'il avait choisi de se rendre dans cette région pour son premier voyage en tant que Haut Commissaire afin de rappeler la nécessité de faire cesser ce conflit qui dure depuis cinq ans.

« Il est essentiel que la communauté internationale et tous les acteurs ayant une influence sur les parties au conflit - et que les parties au conflit elles-mêmes, en premier lieu - exercent de plus grands efforts vers la paix », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

« Sans règlement de ce conflit, cette crise humanitaire ne se cessera pas et nous allons continuer année après année à demander à la communauté internationale d'énormes sommes d'argent pour venir en aide aux réfugiés qui - jusqu'au rétablissement de la paix - ne voudront pas rentrer dans leur pays. »

Filippo Grandi a exhorté les gouvernements à mettre à profit deux conférences mondiales à venir - l'une à Londres en février et l'autre à Genève en mars - pour engager davantage de soutien financier au bénéfice des réfugiés et des pays d'accueil, et pour augmenter le nombre de places légales de réinstallation pour les personnes ayant fui le conflit.

La nature prolongée de cette crise a un effet dévastateur sur des millions de Syriens ordinaires. Elle place également une lourde charge sur les pays voisins qui hébergent déjà plus de quatre millions de réfugiés.

La Jordanie accueille actuellement plus de 630 000 réfugiés syriens, ce qui porte une forte pression sur les ressources naturelles, les infrastructures et l'économie de ce petit royaume. Alors que près de 110 000 Syriens vivent actuellement à Zaatari et à Azraq, l'autre camp principal du pays, la grande majorité ont du mal à survivre dans les villes grandes et moyennes à travers la Jordanie.

En faisant référence au sort de quelque 17 000 Syriens qui campent actuellement près de la frontière du nord-est du pays, Filippo Grandi a déclaré qu'il appréciait pleinement les préoccupations de sécurité de la Jordanie et il a promis l'aide du HCR pour contrôler les personnes afin de leur permettre d'entrer dans le royaume.

Au camp, Filippo Grandi a rencontré une famille bédouine syrienne qui était arrivée à Zaatari en février 2013. Père de six enfants, Mohammad Olayan a indiqué avoir été témoin d'une amélioration constante des conditions durant ses trois années passées à Zaatari.

« Quand nous sommes arrivés, nous vivions dans une tente et il n'y avait aucun service. Maintenant nous avons deux caravanes, et il y a de l'électricité et des installations d'assainissement », a-t-il expliqué. Malgré les améliorations, la famille lutte encore pour se nourrir avec l'aide alimentaire qu'ils reçoivent, et Mohammad doit emprunter de l'argent ou essayer de trouver du travail pour assurer que la famille se nourrisse suffisamment.

Ses trois jeunes fils vont à l'école dans le camp. Par contre, Mohammed, sa femme et ses trois filles passent beaucoup de temps à l'intérieur de leur abri. « Que peuvent faire les réfugiés ? » a-t-il demandé.

Après trois ans d'exil et aucune solution en vue, Mohammad explique qu'il envisage de retourner dans la petite ferme de la famille dans la province de Deraa au sud de la Syrie, malgré le danger. « Nous ne voulons pas rester hors du pays jusqu'à la fin de notre vie. Peut-être que ce serait mieux de mourir rapidement en Syrie que la mort lente à laquelle nous sommes confrontés ici ».

La mission du Haut Commissaire comprend également des visites en Turquie et au Liban. Elle marque son retour au Moyen-Orient où il avait travaillé à titre de Commissaire général de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient, l'UNRWA, entre 2010 et 2014, après en avoir été Commissaire général adjoint depuis 2005.

Par Charlie Dunmore au camp de réfugiés de Zaatari, Jordanie